PARIS : Action climatique – De Bruxelles à la Guinée…
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PARIS : Action climatique – De Bruxelles à la Guinée, Climate Chance sur tous les fronts
L’association Climate Chance prépare ses sommets de Bruxelles et Abidjan tout en menant des projets concrets en Guinée.
L’association Climate Chance intensifie ses préparatifs pour le Sommet Climate Chance Europe 2026, qui se tiendra à Bruxelles les 3 et 4 juin prochains. Deux réunions stratégiques se sont récemment tenues dans la capitale belge : le comité de pilotage (COPIL) le 26 mars, puis le Comité d’Orientation Stratégique (COS) le 30 mars. Ces rencontres, rassemblant des partenaires institutionnels majeurs comme le Gouvernement fédéral belge, la Ville et la Région de Bruxelles-Capitale, le Comité européen des Régions et la Commission européenne, ont permis de définir les grandes orientations de l’événement. Les débats se concentreront sur des priorités telles que l’adaptation au changement climatique, le financement, la gouvernance multi-niveaux et le rôle des acteurs non étatiques.
Une stratégie européenne d’adaptation plus ambitieuse
En parallèle de l’organisation de ce sommet, Climate Chance poursuit son travail d’influence sur les politiques européennes. Un webinaire organisé le 26 mars avec le Conseil des Communes et Régions d’Europe (CCRE) a permis de nourrir la réflexion sur les leviers d’une adaptation plus coordonnée. L’association a formalisé ses propositions dans une contribution pour la révision de la stratégie européenne d’adaptation, fondée sur les travaux du sommet de Marseille de 2025. Parmi les mesures phares, elle préconise l’adoption d’une trajectoire de référence commune basée sur un réchauffement de +3°C, l’intégration systématique du réflexe d’adaptation dans toutes les politiques publiques selon le principe du « Build Back Better » (reconstruire en mieux) après une catastrophe, et la mobilisation de financements dédiés aux collectivités locales, notamment via les recettes du marché carbone européen.
Cap sur l’Afrique : mobilité durable et biodiversité
L’action de Climate Chance ne se limite pas au continent européen. L’association co-organise la Conférence internationale sur les mobilités durables et le climat (CIMDC), qui se tiendra à Abidjan du 19 au 22 octobre 2026. Cet événement majeur, qui constituera également la 7ème édition des Sommets Afrique de Climate Chance, s’inscrit dans la continuité de la Semaine de la Mobilité Durable et du Climat de Dakar en 2022. Il réunira des acteurs africains et internationaux pour promouvoir des solutions concrètes en matière de transports durables, de gouvernance, de financement et de résilience climatique.
En Guinée, un projet pilote pour les corridors de biodiversité
L’engagement en Afrique se traduit aussi par des actions de terrain, à travers le projet démonstrateur « Corridors de Biodiversité en Guinée ». Cette initiative vise à préserver la connectivité écologique entre le Parc national du Badiar et celui du Moyen-Bafing, une zone à la biodiversité unique mais menacée par des projets miniers et d’infrastructures. Le projet, mené en partenariat avec les autorités guinéennes, cartographie les corridors vitaux pour la faune, notamment pour les dernières grandes populations de chimpanzés d’Afrique de l’Ouest, tout en cherchant à mobiliser des financements innovants (crédits carbone, certificats biodiversité) au profit direct des communautés locales engagées dans leur préservation.
Lebékéré : les femmes, piliers oubliés de la transition écologique
Au cœur de ce corridor, la commune rurale de Lebékéré illustre les défis sociaux indissociables des enjeux environnementaux. Un diagnostic socio-économique, publié le 30 mars, révèle une économie locale fragile, basée sur l’agriculture de subsistance et une forte dépendance aux ressources naturelles, engendrant une insécurité alimentaire pour près de 63 % des ménages. Une autre étude, publiée le 24 mars et analysée par l’ONG WECF, met en lumière le rôle paradoxal des femmes. Actrices centrales de l’économie agricole et de la gestion des ressources, elles restent largement exclues des instances de décision, où la parole masculine est jugée plus légitime. Face à ce constat, le projet préconise des mesures fortes, comme l’instauration d’un quota minimum de 40 % de femmes dans les comités de gestion du corridor, des formations au leadership et un soutien à l’entrepreneuriat féminin pour que la préservation de la biodiversité soit aussi synonyme de justice sociale.


