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NICE : Santé – Christian Estrosi vise le « zéro ruptu…

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NICE : Santé – Christian Estrosi vise le « zéro rupture » de soins pour son nouveau mandat

Dans un contexte de crise médicale nationale, Christian Estrosi dévoile un programme articulé autour de dix mesures concrètes pour garantir l’accès aux soins de tous les Niçois d’ici 2030.

La santé s’impose comme le thème central de ce début de campagne municipale à Nice. Alors que la médecine libérale a entamé une grève massive le 5 janvier dernier, mettant sous tension les urgences du CHU, Christian Estrosi a présenté, le 8 janvier, les grands axes de son projet santé. Le constat dressé par le maire sortant est lucide, pointant le recul du système français à la 15ème place mondiale. Son objectif pour la mandature 2026-2032 est clair : atteindre le « zéro rupture » dans les parcours de soins, de la prévention à la prise en charge des pathologies lourdes.

Multiplier les structures de proximité

Pour lutter contre les déserts médicaux urbains, le candidat annonce un maillage territorial densifié. L’objectif est de parvenir à dix maisons de santé d’ici 2030. Huit nouvelles structures verront le jour dans des quartiers prioritaires tels que l’Ariane, les Moulins ou Nice-Nord, s’ajoutant aux deux déjà existantes qui ont accueilli plus de 5 000 patients. « Plus on soigne tôt […] moins cela coûte à la collectivité », argumente Christian Estrosi. Pour les populations les plus isolées, une maison médicale mobile sera déployée directement au domicile des patients fragiles.

Une offensive sur la prévention et l’environnement

Le programme met l’accent sur les maladies cardiovasculaires et respiratoires via le plan « Mon cœur, mes poumons ». Cette initiative prévoit des séances de sport-santé dans les 189 parcs de la ville et une campagne massive de formation aux premiers secours, visant 20 000 Niçois formés d’ici la fin du mandat.

La lutte contre les épidémies futures figure aussi au programme, avec un renforcement de la veille sanitaire, notamment contre les maladies vectorielles comme la dengue, sous l’expertise du Professeur Chevallier. Par ailleurs, Christian Estrosi fixe un objectif ambitieux : faire de Nice la première ville française « zéro transmission du VIH » d’ici 2030, grâce à la généralisation de la PrEP et du dépistage.

La santé mentale et scolaire des jeunes

Face à la pénurie de médecine scolaire, la municipalité compte pallier les carences de l’État. Six équipes mobiles, composées d’infirmières, de psychologues et de dentistes, interviendront dans les établissements pour la prévention et le dépistage, notamment du harcèlement.

La santé mentale des jeunes constitue un autre pilier du projet. Une nouvelle « Maison des adolescents » ouvrira à l’ouest de la ville pour offrir un lieu d’écoute gratuit et sans rendez-vous. Un centre dédié aux troubles du neurodéveloppement (DYS, HPI, autisme, TDAH) sera également créé pour simplifier le parcours des familles souvent démunies. « Quand un jeune va mal, on ne sait pas toujours vers qui se tourner […] Je veux que ce temps soit révolu », a martelé le candidat.

Soutien aux aidants et attractivité médicale

Le volet social n’est pas oublié avec des mesures pour les aidants familiaux, dont la création d’une ligne « SOS Aidants » et de lieux d’hébergement temporaire en partenariat avec France Alzheimer pour permettre le répit des proches. Pour les seniors dépendants, un service de livraison de médicaments à domicile sera mis en place.

Conscient de la crise des vocations, Christian Estrosi propose la création d’un « guichet unique » pour faciliter l’installation des soignants (logement, crèches). Il promet également un fonds d’un million d’euros pour soutenir la recherche médicale locale via des appels à projets annuels.

Vers une Cité des Santés dans la Plaine du Var

En matière d’infrastructures, le projet phare reste la construction d’une « Cité des Santés » dans la Plaine du Var, en partenariat avec le CHU, pour rééquilibrer l’offre de soins actuellement concentrée à l’est de la ville. Le maire sortant appelle l’État à soutenir ce projet d’envergure.

Pour porter cette politique, Christian Estrosi s’est entouré d’une équipe issue du terrain, menée par le Dr Pierre-Marie Tardieux, chef du pôle Urgences-SAMU 06. À ses côtés figurent des profils variés comme Aurélie Rossini, infirmière, le Dr Raphaël Gigliotti, pharmacien, ou encore la cancérologue Ophélie Cassuto, illustrant une volonté de décloisonner les pratiques médicales.