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NICE : Anthony Borré : « Mélange des genres inacceptable…

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NICE : Anthony Borré : « Mélange des genres inacceptable : une ligne rouge est franchie »

Le camp Estrosi dénonce l’ingérence du président de l’OGC Nice dans la campagne municipale et saisit la commission des comptes.

Le monde du football niçois tremble sur ses bases. Non pas à cause d’un mercato surprise ou d’un résultat retentissant, mais d’un séisme politique qui vient de frapper en plein cœur de la campagne municipale. Dans un communiqué foudroyant publié ce samedi, Anthony Borré, premier adjoint au maire de Nice, sort le carton rouge et dénonce frontalement ce qu’il qualifie de « mélange des genres inacceptable » de la part de Jean-Pierre Rivère, l’emblématique président de l’OGC Nice.

La mèche a été allumée par une interview du patron des Aiglons parue dans la presse locale. Des propos qui, selon le camp du maire sortant Christian Estrosi, dépassent largement le cadre sportif pour devenir une prise de position politique manifeste en faveur de son rival, Éric Ciotti. Une sortie médiatique vécue comme une véritable provocation, une faute qui ne pouvait rester sans réponse.

Un tacle politique virulent.

La réplique d’Anthony Borré est cinglante, d’une intensité rare. Il y voit une rupture d’un pacte de confiance et de neutralité. « Chacun est libre de ses engagements. Mais lorsqu’on est président de l’OGC Nice — club que nous aimons tous et qui appartient au cœur des Niçois — une exigence s’impose : celle de la clarté et de la responsabilité », martèle-t-il dans son communiqué.

L’adjoint au maire rappelle une promesse qui, selon lui, n’a pas été tenue : « Jean-Pierre Rivère avait lui-même indiqué qu’il se mettrait en retrait. Force est de constater que cet engagement n’est pas respecté ». Pour l’équipe de Christian Estrosi, le président du Gym, en s’exprimant de la sorte, instrumentalise sa fonction et, par ricochet, l’image du club. Un club qui devrait, selon eux, rester un sanctuaire, un symbole d’unité flottant bien au-dessus des joutes électorales.

L’OGC Nice, au-dessus de la mêlée ?

Soucieux de ne pas jeter le club en pâture, Anthony Borré prend soin de distinguer l’homme de l’institution. C’est le président qui est visé, pas l’entité sportive. « Nous le disons clairement : ce n’est pas le club qui est en cause, que nous respectons profondément, mais une prise de position individuelle qui ne doit en aucun cas engager l’OGC Nice », précise le texte.

Cette clarification est essentielle tant l’OGC Nice est un totem pour la ville, un vecteur d’émotions qui transcende les clivages. L’accusation est grave : en franchissant cette « ligne rouge », Jean-Pierre Rivère aurait mis en péril cette neutralité sacrée, créant une confusion qui pourrait fracturer le lien si puissant qui unit les supporters à leur club.

La menace d’une sanction institutionnelle.

L’affaire ne se limitera pas à un simple échange de communiqués. Le camp Estrosi a décidé de porter le combat sur le terrain réglementaire. Estimant que cette prise de parole pourrait s’apparenter à un soutien déguisé et influencer le jeu démocratique, Anthony Borré annonce une action forte : « Ces déclarations soulèvent une question sérieuse au regard des règles qui encadrent le financement et l’équité de la vie démocratique. Un signalement sera adressé à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques afin qu’elle examine ces faits ».

Le match politique est donc officiellement lancé, avec le football niçois comme terrain d’affrontement inattendu. En conclusion, l’adjoint au maire appelle à un retour au calme et au respect des règles du jeu : « Le débat sur l’avenir de Nice mérite mieux que des confusions de rôles. À Nice, on peut débattre de tout. Mais chacun doit respecter les règles — et les Niçois ». Une fin de match qui s’annonce électrique.