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NEW YORK : WMF – Restitution de 3 temples à Angkor …

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Floriane Dumont
1 Fév 2024

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NEW YORK : WMF – Restitution de 3 temples à Angkor après restauration

Cette cérémonie solennelle vient couronner 35 ans de travaux de restauration menés au sein du parc archéologique d’Angkor par le WMF, qui poursuit son engagement en entamant désormais une nouvelle phase de conservation à Phnom Bakheng.

Le World Monuments Fund (WMF) annonce confier à APSARA, l’autorité nationale cambodgienne pour la protection et la gestion d’Angkor, la préservation de trois sites du parc archéologique d’Angkor, où il était engagé depuis 1989. Cet événement ouvre un nouveau chapitre de l’histoire de Ta Som, de Preah Khan et de la galerie du Barattage de la Mer de lait à Angkor Vat, dont APSARA reprend désormais en main la conservation. Le WMF célèbre en même temps 35 ans d’efforts constants à Angkor pour restaurer les temples, former les jeunes générations à la conservation et assurer la transmission des savoir-faire. Le WMF et APSARA commenceront également une nouvelle phase de travaux à Phnom Bakheng et poursuivront leurs efforts de conservation en cours.

« Cette étape est un moment historique pour Angkor », a déclaré Bénédicte de Montlaur, Présidente et CEO du World Monuments Fund. « Au début du projet en 1989, une intervention internationale était nécessaire pour aider à redévelopper les compétences des restaurateurs locaux et mener à bien les travaux nécessaires. Année après année, le WMF s’est de moins en moins appuyé sur l’expertise extra-cambodgienne, et nous sommes ravis qu’APSARA reprenne désormais la responsabilité pleine et entière de la conservation et de l’entretien au quotidien de ces trois sites ».

Construit par l’Empire khmer, Angkor est considéré par l’UNESCO comme l’un des sites archéologiques les plus importants d’Asie du Sud-Est, et étroitement lié aux traditions hindoues et bouddhiques de la région. Pendant la période coloniale française, au début des années 1900, un intérêt renouvelé aboutit à la création d’une commission pour la restauration des temples à des fins touristiques. Ces efforts s’intensifièrent lorsque le gouvernement cambodgien évolua vers une monarchie constitutionnelle limitée. Dans les années 1970, la guerre civile cambodgienne interrompit les chantiers, et nombre de professionnels mobilisés sur le parc archéologique d’Angkor moururent ou furent contraints de fuir le régime des Khmers rouges.

L’engagement du WMF à Angkor commença en 1989 par une mission de terrain pour examiner l’état des temples. À la demande du roi Norodom Sihanouk, un partenariat fut noué pour créer un programme complet de conservation et de formation, en complément des efforts de l’Université royale des Beaux-Arts du Cambodge (RUBA) qui venait de rouvrir ses portes. Trois ans après, Angkor fut inscrit à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO et signalé comme étant « en péril ». Grâce à la création d’APSARA en 1995 et à l’amélioration de la gestion du site qui s’ensuivit, Angkor fut retiré en 2004 de la liste des sites du patrimoine mondial en péril, et le WMF y gagna un partenaire local essentiel.

« Nous avons eu un impact bien au-delà des travaux de conservation innovants que nous avons menés ces 35 dernières années », a déclaré Bénédicte de Montlaur lors d’une commémoration au temple de Preah Khan qui s’est tenue vendredi 26 janvier 2024. « Notre travail de formation aux savoir-faire a permis d’apporter les compétences, les revenus et la stabilité nécessaires à l’équipe locale désormais dirigée majoritairement par des Cambodgiens. Nous avons aussi développé des stratégies touristiques permettant d’améliorer l’expérience des visiteurs et d’éviter aux sites de pâtir du surtourisme. Le travail du WMF se poursuivra à Angkor avec la restauration de Phnom Bakheng et la création de nouveaux programmes pédagogiques en lien avec les autorités cambodgiennes ».

Depuis 1992, le WMF a consacré $14,6 millions de dollars à la conservation du site de Siem Reap. La proportion d’employés cambodgiens étant très élevée, l’impact économique local total de l’action du WMF est estimé à environ $20-25 millions de dollars. Durant les 35 dernières années, plus de 100 techniciens de la conservation ont été formés et employés à plein temps. Nombre d’entre eux ont encadré de jeunes apprentis. Comme la communauté de professionnels continue de s’agrandir, le WMF développe actuellement un certificat officiel pour faire reconnaître la formation et soutenir l’emploi futur.

Lors de la commémoration du 26 janvier, les moines locaux ont béni les ouvriers, avant d’entonner « Nokoreach », l’hymne national du Cambodge, et l’hymne national des États-Unis. La présidente et CEO Bénédicte de Montlaur, la coordinatrice de projet du WMF au Cambodge Phally Cheam, et Son Excellence la Ministre de la Culture et des Beaux-Arts Dr. Phoeurng Sackona ont souligné dans leurs discours respectifs le patrimoine culturel remarquable du Cambodge et les progrès qui ont été réalisés dans sa préservation. Une plaque représentant un marteau, symbole des travaux de restauration, a été décernée à APSARA, et des décorations ont été remises aux équipes de conservation locales. Les participants ont célébré cet événement autour d’un grand banquet traditionnel khmer organisé à Prasat Kravan, accompagné de performances musicales et chorégraphiques avec les Danseurs sacrés d’Angkor.

À propos du World Monuments Fund

World Monuments Fund (WMF) est la principale ONG internationale dédiée à la protection de lieux exceptionnels par leur architecture ou par leur histoire. Depuis 1965, notre équipe internationale d’experts a mené plus de de 700 projets dans 112 pays, en partenariat avec des acteurs de la société civile, les bailleurs de fonds et gouvernements internationaux. À travers nos projets, nous cherchons à répondre à certains des défis les plus importants de notre époque : la résilience face au réchauffement climatique, l’élaboration de modèles de tourisme durable et la promotion d’une vision inclusive du patrimoine. Le WMF répond également aux situations de crises, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou de conflits. Nous sommes convaincus que la protection du patrimoine, placée au service de la communauté, peut contribuer à l’avènement de sociétés plus résilientes et inclusives et à une meilleure compréhension mutuelle entre les cultures. Le WMF, dont le siège est à New York, s’appuie sur des bureaux et des représentants dans le monde entier.

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