MOUANS-SARTOUX : Art contemporain – OYMAK sculpte la…
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MOUANS-SARTOUX : Art contemporain – OYMAK sculpte la philosophie de Nietzsche au cœur des jardins du Musée de la Parfumerie
L’artiste OYMAK expose deux sculptures monumentales inspirées de Nietzsche dans les Jardins du Musée de la Parfumerie du 11 avril au 2 novembre.
Du 11 avril au 2 novembre 2026, les Jardins du Musée International de la Parfumerie à Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) deviennent le théâtre d’une réflexion philosophique à ciel ouvert avec l’exposition « De l’Ombre à l’Éveil » du sculpteur OYMAK. Fidèles à leur tradition d’accueil de la création contemporaine depuis 2007, les jardins offrent un écrin de verdure à deux œuvres magistrales qui invitent le visiteur à un voyage intérieur, sur les traces des métamorphoses de l’esprit humain.
Un dialogue entre art, nature et philosophie
L’installation propose un parcours contemplatif où la sculpture classique dialogue avec la pensée de Friedrich Nietzsche. Au cœur du paysage et des collections végétales, les créations d’OYMAK ne sont pas de simples objets esthétiques ; elles sont des portails vers une méditation sur l’héritage, la révolte et la libération. L’artiste, qui taille la pierre depuis 2015, explore les grandes questions de l’évolution de la conscience en s’inspirant des « Trois Métamorphoses de l’esprit » décrites dans *Ainsi parlait Zarathoustra*.
Le Chameau, ou le poids de l’héritage
La première sculpture, *Le Chameau : Le Fardeau de l’Esprit*, incarne la phase initiale du cheminement. Taillée dans un marbre blanc de Carrare, l’œuvre représente l’esprit robuste qui accepte et porte le poids des traditions, du devoir et de la morale héritée. Les traits marqués de la sculpture expriment la tension et la souffrance de celui qui endure, qui s’agenouille pour porter la charge du « Tu dois » à travers ce que Nietzsche nomme le « désert de la conscience ». C’est une étape de soumission et de patience, un prérequis nécessaire avant toute transformation.
Comme l’écrit le philosophe : « Qu’y a-t-il de plus lourd ? ainsi demande l’esprit robuste ; et il s’agenouille comme le chameau et veut qu’on lui charge un bon fardeau ».
Jizô Bosatsu, l’innocence retrouvée
Face au Chameau se dresse *Jizô Bosatsu : L’Éternel Commencement*. Cette seconde œuvre fusionne la figure bouddhiste de Jizô, le protecteur des enfants et des âmes en souffrance au Japon, avec l’ultime métamorphose nietzschéenne : l’Enfant. Après avoir supporté le fardeau (le Chameau) et conquis sa liberté par la révolte (le Lion), l’esprit atteint un état de pureté et d’innocence créatrice. Ce Jizô en marbre de Carrare ne symbolise plus seulement la protection, mais la sérénité de celui qui a transcendé le combat. Il incarne le « saint dire oui » à la vie, le jeu et le commencement perpétuel.
« L’enfant est innocence et oubli, un nouveau commencement, un jeu, une roue qui roule de soi-même, un premier mouvement, un saint dire oui », explique Nietzsche.
Un triptyque complété au musée
L’expérience se prolonge au-delà des jardins. L’exposition est en réalité un triptyque dont la pièce centrale, représentant le Lion, sera visible au sein même du Musée International de la Parfumerie à Grasse. Du 23 mai au 30 septembre 2026, la sculpture *Médusa Parfumée – L’étreinte invisible du marbre* y sera présentée. Fruit d’une collaboration entre OYMAK et DSM-Firmenich, cette œuvre incarne l’esprit qui se révolte et dit « Je veux » pour conquérir sa propre liberté, faisant le lien entre la soumission du Chameau et la renaissance de l’Enfant.
OYMAK, sculpteur de la mémoire collective
Le travail d’OYMAK puise son inspiration dans les grandes civilisations antiques, de la Mésopotamie à la Grèce en passant par l’Étrurie. Sa quête artistique vise à « faire jaillir de la matière des formes ancestrales qui résonnent avec la mémoire collective de l’humanité ». Après une série consacrée à la figure de Pulcinella, il se consacre depuis 2023 à ce triptyque nietzschéen. Travaillant des matériaux nobles comme le marbre de Carrare, la serpentine de Grimaud ou le calcaire de Bourgogne, il sculpte la matière pour interroger l’immatériel.
Le public est invité à découvrir l’ensemble de son œuvre sur la galerie en ligne de l’artiste (https://www.oymak-sculpteur.com/).


