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MONTPELLIER : Jacques VILLARD : « Rien de grand ne se bâtit…

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MONTPELLIER : Jacques VILLARD : « Rien de grand ne se bâtit dans la vengeance et dans la haine »

Jacques Villard, président de l’Etat Pied-Noir, soutient le voyage papal en Algérie, y voyant un chemin vers la paix des mémoires.

À l’heure où la perspective d’une visite du Pape Léon XIV en Algérie suscite des débats passionnés, une voix influente de la communauté pied-noire s’élève pour prôner l’apaisement. Dans une déclaration publiée ce dimanche 12 avril 2026, Jacques Villard, président de l’État Pied-Noir et d’Africapax, apporte un soutien remarqué à cette initiative diplomatique et spirituelle, tout en posant des conditions pour une réconciliation qu’il espère durable.

Né à Alger en 1946 et pupille de la Nation, Jacques Villard ancre sa démarche dans un parcours personnel profondément marqué par l’histoire franco-algérienne.

C’est en connaissance de cause et après « plusieurs nuits de prière et de réflexion » qu’il a décidé de soutenir cette « démarche pastorale et évangélique à haut risque qui honore celui qui la porte ».

Un soutien au nom de la réconciliation

Conscient des fractures mémorielles qui persistent, Jacques Villard n’élude pas l’hostilité d’une partie de sa communauté face à ce voyage pontifical.

« Je sais que de nombreux compatriotes, et certains de leurs responsables, sont hostiles à la visite de notre Pape en Algérie. Je les comprends. Ils sont dans mon cœur de fils d’un père assassiné sur le sol algérien », confie-t-il.

Pourtant, c’est précisément au nom de cette histoire douloureuse qu’il appelle à dépasser les ressentiments. Pour lui, la construction d’un avenir serein ne peut s’affranchir du pardon.

« Je sais aussi que rien de grand et de prometteur ne se bâtit dans la vengeance et dans la haine », affirme-t-il avec conviction.

Ce positionnement se veut un message d’espoir, une invitation à transcender les traumatismes du passé pour ouvrir un nouveau chapitre.

La mémoire de l’exil, un peuple en « achaba »

Jacques Villard rappelle avec une grande émotion le sacrifice de sa communauté, cet exode qu’il qualifie de « plus grand des sacrifices ».

Il décrit un départ forcé, un arrachement à la terre natale.

« Quitter sa terre natale, les tombes de ses ancêtres, les lieux de culte et les habitations des familles pour entamer une longue achaba vers les terres de l’espoir, en France, en Israël, en Espagne et dans d’autres pays fraternels d’origines », écrit-il.

Cette expérience de l’exil, symbolisée par une image poignante« Nous avons traîné, avec nous, nos cercueils et nos valises » – est comparée au périple biblique de Moïse. Selon lui, cette épreuve a forgé une identité singulière, celle d’une « micro-nation autour d’un peuple qui s’est doté d’une structure territoriale internationale afin de mieux faire entendre sa voix bâillonnée ».

Une communauté qui se définit également comme « enfants d’Abraham, père des Nations ».

Des conditions pour une paix durable

Le soutien de Jacques Villard n’est cependant pas inconditionnel.

Il formule des attentes claires pour que cette visite papale puisse véritablement paver la voie de la paix « au moins dans les mémoires et dans les cœurs ».

Il demande ainsi « la libération des otages, tel Christophe Gleize », mais aussi une avancée concrète sur le plan matériel et juridique.

Il appelle à ce « que l’on nous rende les propriétés dont nous avons été expropriées injustement en France et détenues par l’Algérie, dans le cadre d’une conférence de clôture ».

Cette demande de réparation matérielle est présentée comme un prérequis indispensable à l’apaisement des esprits et à la clôture d’un contentieux historique.

Un appel pour l’avenir de l’Afrique

La vision de Jacques Villard dépasse la seule relation entre l’Algérie et la communauté pied-noire. Le périple du souverain pontife est envisagé dans une perspective continentale plus large. Il souhaite que cette visite insuffle une nouvelle dynamique en Afrique.

« Nos prières doivent accompagner son périple africain afin que nos frères africains ne quittent plus leurs terres natales et participent à la construction d’une Afrique nouvelle, fraternelle et prospère qui s’inscrit dans les efforts de l’architecte de l’universel », conclut-il, liant la résolution des conflits mémoriels à l’avenir et à la stabilité du continent africain.

Le parcours de Jacques Villard, ancien fonctionnaire du Ministère des Finances (DGCCRF) et dernier Intendant Général de l’École Internationale de Sorèze (https://fr.wikipedia.org/wiki/Abbaye_de_Sorèze), confère à sa parole un poids institutionnel et moral qui ne manquera pas de résonner dans le débat public.

via Presse Agence.