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MONACO : Gildo PASTOR : « Voir nos technologies façonner le…

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MONACO : Gildo PASTOR : « Voir nos technologies façonner les futures missions lunaires est une fierté »

Venturi Space et l’Agence spatiale européenne collaborent pour fiabiliser les technologies critiques des futurs rovers d’exploration lunaire.

C’est une nouvelle étape décisive pour l’industrie spatiale monégasque et européenne. Depuis le 1er janvier 2026, Venturi Space œuvre officiellement aux côtés de l’Agence spatiale européenne (ESA) dans le cadre d’une étude de réduction des risques technologiques. Officialisé ce 24 février, ce partenariat vise à définir et valider les standards techniques qui équiperont la prochaine génération de véhicules lunaires.

Trois piliers technologiques majeurs

L’étude, commandée par l’ESA, se concentre sur trois défis vitaux pour la survie et l’opérabilité des rovers sur la Lune : la locomotion, le stockage d’énergie et la régulation thermique. L’objectif est de traduire les innovations développées par l’entreprise en spécifications concrètes pour la feuille de route européenne.

L’environnement lunaire impose des contraintes drastiques. Les équipes de Venturi Space (https://www.venturi.space), réparties entre Monaco, la Suisse et la France, ont ainsi mis au point des roues « hyper-déformables ». Contrairement aux pneumatiques terrestres qui exploseraient sous vide ou gèleraient instantanément, ces roues uniques, composées de matériaux innovants, doivent garantir une motricité optimale sur des sols meubles et accidentés.

L’autre défi de taille réside dans la gestion de l’énergie. Les batteries haute performance développées en Principauté doivent résister à des amplitudes thermiques extrêmes, oscillant sur une plage de 400°C (de -240°C à +130°C), et survivre aux longues nuits lunaires où le froid est absolu.

Le rover MONA LUNA en conditions réelles

Pour valider ces concepts, Venturi ne se contente pas de simulations numériques. L’entreprise utilise son propre rover, le MONA LUNA, présenté en juin 2025, comme plateforme de test dynamique. Ce véhicule 100 % européen servira de banc d’essai mobile pour démontrer l’efficacité des suspensions et des systèmes d’alimentation. Les campagnes d’essais se dérouleront au sein du bâtiment LUNA, une installation de pointe développée conjointement par l’ESA et le Centre aérospatial allemand (DLR). Ce site reproduit fidèlement les conditions du sol lunaire, permettant de qualifier les technologies dans un environnement analogue représentatif.

L’enjeu critique de l’« egress »

Au-delà du roulage, le contrat porte sur une phase particulièrement délicate de la mission : l’egress, c’est-à-dire la descente du rover depuis son atterrisseur une fois posé sur la Lune.

« La question de l’egress, en particulier, est un enjeu central, et nous sommes heureux de pouvoir proposer et tester un concept innovant dans un cadre conjoint et structuré », explique le Dr. Antonio Delfino, Directeur des Affaires Spatiales de Venturi Space.

Un dispositif reproduisant la géométrie de l’alunisseur européen Argonaut sera ainsi assemblé pour valider les interfaces mécaniques de déploiement. Cette étape est cruciale pour les futures missions logistiques, qui prévoiront le déploiement de rovers lourds pouvant atteindre plusieurs tonnes.

Une fierté pour la Principauté

Pour le groupe monégasque, fondé en 2000 et historiquement connu pour ses records en véhicules électriques, cette reconnaissance par l’institution européenne valide une stratégie de diversification audacieuse entamée en 2021.

« Depuis plus de vingt-cinq ans, nous explorons des territoires où les solutions n’existent pas encore. Ce projet s’inscrit pleinement dans cette démarche de pionnier : identifier un besoin, imaginer une réponse nouvelle et la confronter à la réalité », a déclaré Gildo Pastor, Président de Venturi Space.

« Voir aujourd’hui nos technologies contribuer à façonner les futures missions lunaires est une source de fierté. L’exploration a toujours progressé grâce à l’audace, et c’est cet esprit qui anime Venturi Space ».

L’Europe renforce son agilité

Du côté de l’agence spatiale, ce contrat illustre la volonté de s’appuyer davantage sur l’expertise du secteur privé pour accélérer le rythme de l’innovation.

« Le secteur spatial connait un développement croissant avec une implication grandissante du secteur privé […] Afin de renforcer l’agilité et les capacités européennes, les agences et institutions mettent en place de nouveaux partenariats avec l’industrie », a souligné Daniel Neuenschwander, Directeur de l’Exploration Humaine et Robotique de l’ESA.

Cette collaboration européenne s’inscrit en parallèle des activités transatlantiques de Venturi. L’entreprise est en effet partenaire stratégique de la société américaine Venturi Astrolab pour le rover FLIP, dont le déploiement au pôle Sud lunaire est prévu dès l’été 2026, et pour le rover FLEX, présélectionné par la NASA pour le programme Artemis en 2028. Avec ce nouveau contrat ESA, Venturi Space confirme sa position de pivot technologique incontournable dans la course au retour durable sur la Lune.