Skip to main content

MILLY LA FORET : La Maison Jean Cocteau a ouvert ses port…

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
15 Mai 2024

Partager :

MILLY LA FORET : La Maison Jean Cocteau a ouvert ses portes jusqu’au 3 novembre

Ouverte au public depuis le 3 mai dernier, la Maison Jean Cocteau située à Milly-la-Forêt propose d’aller à la rencontre du havre de paix du célèbre artiste du XXe siècle dans l’Essonne.

Nouveauté de cette année l’ouverture au public de l’étage de Jean Marais.Pour la première fois,  le public aura l’occasion de découvrir la grande pièce au sud, ancienne chambre de Jean Marais et sa vue unique sur le verger, symétrique de l’atelier de Jean Cocteau, au nord, qui sera, lui aussi, sera bientôt ouvert à la visite. Ce nouvel espace est l’occasion de présenter le couple mythique que formaient les deux Jean, à travers une évocation de leur relation. Plus rien ne subsiste de l’aménagement de la chambre de Jean Marais à Milly-la-Forêt. Pour autant, lui qui a déniché la Maison où s’installe Jean Cocteau en 1947 a laissé le souvenir de l’immense vedette de cinéma, adulé dans les années 50, qui venait simplement chercher son journal au village.
Dans la Maison, une évocation de la relation qu’ont entretenu les deux Jean est présentée, accompagnée de documents et d’objets qui en attestent : objets du quotidien, sculptures, dessins, photographies, images d’archives, mis en scène et en lumière dans l’espace de l’ancienne chambre, ouverte sur le jardin. On découvre également une œuvre de Jean Cocteau, dessinée à la craie sur un tableau noir, dévoilée pour la première fois.

Du 22 juin au 14 septembre, la Maison Jean Cocteau accueille un nouveau cycle de concerts qui illustre la passion que le poète avait pour la musique et l’amitié qu’il a entretenue avec les musiciens du XXe siècle. Cette série de huit concerts dans le cadre magique du jardin de la Maison, montre l’extraordinaire place qu’occupe la création musicale dans l’univers de Jean Cocteau, dans toute sa diversité esthétique. Les compositeurs contemporains du poète, sur lesquels il a tant écrit, à commencer par le Groupe des Six – Auric, Durey, Honegger, Milhaud, Poulenc, Tailleferre – y côtoient Ravel, Debussy, ou son complice Erik Satie. L’extraordinaire éclectisme de Cocteau et sa passion pour les multiples formes de l’art de son temps nous entraînent aussi dans l’univers du jazz et de la chanson populaire, d’Yvette Guilbert à Édith Piaf. D’une durée d’une heure environ, chaque concert propose un mélange d’œuvres originales ou de transcriptions, pour des formations vocales et instrumentales diverses, du piano à l’accordéon : tous les sons seront à l’honneur. À chaque concert, dans l’esprit des salons de musique, les musiciens parleront des œuvres interprétées. Pour cette série de concerts, le compositeur Marc-Olivier Dupin a été chargé d’imaginer un programme reflétant la diversité des goûts musicaux et des influences de Jean Cocteau.

Chez Jean Cocteau, c’est  « musiques à tous les étages ! ». Une exposition temporaire inédite explore le lien que le poète entretenait avec les musiques et les musiciens de son temps, lui qui a pratiqué presque tous les arts… sauf celui-ci ! Elle permet un voyage musical à travers le XX° siècle, en commençant par Le Sacre du Printemps d’Igor Stravinsky pour s’achever Sous les Ponts de Paris.

Outre la maison le jardin se dévoile car lorsqu’il en fait l’acquisition avec Jean Marais en 1947, Jean Cocteau découvre « la chose la plus rare au monde, un cadre ». C’est un lieu de tranquillité́, un refuge, loin de l’agitation parisienne. Aujourd’hui encore, une fois franchi le porche entouré de ses deux tours en encorbellement, le visiteur pénètre dans le jardin domestique ouvert sur la douve, découpé par des plates-bandes fleuries, où se dresse un poirier autour duquel Cocteau avait placé un taureau en bois coloré, ancien élément de manège. C’est là, à proximité de l’eau et des ponts, que de petites tables sont disposées pour profiter de la buvette ouverte depuis cette année. Au fond de ce premier jardin, une tonnelle ferme la perspective. En cheminant autour de la Maison, s’ouvre le jardin des sculptures. A la place de l’ancien potager, s’ouvre un lieu plus minéral, où sont disposées plusieurs figures sculptées, dont une tête d’Orphée sur le parapet de la douve, un buste de Turc, élément de décor du film “La Belle et la Bête”, restauré depuis peu, et une paire de sphinges style rocaille disposées de chaque côté du perron d’entrée. Comme dans un théâtre de verdure, “Les samedis musicaux de Jean Cocteau” prennent place ici, dans un espace entouré de vieux murs, à l’acoustique parfaite.

Visiter sa maison, se promener dans son jardin est une traversée du miroir, de notre monde vers le sien. Tout, de l’eau des douves qui coule sous les ponts et qui miroite sur le plafond du salon, aux tourelles en encorbellement qui encadrent l’entrée au fond de l’impasse, participe à la poésie du lieu, évoque le génie de cet artiste. Cette maison est modelée à son image.