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MARSEILLE : Sociologie – Vivek Chibber renouvelle l’analyse des classes sociales

Les éditions Agone publient un essai de Vivek Chibber qui fusionne marxisme et théories culturelles pour analyser les classes sociales.

Face à la persistance du capitalisme et à l’échec des prédictions marxistes classiques, les éditions marseillaises Agone publient « La Matrice des classes sociales », un ouvrage majeur du sociologue Vivek Chibber. Le livre se propose de revitaliser la pensée matérialiste pour comprendre les dynamiques de domination dans la société contemporaine, en intégrant les apports de la théorie culturelle.

Un matérialisme renouvelé après le « tournant culturel »

L’essai part d’un constat : pourquoi l’organisation de la classe ouvrière au 19ème siècle n’a-t-elle pas conduit au renversement du capitalisme, comme le prévoyait le marxisme ? Selon l’auteur, la théorie matérialiste classique n’offrait pas toutes les clés de réponse. En réaction, les théoriciens du « tournant culturel » dans les années 1970 ont déplacé le curseur vers l’importance de la culture, du langage et de l’identité pour expliquer les comportements sociaux. Cependant, cinquante ans plus tard, face à un néolibéralisme mondialisé qui « creuse des inégalités abyssales en matière de richesse et de pouvoir », cette hégémonie culturelle a également montré ses limites. Vivek Chibber soutient qu’il est désormais impératif de dépasser l’opposition stérile entre ces deux courants. Son ouvrage propose une synthèse ambitieuse, fusionnant les fondements du matérialisme avec les idées les plus pertinentes de la théorie culturelle pour forger de nouveaux outils d’analyse critique des rapports de domination.

Un auteur reconnu et un ouvrage accessible

Vivek Chibber est professeur associé au département de sociologie de l’université de New York. Il est déjà connu du public francophone pour son livre « La Théorie postcoloniale et le spectre du capital », paru en 2018. Avec « La Matrice des classes sociales », il poursuit son travail de relecture critique des théories sociales.

L’ouvrage de 256 pages est préfacé par le philosophe Florian Gulli et traduit de l’anglais par Laure Mistral. Il est disponible au prix de 20€ (ISBN : 9782748906134).

Pour les lecteurs souhaitant découvrir la pensée de l’auteur, un extrait de la préface, intitulé « Renouveler la théorie sociale après le ‘tournant culturel’ », est accessible en ligne sur la plateforme Antichambre des éditions Agone (https://9v741.r.ag.d.sendibm3.com/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsHKgJpazXosioLwSvS1On/AVrT29EmzZ5y).

Un agenda de rencontres pour nourrir le débat

La sortie de cet essai s’accompagne d’une série de rencontres et de débats organisés par les éditions Agone et leurs partenaires, témoignant de la vitalité de la pensée critique. Si la projection du documentaire « Howard Zinn, une histoire populaire américaine » s’est tenue hier soir à Marseille, plusieurs rendez-vous sont programmés dans les jours à venir :

Jeudi 12 février à 12h30 : Une conférence-débat de Nicolas Chevassus-au-Louis sur le thème « Pas de décroissance sans décroiscience » se tiendra à l’Institut Universitaire Européen de la Mer, à Plouzané, près de Brest.

Vendredi 13 février à 19h : L’Académie du Climat, à Paris, accueillera une « Dispute » entre Philippe Descola et Patrick Dupouey autour de la question « Faut-il en finir avec l’idée de nature ? ».

Samedi 14 février à 20h : Victor Collet présentera son ouvrage « Vivre sans police » lors du festival de cinéma de La Base, à Marseille.

via Press Agence.