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MARSEILLE : Lionel SEROPIAN : « La question du logement est…

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MARSEILLE : Lionel SEROPIAN : « La question du logement est devenue une véritable urgence »

Une étude exclusive Odoxa pour Nexity révèle que le mal-logement frappe durement les jeunes en Provence-Alpes-Côte d’Azur et impacte leur vote.

Alors que les élections municipales approchent, la question de l’habitat s’impose comme un sujet brûlant, particulièrement pour la jeunesse de la région Sud. Une enquête menée par l’institut Odoxa pour le compte du groupe immobilier Nexity, réalisée en décembre 2025, dresse un état des lieux alarmant de la situation en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les résultats mettent en lumière une tension immobilière qui dépasse la simple difficulté de trouver un toit : elle conditionne désormais les choix de vie, l’emploi et la santé mentale des 18-34 ans.

Une région sous haute tension

Les chiffres dévoilés ce jeudi sont sans appel : la région Provence-Alpes-Côte d’Azur figure parmi les territoires où les difficultés sont les plus exacerbées. Selon l’étude, 63 % des jeunes résidant dans la région déclarent avoir déjà rencontré des obstacles majeurs pour se loger. Ce chiffre, légèrement supérieur à la moyenne nationale, cache un ressenti encore plus dur : pour 83 % des sondés locaux, trouver un logement est devenu une mission « difficile », contre 79 % sur l’ensemble du territoire français.

Cette tension touche aussi bien la location, freinée par des loyers jugés prohibitifs et une exigence accrue des dossiers, que l’accession à la propriété, bloquée par les prix et les conditions d’emprunt. Pour cette génération, le logement est perçu comme un besoin aussi fondamental que se nourrir ou se soigner, mais l’offre actuelle peine à répondre à la demande, créant un véritable blocage sociétal.

Des sacrifices professionnels et personnels

L’impact de cette pénurie dépasse largement le cadre immobilier pour toucher la sphère économique et intime. L’impossibilité de se loger correctement force les jeunes actifs à des renoncements drastiques. Le constat est particulièrement inquiétant sur le front de l’emploi : 36 % des jeunes de la région ont déjà renoncé à postuler à une offre d’emploi faute de solution de logement adaptée à proximité.

Les projets de vie sont également mis en suspens. L’enquête révèle que 19 % des jeunes ont renoncé à agrandir leur famille et 18 % ont dû se résoudre à quitter leur commune d’origine, incapables d’y trouver un toit abordable. Ces départs forcé fragilisent le tissu social et économique local, privant certains territoires de leurs forces vives.

Précarité financière et santé mentale

Ceux qui parviennent à se loger ne sont pas pour autant épargnés. La qualité de l’habitat est souvent pointée du doigt : 40 % des jeunes de la région jugent leur logement difficile à chauffer, 47 % déplorent une mauvaise isolation phonique et près d’un tiers estiment que la surface n’est pas adaptée à leurs besoins.

Le poids financier du loyer ou du remboursement d’emprunt pèse lourdement sur le pouvoir d’achat. Pour faire face, 54 % des jeunes interrogés en Provence-Alpes-Côte d’Azur avouent avoir réduit leur budget alimentaire, un chiffre révélateur de la précarité induite par le coût de l’habitat. Cette pression constante a des répercussions directes sur le bien-être : 83 % des sondés affirment que la situation génère de l’anxiété et affecte leur confiance en l’avenir.

Un levier décisif pour les municipales

Dans ce contexte, le logement s’annonce comme un arbitre majeur des prochaines échéances électorales. La conscience politique des jeunes sur ce sujet est aiguë : 72 % des 18-34 ans de la région déclarent qu’ils privilégieront un candidat proposant des mesures concrètes pour faciliter l’accès au logement, quelle que soit son étiquette politique. Ce taux est nettement supérieur à la moyenne nationale (63 %), soulignant l’urgence ressentie dans le Sud-Est.

Face à ces résultats, les acteurs du secteur appellent à une mobilisation générale. « Cette enquête confirme ce que nous constatons tous les jours dans nos territoires : la question du logement, en particulier pour les jeunes, est devenue plus qu’un besoin, une véritable urgence. Il est de notre responsabilité de remettre le logement au-devant des priorités locales », a déclaré Lionel Séropian, Directeur général Nexity région Sud.

Pour le dirigeant, le lien entre habitat et vitalité du territoire est indissociable : « La perspective des prochaines élections municipales nous impose de rappeler que le logement contribue positivement à l’attractivité de nos villes en Provence-Alpes-Côte d’Azur et qu’il est un attribut essentiel de la dynamique économique d’un territoire », ajoute M. Séropian.

Des réponses concrètes à Marseille

Pour tenter de répondre à cette demande insatisfaite, des projets d’envergure voient le jour, à l’image du programme « Cap ‘M » situé au cœur du quartier Euroméditerranée à Marseille. Nexity (https://www.nexity.group), premier groupe immobilier français, y développe une opération mixte sur le secteur Cazemajou, visant à transformer une ancienne zone industrielle portuaire.

Ce projet prévoit la création de 130 logements, dont une partie réalisée par Logis Méditerranée (filiale de 1001 Vies Habitat), ainsi que 730 m² de commerces et d’activités. L’opération se distingue par ses ambitions environnementales : utilisation de matériaux biosourcés, certification Bâtiment Durable Méditerranéen et raccordement à une boucle de thalassothermie (énergie thermique marine) pour le chauffage. La livraison de ces nouveaux bâtiments, conçus pour offrir un cadre de vie apaisé avec des îlots de fraîcheur végétalisés, est attendue pour le premier trimestre 2027.