MARSEILLE : Emploi – La région Sud résiste à la baiss…
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MARSEILLE : Emploi – La région Sud résiste à la baisse nationale grâce au secteur de la santé
Le baromètre annuel Hellowork dévoile une résistance notable du marché du travail régional qui surperforme la moyenne nationale grâce aux besoins structurels du secteur sanitaire.
Si l’année 2025 marque le pas sur le front de l’emploi en France, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur fait figure d’exception notable. C’est le principal enseignement du baromètre publié ce lundi 19 janvier 2026 par Hellowork, acteur majeur du recrutement digital. Alors que l’hexagone enregistre une baisse significative du volume d’offres, le territoire régional parvient à limiter l’érosion grâce à des moteurs économiques spécifiques, confirmant une dynamique de « normalisation » plutôt que d’effondrement.
Une résistance régionale singulière
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors que le volume d’offres d’emploi a reculé de 9,8 % au niveau national en 2025, la région PACA affiche une baisse contenue de seulement 4 %. Cette performance place la région bien au-dessus de la mêlée, contrastant fortement avec les décrochages observés en Nouvelle-Aquitaine (-15 %), en Occitanie (-13 %) ou encore en Île-de-France (-11 %).
Cette résilience s’explique par la nature du tissu économique local. Là où les régions industrielles ou très tertiarisées subissent de plein fouet les ajustements budgétaires des entreprises, le Sud s’appuie sur des besoins incompressibles. La santé et les services à la personne, véritables piliers de l’emploi régional, continuent de recruter massivement, immunisant partiellement le territoire contre les aléas de la conjoncture.
Le soin et le service comme amortisseurs
Au niveau national comme local, les métiers du soin jouent un rôle d’amortisseur social et économique majeur. Hors intérim, la santé et les services à la personne représentent respectivement 13 % et 12 % des offres diffusées, affichant une quasi-stabilité (-0,9 %) sur un an.
Concrètement, les infirmiers, les aides-ménagers et les aides-soignants trustent le haut du classement des profils les plus recherchés en 2025. Ces besoins structurels, liés au vieillissement de la population, ne connaissent pas la crise. À l’inverse, les fonctions supports, telles que les ressources humaines (-33 %) ou la communication (-30 %), subissent des coupes franches, illustrant la prudence nouvelle des employeurs sur les postes non directement productifs.
Un marché national en phase de normalisation
Au-delà du cas spécifique de la région PACA, le rapport dresse le bilan d’une année 2025 charnière pour la France. Avec 10,1 millions d’offres publiées (CDI, CDD, intérim et alternance), le volume global reste conséquent et supérieur aux niveaux de 2023, mais marque la fin de l’euphorie post-Covid.
David Beaurepaire, Directeur délégué d’Hellowork, analyse cette transition : « 2025 marque une phase d’ajustement logique après plusieurs années exceptionnelles. Le marché de l’emploi reste solide, porté par des besoins structurels forts […] Les entreprises continuent de recruter […] mais de façon plus ciblée et plus sélective ».
Cette sélectivité se traduit par un recul marqué des contrats longs. Le CDI a vu son volume d’offres chuter de 11 % sur l’année, les entreprises hésitant davantage à s’engager sur le long terme dans un climat économique incertain. L’intérim, bien qu’en baisse de 8 %, confirme son rôle de variable d’ajustement, notamment dans le BTP et l’industrie.
L’alternance freinée par les réformes
Autre victime de ce ralentissement : l’alternance. Le baromètre note un recul de 12 % des offres, une baisse plus prononcée que pour les autres types de contrats. Ce coup de frein est directement corrélé à la réforme du financement de l’apprentissage et à la réduction des aides à l’embauche, qui ont contraint de nombreuses entreprises à revoir leur politique de formation à la baisse.
Des tensions toujours vives
Paradoxalement, ce ralentissement global ne signifie pas la fin des difficultés de recrutement. Les tensions demeurent vives sur les compétences clés. La construction, l’industrie et la santé peinent toujours à pourvoir leurs postes face à une pénurie de candidats qualifiés. Cette situation dessine un marché à deux vitesses : d’un côté, des secteurs en tension chronique où les candidats ont la main, et de l’autre, des métiers du tertiaire (marketing, communication) où la concurrence entre postulants devient féroce.
À l’aube de 2026, la région PACA semble donc mieux armée pour affronter cette nouvelle réalité économique, profitant de sa démographie et de sa spécialisation dans l’économie du soin pour maintenir le cap.