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MALAKOFF : Enfants disparus, plus de 40 000 signalements …

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MALAKOFF : Enfants disparus, plus de 40 000 signalements en 2023

Plus de 110 enfants signalés disparus chaque jour en France : un chiffre qui demeure très élevé en dépit d’une baisse du nombre annuel de signalements (-5,1%).

En effet, 40 989 disparitions de mineurs ont été signalées en France aux policiers et gendarmes en 2023 selon le Ministère de l’Intérieur. A l’occasion de la Journée Internationale des Enfants Disparus, le 116 000 Enfants Disparus dévoile ces chiffres dans son rapport annuel sur les disparitions de mineurs en France.

Après plusieurs années de hausses successives, le nombre de signalements de disparitions de mineurs recule de plus de 5% pour revenir à un niveau proche de celui de 2020. Un constat qui reste néanmoins en demi-teinte : le chiffre demeure au-delà de la barre des 40 000 et ne permet pas encore de statuer sur une réelle baisse à long terme selon le 116 000 Enfants Disparus. En effet, le numéro d’urgence coordonné et géré par la Fondation Droit d’Enfance a reçu 10% d’appels supplémentaires au cours de la même année. Une forte hausse notamment liée à l’impact médiatique des disparitions d’Emile et de Lina après lesquelles le 116 000 a été particulièrement sollicité. Pourtant, la notoriété du numéro d’urgence reste encore limitée : seuls 5% des français connaissent son existence selon l’enquête réalisée par l’institut Cluster17. Un constat d’autant plus regrettable que près de 10% des français affirment dans le même temps avoir déjà été confrontés à la disparition d’un enfant ou celui d’un proche.

Des fugues plus longues par des fugueurs toujours plus jeunes

Représentant toujours plus de 95% du total des signalements, le nombre de fugues a toutefois nettement reculé cette année (-5,9%). Une diminution également observée au sein de la cellule de suivi du 116 000 qui s’inquiète néanmoins de recevoir des appels concernant des fugues de plus en plus longues et des fugueurs toujours plus jeunes. En effet, de nombreux dossiers ouverts cette année par la cellule de suivi concernent des jeunes de 13 ou 14 ans voire 11 ans pour le plus jeune d’entre eux. Une impression confirmée par les statistiques nationales : la part des mineurs de moins de quinze ans parmi les fugueurs n’a cessé de progresser depuis l’année 2018. Un constat d’autant plus préoccupant que les risques liés à la fugue restent trop souvent minimisés : 1 français sur 4 estime qu’un mineur en fugue est « peu » ou « pas vraiment » en danger selon l’enquête Cluster17.

Des disparitions inquiétantes et enlèvements parentaux en hausse

Qu’elle qu’en soit la cause, la fugue est pourtant toujours un espace de mise en danger pour l’enfant et le devient d’autant plus lorsqu’elle est répétée ou s’éternise. Dans ce cas, il n’est pas rare que le signalement opéré au sein du Fichier des Personnes Recherchées (FPR) soit requalifié en disparition inquiétante. Ces dernières ont concerné 1 259 signalements en 2023, un chiffre en hausse de 7,2% depuis deux ans.

Parmi ces disparitions qualifiées d’inquiétantes, le lien entre exploitation sexuelle et épisodes de fugues successifs se confirme cette année. En effet, la prostitution est suspectée ou avérée dans 4% des dossiers ouverts par le 116 000 en 2023, un chiffre qui dépasse les 30% lorsqu’il s’agit de jeunes filles en fugue. A l’approche des Jeux Olympiques de Paris, le 116 000 Enfants Disparus s’inquiète d’un possible « effet JO » à ce sujet et appelle à la vigilance. En effet, les événements sportifs de très grande ampleur induisent systématiquement une hausse des situations prostitutionnelles, notamment des mineures.De l’autre côté du spectre, les enlèvements parentaux ont connu une très forte progression l’année passée avec 661 signalements. En hausse de 21,5%, ces derniers concernent des enfants souvent très jeunes : moins de 5 ans pour plus de la moitié. 49% de ces enlèvements ont été commis vers un pays étranger avec lesquels il est parfois difficile de faire appliquer le droit international. Pourtant tenus par des engagements internationaux, il n’est pas rare que certains pays préfèrent protéger leurs ressortissants. Débute alors un parcours du combattant pour le parent victime qui peut s’avérer particulièrement long et couteux.

Un phénomène largement sous-estimé et méconnu

Afin d’inscrire la baisse des signalements dans une tendance durable, trois pistes sont soulevées par le numéro d’urgence. En premier lieu, la formation des professionnels (policiers et gendarmes, avocats, travailleurs sociaux…) doit être renforcée afin d’accompagner plus efficacement les familles et les jeunes dans de telles situations. Premiers concernés, les policiers et gendarmes ne disposent pourtant aujourd’hui d’aucune formation obligatoire spécifique aux disparitions de mineurs. Les experts soulignent également l’importance de sensibiliser les jeunes aux risques auxquels ils s’exposent lorsqu’ils fuguent afin d’éviter le recours à celle-ci ou un nouveau départ lorsque le jeune a déjà fugué.

Enfin, de trop nombreux français ignorent encore l’existence des dispositifs d’aide et les bons réflexes à adopter en cas de disparition d’enfant. 28% d’entre eux estiment notamment qu’un jeune doit avoir quitté le domicile depuis au moins 2 jours pour être considéré en fugue. Une erreur d’autant plus regrettable que les premières heures d’une disparition sont les plus critiques pour retrouver un enfant. En ce sens, il est essentiel de déployer une campagne nationale de prévention pour répondre à un besoin largement partagé par les français : près de 8 sur 10 considèrent ne pas être assez sensibilisés aux risques liés aux disparitions de mineurs.

Ressources utiles :

 

Droit d’Enfance
Direction Générale

76 avenue Pierre Brossolette

92240 MALAKOFF