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LA FARLEDE : Transport routier – L’OTRE dénonce des aides « arbitraires » et exige une baisse des prix du carburant
L’OTRE juge le décret sur les aides carburant « arbitraire » et presse le Gouvernement d’agir sur les prix.
L’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) a vivement réagi, ce samedi 18 avril 2026, à la publication du décret instaurant des aides directes face à la flambée des prix des carburants.
Dans un communiqué, l’organisation, qui représente majoritairement des PME et TPE du secteur, salue la concrétisation d’une mesure qu’elle réclamait, mais en dénonce fermement les modalités d’application, jugées « à la fois arbitraires et discriminantes ».
Elle met en garde contre les tensions croissantes au sein de la profession et appelle l’exécutif à des actions complémentaires et urgentes pour soulager les entreprises.
Des critères d’éligibilité jugés excluants
Le principal grief de l’OTRE concerne les conditions d’accès aux aides forfaitaires, qui s’échelonnent de 70 à 500 euros par véhicule.
L’organisation déplore que ces critères excluent de fait « un grand nombre d’entreprises du dispositif ».
Sont notamment pénalisées les sociétés ayant recours à l’emprunt bancaire pour financer leur flotte ainsi que celles dirigées par des travailleurs non-salariés (TNS).
Selon l’OTRE, le Gouvernement, qui avait été alerté sur ce point, « prend la responsabilité d’instaurer une distorsion de concurrence manifeste au sein du secteur ».
Face à cette situation, elle demande aux pouvoirs publics de « revoir sans délai les modalités d’accès aux aides afin de garantir un traitement équitable de l’ensemble des acteurs ».
L’organisation regrette par ailleurs l’absence de soutien spécifique pour les véhicules utilitaires légers (VUL) et les transports sanitaires, ainsi qu’une prise en compte jugée insuffisante des autocars de tourisme.
Des avancées reconnues mais un soutien limité
L’OTRE tient néanmoins à souligner que plusieurs de ses propositions ont été intégrées au décret final. Parmi les avancées notables figurent la simplification des démarches pour les aides inférieures à 5 000 euros, l’inclusion des véhicules de transport de personnes de moins de 10 places et des entreprises de taille intermédiaire (ETI), ainsi que le relèvement du plafond d’aide à 60 000€ par entreprise, bien que ce montant reste jugé insuffisant. Le caractère reconductible du dispositif en cas de nouvelle dégradation du contexte économique est également salué comme un point essentiel pour la visibilité des transporteurs.
L’organisation insiste toutefois sur un point crucial : Il ne s’agit pas d’une remise de 20 centimes par litre, mais d’une aide forfaitaire unique, dont l’impact est bien plus limité face à l’envolée continue des coûts.
L’urgence d’une baisse des prix à la pompe
Relayant la « colère croissante des chefs d’entreprise », l’OTRE prévient que si la réouverture annoncée du détroit d’Ormuz ne se traduit pas rapidement par une décrue des tarifs, des mesures gouvernementales fortes devront être prises.
Elle met en avant une proposition concrète émanant des distributeurs de carburants : la suspension temporaire, pour deux mois, des obligations liées aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) sur les produits pétroliers.
Cette mesure technique pourrait, selon l’organisation, entraîner une baisse immédiate de 15 centimes par litre (hors TVA) à la pompe.
L’OTRE exhorte donc le Gouvernement à « agir sans délai, en mettant en œuvre cette mesure ou toute autre décision permettant une diminution immédiate et durable des prix des carburants », en parallèle d’un ajustement des aides directes pour les rendre plus équitables.
L’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) représente environ 3 600 entreprises du transport et de la logistique en France, pour un total de 110 000 salariés.
Plus d’informations sont disponibles sur son site officiel (https://www.otre.org/).
via Press Agence.

