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CAHORS : Culture – Le Musée Henri-Martin révèle l’œuvre picturale de Nino Ferrer
À Cahors, préfecture du Lot située à 100 km au nord de Toulouse, le Musée Henri-Martin consacre une exposition majeure à Nino Ferrer peintre.
C’est une facette méconnue de l’interprète du « Sud » ou de « Mirza » que s’apprête à dévoiler le Musée Henri-Martin. Avant l’ouverture au grand public prévue le 6 mai 2026, l’institution cadurcienne présentera les contours de cet événement lors d’un petit-déjeuner de presse à Paris, le 17 février prochain. L’ambition est claire : dépasser l’image médiatique du chanteur pour explorer, avec rigueur scientifique, l’univers graphique et pictural d’Agostino Ferrari, dit Nino Ferrer (1934–1998).
Au-delà de la musique, une quête de liberté.
Si le grand public retient de lui ses succès des années 1960 et 1970, Nino Ferrer s’est toujours revendiqué comme un artiste pluriel, refusant les étiquettes. L’exposition, intitulée sobrement « Nino Ferrer, peintre », met en lumière cette production plastique qui l’a accompagné tout au long de sa vie. Né à Gênes, ayant grandi entre plusieurs cultures, l’artiste a développé une œuvre où la peinture traduit les mêmes exigences de sincérité et d’indépendance que sa musique. Pour l’équipe du musée, qui définit l’établissement comme un « laboratoire des émotions », cette exposition s’inscrit dans une volonté d’offrir une approche sensible de l’art. Il ne s’agit pas de capitaliser sur la notoriété du musicien, mais de permettre aux visiteurs de construire leur propre expérience esthétique face aux toiles, dessins et gravures d’un créateur libre.
L’ancrage lotois comme source d’inspiration.
Le choix du Musée Henri-Martin (https://museehenrimartin.fr/) pour cette première rétrospective muséale ne doit rien au hasard. Dans les années 1970, Nino Ferrer choisit de s’installer dans le Lot, au domaine de La Taillade. C’est dans ce territoire, qu’il affectionne pour son isolement, sa nature préservée et sa force poétique, qu’il installe son studio d’enregistrement et intensifie sa pratique picturale. Les paysages du Quercy deviennent alors omniprésents dans son quotidien, nourrissant durablement son imaginaire. L’exposition explorera cette géographie à la fois réelle et intérieure, montrant comment l’environnement lotois a irrigué son œuvre plastique durant les deux dernières décennies de sa vie.
Un parcours entre surréalisme et intimité.
La scénographie, pensée pour être dynamique et évolutive, s’articulera autour de trois grands axes. Le premier volet présentera ses œuvres surréalistes, témoignant d’une tension permanente entre spontanéité et imaginaire poétique. Un deuxième ensemble sera consacré aux voyages et aux souvenirs, cartographiant le monde intérieur de l’artiste. Enfin, un cycle biographique complétera le parcours. Mêlant autoportraits, œuvres et objets personnels, cette section dialoguera avec l’histoire intime de Nino Ferrer. Une vitrine spéciale, scénographiée par son fils Pierre Ferrari, réunira plusieurs centaines d’objets — vêtements, costumes de scène, talismans — pour raconter la vie de l’homme derrière l’artiste.
Une première pour un musée de France.
Sur le plan scientifique, l’événement marque une étape importante. Il s’agit de la première exposition d’envergure consacrée à l’œuvre picturale de Nino Ferrer dans un musée labellisé « Musée de France ». Conçue en étroit partenariat avec les fils de l’artiste, dépositaires des archives, elle s’appuie sur une iconographie largement inédite.
Le musée a également sollicité des spécialistes du surréalisme pour contextualiser le travail du peintre dans l’histoire de l’art contemporain du 20ème siècle. Cette approche analytique fera l’objet d’un catalogue, conçu comme un ouvrage de référence. Afin de préserver les œuvres sur papier les plus fragiles, l’exposition bénéficiera de trois raccrochages successifs entre mai et décembre 2026, invitant ainsi le public à redécouvrir le parcours sous un jour nouveau au fil des saisons.
Le Musée Henri-Martin, rouvert en 2022 après six ans de travaux, confirme ici son rôle moteur dans le rayonnement culturel de l’Occitanie, en proposant une relecture inédite de l’œuvre d’un artiste qui avait fait du Lot sa terre d’élection.