BRUXELLES : Patricia ROCHES met en lumière le viaduc de Gar…
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BRUXELLES : Patricia ROCHES met en lumière le viaduc de Garabit au colloque EUROBRIDGE 2025
Le 11 avril 2025, la 4ᵉ édition du colloque EUROBRIDGE s’est tenue à l’hôtel Plaza de Bruxelles, réunissant experts et passionnés autour des enjeux de sécurité et de maintenance des ponts en Europe.
À cette occasion, Patricia Rochès, présidente de l’association des Amis du Viaduc de Garabit, a illustré, à travers cet ouvrage emblématique, comment valoriser un patrimoine à la fois historique et technique. Symbole de l’audace industrielle du XIXᵉ siècle, le viaduc de Garabit est aujourd’hui un pilier économique pour son territoire, dynamisant l’activité locale et contribuant au rayonnement de la région.
Patricia Rochès a ainsi rappelé le rôle pionnier du viaduc dans l’histoire des infrastructures ferroviaires françaises, soulignant que sa préservation et sa valorisation contribuent à nourrir une réflexion plus globale sur la durabilité des ouvrages d’art.
Retrouvez des photos de l’intervention de Patricia Rochès ici
Ouvrir le dialogue sur l’avenir des infrastructures pour lier patrimoine historique et culturel et enjeux contemporains
Si le colloque se concentre sur des thématiques opérationnelles clés telles que les méthodes de diagnostic, l’impact carbone des travaux de conservation et la formation aux métiers spécialisés, il est aussi un rendez-vous incontournable pour les passionnés et spécialistes des grands ouvrages. Dans le cadre des tables rondes — réunissant ingénieurs, gestionnaires d’infrastructures et décideurs venus du monde entier —l’intervention de Patricia Rochès, soutenue par la présence du nouveau trésorier d’AMIGA, Patrick Blondelle, a permis d’illustrer l’importance d’intégrer la dimension culturelle et historique dans les stratégies de maintenance. Seule historienne parmi les ingénieurs, elle a souligné les enseignements techniques et esthétiques que l’on peut tirer de ce monument classé, aujourd’hui intégré à un site touristique majeur, véritable source d’inspiration pour la réhabilitation des structures contemporaines.
L’entretien d’un parc national vieillissant de ponts et d’ouvrages d’art en général s’impose, dans les années à venir, comme un défi de taille : les coûts explosent en effet lorsque l’on fait du curatif au détriment du préventif. C’est d’ailleurs ce que démontre le rapport du STRRES, Réparateurs d’ouvrages d’art, Syndicat professionnel affilié à la Fédération Nationale des Travaux Publics, cité à plusieurs reprises lors des interventions des spécialistes durant ce colloque. Le cabinet indépendant Citizing, mandaté pour cette étude, a analysé 10 ponts de tailles, de techniques et de géographies différentes, qui ont récemment fait l’objet de travaux, pour chiffrer le coût de l’inaction, évaluant les incidences du report de travaux de ces infrastructures. Le rapport explique que « reporter les travaux, c’est en moyenne 3 fois plus cher en termes budgétaires et 6 fois plus cher au plan socio-environnemental. Au global à 10 ans, il est donc 9 fois plus coûteux de ne pas faire les travaux plutôt que de les réaliser, malgré des montants de travaux qui peuvent de prime abord rebuter certains décideurs publics court-termistes.»
Quels enjeux pour l’association des Amis du Viaduc de Garabit ?
L’association entend rester mobilisée, alors que deux investissements centraux restent à réaliser dans les mois à venir.
· Les 60 km reliant SaintChély à Campagnac, dont certains tronçons sont encore équipés de rails « double champignon », nécessitent un RVB (Renouvellement Voie et Ballast) rapide, un chantier qui représenterait un investissement conséquent.
· Quant aux travaux du viaduc, la somme de 50 M€, en 2 tranches de 25 M€, a été annoncée par JeanLuc Gibelin, Vice-Président de la Région Occitanie en charge des transports, lors de l’Assemblée Générale d’AMIGA. Cette remise en peinture est indispensable à la préservation de sa structure métallique en fer puddlé. Pour appuyer cette démarche auprès des autorités et élus, Patricia Rochès poursuit sa mission de sensibilisation, notamment auprès des sénateurs, pour évoquer les sujets devenus urgents autour de la protection et de l’entretien du viaduc de Garabit.
Le 28 mars 2025, les ministres de l’Economie et du Tourisme ont émis une circulaire, visant à mobiliser les préfets afin de valoriser le patrimoine bâti historique français présentant un fort potentiel touristique et de faciliter l’investissement dans ces projets. « Les préfets sont invités à affiner le recensement de biens patrimoniaux, sélectionnés par le gouvernement, qui nécessitent des travaux de réhabilitation ou d’adaptation ; et à accompagner localement les investisseurs intéressés, y compris en termes de simplification des démarches administratives », précise le Journal Officiel. Le viaduc de Garabit sera signalé dans ce rapport.
Un écho au Train de la Colère
Dans le contexte du mouvement du « Train de la Colère », il est essentiel de rappeler que la mobilisation ne doit pas concerner seulement deux lignes nationales emblématiques, mais révèle un malaise bien plus profond quant à l’état du parc ferroviaire français. La ligne Paris-Clermont incarne la dégradation continue des infrastructures et du matériel roulant, avec des retards récurrents, des suppressions de trains, des pannes de locomotives et un sous-investissement chronique depuis des décennies. Ce constat, largement partagé par les usagers et les élus, met en lumière une fracture territoriale grandissante : alors que ces axes desservent près de 10 millions d’habitants, ils ne bénéficient pas de la même attention ni des mêmes investissements que d’autres régions, pourtant tout aussi stratégiques pour l’aménagement du territoire et la vitalité économique.
Patricia Rochès, présidente d’AMIGA, déplore que la ligne Clermont-Béziers, axe majeur du réseau ferroviaire national, ne soit pas traitée de la même façon que la ligne Paris-Clermont. « Ce tronçon irrigue tout le massif central, principalement des territoires ruraux, qui méritent tout autant de bénéficier d’une possibilité de mobilité par les transports en commun. Frederic Aguilera, vice-président en charge des transports de la Région Auvergne-Rhône-Alpes oublie totalement la partie sud de la ligne qui pourtant traverse les départements du Puy de Dôme à Issoire, de la Haute-Loire à Arvant et du Cantal à Saint-Flour. Si le national nous oublie, il est pire encore de constater que même le régional nous oublie ! » Elle s’interroge : « Faut-il que les habitants de notre région se considèrent comme des citoyens de troisième ou quatrième zone ? » Cette question, loin d’être rhétorique, traduit le sentiment d’abandon ressenti par de nombreux territoires du centre de la France, qui exigent d’être traités à égalité avec le reste du pays. Elle souligne également que les actions de l’association s’inscrivent pleinement dans les problématiques régionales, rappelant que la portion sud de la ligne –traversant les départements du Puy-de-Dôme, de la Haute-Loire et du Cantal– reste trop souvent absente des réflexions et des plans d’amélioration. La situation actuelle ne menace pas seulement la mobilité quotidienne, mais aussi l’attractivité, la santé économique et l’avenir même de ces territoires, alors que le train demeure un levier essentiel de transition écologique et de cohésion nationale.
Agenda des rencontres 2025
L’Association des Amis du Viaduc de Garabit est invitée à participer en qualité d’intervenant à plusieurs événements d’envergure :
· Du lundi 8 au dimanche 14 septembre 2025, au Colloque organisé par le Centre Culturel International de Cerisy (50), intitulé « Le Rail de Ville et le Rail des Champs : Attachement populaire, ambivalences contemporaines, urgence écologique ».
· Les 7 et 8 octobre 2025, l’Association prendra également part au Colloque Le Pont, qui se tiendra à Toulouse (31).


