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BOULOGNE-BILLANCOURT : Stéphanie Clément-Grandcourt : « La nature que nous aimons disparaît à un rythme alarmant »
La directrice de la Fondation pour la Nature et l’Homme, Stéphanie Clément-Grandcourt, lance un appel pour alerter sur l’érosion de la biodiversité.
« Vous revoyez-vous, enfant, faisant d’un jardin votre terrain de jeux et de découvertes ? ». C’est par cette question empreinte de nostalgie que Stéphanie Clément-Grandcourt, directrice générale de la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), entame son dernier appel à la mobilisation. Une manière de rappeler le lien intime et fondateur qui unit chacun à la nature, un lien aujourd’hui menacé par une dégradation environnementale sans précédent.
Dans une communication diffusée ce jour, elle dresse un portrait sombre de la situation en France, soulignant que ce ne sont pas seulement des souvenirs qui s’effacent, mais des écosystèmes entiers, essentiels à notre survie et à notre bien-être. « Cette nature que nous aimons tant disparaît à un rythme alarmant… Et avec elle : des paysages familiers, une incroyable diversité d’espèces animales et végétales, mais aussi notre bien-être, notre santé, l’avenir de nos enfants… », alerte Stéphanie Clément-Grandcourt.
Un constat chiffré et implacable
L’appel de la FNH s’appuie sur des données chocs qui illustrent l’ampleur des destructions. Chaque année, l’artificialisation des sols progresse de manière spectaculaire, avec 20 000 à 30 000 hectares bétonnés. Pour donner un ordre de grandeur, la fondation précise que cela représente « l’équivalent d’une ville comme Paris » qui disparaît sous le béton annuellement, sacrifiant terres agricoles et espaces naturels.
Les zones humides, écosystèmes vitaux, paient également un lourd tribut. Selon la FNH, la moitié d’entre elles ont déjà disparu du territoire français. Or, leur rôle est multiple et crucial : elles sont de véritables trésors de biodiversité, mais aussi un « rempart essentiel contre le réchauffement climatique ». Elles agissent comme des éponges naturelles, régulant les crues, et constituent de puissants puits de carbone.
Enfin, le bocage français, paysage emblématique, se désagrège à vue d’œil. Chaque année, 11 500 kilomètres de haies sont détruites. La fondation rappelle leur importance capitale, soulignant qu’elles « sont les habitats de nombreuses espèces indispensables aux cultures ». Véritables corridors écologiques, les haies abritent une faune auxiliaire précieuse, des pollinisateurs aux prédateurs naturels des ravageurs de cultures, contribuant ainsi directement à la résilience de notre agriculture.
Une menace pour l’avenir des générations futures
Au-delà de la perte écologique, la directrice générale de la FNH met l’accent sur les conséquences humaines et sociétales de cette érosion. La disparition de la nature affecte directement la qualité de vie, la santé publique et menace l’héritage transmis aux générations futures. L’objectif de cette mobilisation est clair : agir pour que la nature « ne devienne pas qu’un lointain souvenir pour nous, et une parfaite inconnue pour les générations futures ».
Face à l’urgence de la situation, la fondation appelle à une prise de conscience et à une action collective. « Il est encore temps d’agir, mais le temps presse », conclut Stéphanie Clément-Grandcourt. Elle invite les citoyens à s’engager pour inverser la tendance et préserver le patrimoine naturel commun.
La Fondation pour la Nature et l’Homme (https://www.fnh.org/), reconnue d’utilité publique, œuvre depuis de nombreuses années pour accélérer la transition écologique des sociétés. Son appel résonne comme un cri d’alarme pour que la protection de l’environnement devienne une priorité absolue.
