HYERES : Max BAUER : « La canicule qui frappe la France agi…
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HYERES : Max BAUER : « La canicule qui frappe la France agit comme un révélateur » !
Pour Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var : « Derrière l’urgence sanitaire, c’est un débat bien plus profond qui émerge, celui de notre rapport au travail à l’heure du dérèglement climatique ».
Et, dans ce débat, la gauche avance des réponses qui interrogent autant qu’elles divisent.
Max Bauer ajoute : « La proposition de la CGT d’instaurer une température maximale de travail, 28 degrés pour les métiers physiques, 30 pour les emplois sédentaires, s’inscrit dans une logique de protection légitime. Les risques pour la santé sont documentés, et personne ne conteste la nécessité d’adapter les conditions de travail aux fortes chaleurs. Mais faire de ces seuils un point de bascule automatique, au-delà duquel l’activité s’arrête, soulève une difficulté majeure : celle de la continuité économique.
Car une telle mesure, appliquée strictement, reviendrait à suspendre une partie de l’activité dès les premiers épisodes caniculaires. Or ces épisodes ne sont plus exceptionnels, ils deviennent structurels. La question n’est donc plus seulement sociale, elle est systémique, comment maintenir un pays en fonctionnement dans un climat qui change ?
La même interrogation vaut pour le « congé climatique » défendu par les écologistes. L’idée d’accorder quelques jours d’absence pour faire face à des événements extrêmes répond à une réalité tangible. Mais sa généralisation pose un problème d’équité et d’efficacité. Tous les travailleurs ne sont pas égaux face à ces dispositifs, et leur financement reste incertain.
En creux, ces propositions dessinent une évolution du rapport au travail. Moins central, plus conditionnel, davantage soumis aux aléas extérieurs. Une évolution compréhensible dans un monde plus instable, mais qui ne peut constituer à elle seule une réponse politique ».
À l’inverse, le recours à la climatisation, souvent critiqué, illustre une approche plus pragmatique. Elle n’est ni idéale ni sans conséquences environnementales. Mais elle offre une réponse immédiate, opérationnelle, accessible. La rejeter en bloc au nom de principes généraux revient à ignorer la réalité vécue par des millions de Français confrontés à des températures difficilement supportables, y compris la nuit.
« Le véritable enjeu est ailleurs, dans la capacité à articuler protection des travailleurs, continuité de l’activité et transition écologique. Cela suppose des investissements massifs dans l’isolation des bâtiments, l’adaptation des horaires, l’aménagement des villes, mais aussi une approche lucide des outils disponibles.
Opposer systématiquement solutions techniques et droits sociaux est une impasse. Mais multiplier les dispositifs sans en mesurer les effets concrets en est une autre. À mesure que le climat impose ses contraintes, le débat ne peut se réduire à une alternative entre travailler coûte que coûte ou s’arrêter dès que les conditions se dégradent.
À cela s’ajoute un angle mort persistant : celui de la croissance. Car derrière ces propositions, se dessine parfois, sans jamais être clairement assumée, une forme de résignation économique, où l’adaptation au climat servirait de justification à un ralentissement durable de l’activité. Or, comme le rappellent de nombreux économistes, la transition écologique elle-même suppose des ressources, donc de la croissance », reprend Max Bauer.
« Il ne s’agit pas de nier l’urgence climatique, mais de refuser qu’elle devienne le prétexte à un affaiblissement progressif de notre capacité à produire, innover et financer notre modèle social. Sans création de richesse, les ambitions environnementales resteront des intentions.
Il exige une ligne claire : protéger sans désorganiser, adapter sans renoncer. C’est à cette condition que la réponse politique pourra être à la hauteur d’un défi qui, lui, ne fera que s’intensifier », conclut Max Bauer, catholique pratiquant dans le Var.
Par Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var – Photo PRESSE AGENCE.
