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LONDRES : Commerce mondial – Les tensions tarifaires…

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LONDRES : Commerce mondial – Les tensions tarifaires américaines secouent les marchés des matières premières

Une nouvelle analyse de marché révèle l’impact des politiques douanières américaines sur de nombreux secteurs, créant une forte volatilité.

Le commerce mondial navigue en eaux troubles, sous l’influence directe des politiques douanières et des négociations menées par les États-Unis. D’après une récente analyse de la société Mintec, spécialisée dans les données de marché, une vague d’incertitude déferle sur de nombreux secteurs, des produits agricoles aux métaux industriels, remodelant les chaînes d’approvisionnement et les équilibres concurrentiels. Les entreprises sont contraintes de s’adapter à un environnement où les barrières tarifaires et les enquêtes réglementaires redéfinissent les règles du jeu.

L’agriculture sous haute pression

Le secteur agricole est en première ligne des tensions commerciales. Au Mexique, les producteurs de sucre font pression pour la levée des restrictions à l’importation américaines, menaçant de lancer une enquête antidumping contre le fructose américain si les pourparlers échouent. Parallèlement, les négociations bilatérales entre les États-Unis et le Mexique, qui se tiennent les 16 et 17 juin, pourraient entraîner le secteur de la volaille dans des discussions plus larges sur les déficits commerciaux et l’accès aux marchés.

Le Brésil est également au cœur des préoccupations. Si la plupart des cafés brésiliens ont été exclus d’une proposition de droits de douane de 25 %, le café instantané reste soumis à un tarif de 10 %, qui pourrait être porté à 25 % après les auditions de juillet. Le bœuf brésilien, bien qu’exclu de certaines mesures, fait face, comme celui d’Australie et de Nouvelle-Zélande, à un droit potentiel de 12,5 % lié aux questions de travail forcé. La situation du bétail américain est en outre compliquée par une épidémie de lucilie bouchère au Texas, qui accentue la pression sur une offre déjà limitée.

Enfin, l’agneau d’Australie et de Nouvelle-Zélande est déjà taxé à 10 %, avec une proposition de 12,5 % supplémentaires en cours d’examen. Les acteurs du marché ont jusqu’au 6 juillet pour soumettre leurs commentaires.

Enquêtes sur le travail forcé et nouvelles barrières

Une offensive majeure du Représentant américain au commerce (USTR) concerne la lutte contre le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette initiative se traduit par des propositions de nouveaux tarifs douaniers dits de la « Section 301 ». Plusieurs produits sont ciblés : les additifs pour l’alimentation animale (méthionine et phosphates), le cacao (le Canada étant l’un des pays visés par les propositions tarifaires), ainsi que la pâte de bois et de nombreuses qualités de papier et de carton. Les tarifs proposés s’élèvent à 10 % ou 12,5 %. Une audience publique sur ces mesures est prévue pour le 7 juillet, laissant les industries concernées dans l’expectative.

L’incertitude pèse sur les accords commerciaux

Les grands accords commerciaux régionaux sont également source d’inquiétude. L’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) devrait manquer sa date butoir de renouvellement fixée au 1er juillet. Si l’accord venait à expirer, le Canada et le Mexique bénéficieraient d’un sursis de six mois avant de faire face à de nouveaux tarifs. Les conséquences pourraient être majeures pour les exportations canadiennes de crabe, de homard et de saumon, ainsi que pour les crevettes et le thon mexicains. Les pourparlers entre les États-Unis et le Mexique se poursuivent cette semaine et reprendront le 20 juillet, tandis que les discussions avec le Canada n’ont pas encore débuté.

En Europe, l’activation provisoire de l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur continue d’attirer l’attention, augmentant les volumes d’échanges bilatéraux et redessinant les positions concurrentielles, alors que la production laitière de l’hémisphère Nord ralentit après le pic printanier.

Dynamiques contrastées pour les matériaux industriels

Tous les secteurs ne réagissent pas de la même manière. Le marché de l’aluminium semble s’adapter à la politique tarifaire américaine, avec une stabilisation des prix et une baisse de 0,3 % de la prime Midwest sur la semaine. En revanche, le secteur du plastique subit une forte pression sur ses coûts de production. La fermeture persistante du détroit d’Ormuz suscite des inquiétudes quant à l’approvisionnement en matières premières clés comme l’éthylène, faisant des coûts de production le principal moteur du marché.

L’ensemble des mises à jour du marché est détaillé dans le rapport complet de Mintec (https://www.mintecglobal.com), une société fournissant des données et des analyses sur les prix des matières premières.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).