LA LONDE LES MAURES : La passion du ciel et de l’engagement…
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LA LONDE LES MAURES : La passion du ciel et de l’engagement militaire de Prix Pierrat
Originaire des Vosges, Prix Pierrat partage son parcours inspirant, marqué par sa vocation de pilote à l’aéronavale depuis l’âge de 10 ans.
Bien que cela puisse sembler étonnant venant d’une région montagneuse, ses parents possédaient une maison à Hyères, à La Capte, où il passait ses vacances. C’est là qu’il a été sensibilisé au monde aéronautique, observant un pilote quitter son domicile chaque matin, revêtu de son uniforme.
SOUVENIRS, SOUVENIRS…
Les souvenirs d’enfance de ce passionné l’ont conduit à rencontrer un autre pilote emblématique de l’aviation française : René Fonck. Ce dernier, détenteur du record de victoires aériennes pendant la Première Guerre mondiale, accueillait chaque jeudi après-midi, à l’époque où Prix Pierrat était écolier à Nancy, des enfants du quartier pour leur raconter des histoires fascinantes sur ses exploits. C’est à travers ces rencontres que le jeune garçon a décidé de ne voir son avenir que dans un avion.
Un autre épisode le marque à l’âge de 10 ans. Un été à La Capte, il se rendait régulièrement chez le pilote et son père, un ancien de l’aéronavale. Un jour, il découvre son ami en larmes, lui annonçant la mort tragique de son fils, P’tit Guy, lors d’une mission d’entraînement. En rentrant au port, l’homme lui révèle également que René Fonck est décédé le même jour. Profondément touché, Prix, alors jeune garçon, s’est exclamé, « Je serai pilote dans l’aéronavale » !
PASSION
Malgré les attentes de son père, un industriel qui souhaitait qu’il prenne sa suite, il a choisi de suivre sa passion. Après avoir obtenu son baccalauréat, Prix Pierrat s’est engagé à 18 ans, sa mère signant pour lui, car il était mineur. Bien que son père ait coupé les ponts, il a poursuivi son rêve et a fini par se réconcilier avec lui plusieurs années plus tard. Il déclare avec fierté, « Je n’ai jamais travaillé de ma vie, j’ai assouvi une passion ».
Son parcours militaire a débuté à Nancy, suivi d’une formation à Hourtin et à Saint-Raphaël. À seulement 20 ans, il était pilote opérationnel, devenant commandant de bord à 22 ans, un exploit rare. En fin de carrière, il a enregistré 14 750 heures de vol, devenant le pilote militaire français ayant le plus grand nombre d’heures de vol, avec plus de 40 types d’avions pilotés, dont des hélicoptères, des avions Atlantic et Neptune…
SPORTIF DE HAUT NIVEAU
En parallèle de sa carrière aéronautique, Prix Pierrat a été un sportif de haut niveau, participant à deux reprises aux Jeux Olympiques, en athlétisme à Tokyo en 1964 et en hand-ball à Mexico en 1968. Cependant, confronté au choix entre le sport et son engagement militaire, il a opté pour le pilotage, tout en continuant à pratiquer le sport.
Pour lui, la vie de pilote est non seulement une passion, mais aussi une aventure humaine. Président des anciens de l’aéronautique navale, il souligne l’importance des liens tissés au sein de la communauté militaire, « Ce qui est essentiel, c’est cette entraide, ce soutien ». Dans la marine, il explique comment les détachements se forment, créant des amitiés solides entre des personnes qui, dans la vie civile, ne se seraient peut-être jamais rencontrées.
Son engagement l’a conduit à vivre des moments de tension, lors de missions au Tchad et en Mauritanie, des zones sensibles. Une anecdote marquante de sa carrière est le souvenir d’un vol qui aurait dû l’emporter avec son équipage le 11 novembre 1964. En raison de sa participation aux JO, il n’était pas présent dans l’avion qui s’est crashé en Crète, apprenant la nouvelle tragique par l’épouse d’un membre de l’équipage. Ce moment de culpabilité et de perte est resté gravé dans sa mémoire.
Aujourd’hui, cet homme, avec un parcours aussi riche que touchant, continue de partager sa passion pour l’aviation et son expérience de vie. Son histoire est un hommage à la détermination, à l’engagement et à l’amitié qui unissent les pilotes de l’aéronavale.
Photo Alain BLANCHOT.


