MARSEILLE : Édition – « Troisième nuit de Walpurgis »…
Partager :

MARSEILLE : Édition – « Troisième nuit de Walpurgis », l’analyse à chaud de la montée du nazisme par Karl Kraus
Les éditions Agone publient un texte majeur de Karl Kraus, analyse saisissante de l’installation du nazisme écrite en direct en 1933.
Les éditions Agone, basées à Marseille, viennent de publier un ouvrage historique et littéraire d’une rare intensité : *Troisième nuit de Walpurgis*<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsE8LKQcF39QYzv8mAarQL/294n1ZHLYAix> de l’écrivain et journaliste autrichien Karl Kraus. Rédigé entre mai et octobre 1933, au moment même où le nazisme consolidait son emprise sur l’Allemagne, ce texte constitue une analyse lucide et implacable de la catastrophe en cours. Il offre un témoignage direct sur l’installation de la barbarie dans les esprits, les corps et les institutions d’une nation.
Une chronique de la barbarie ordinaire
Loin d’être une rétrospective historique, *Troisième nuit de Walpurgis* est un diagnostic posé en temps réel. Karl Kraus y décortique avec une précision chirurgicale les mécanismes de la propagande, la brutalité du nouveau régime contre les Juifs et tous les opposants, mais aussi, et peut-être surtout, la passivité et le laisser-faire des élites. Il dénonce l’apathie de ceux qui, par leur position sociale, économique ou intellectuelle, avaient les moyens de résister mais ont choisi le silence ou la compromission. Son style incisif, martial, frappe dès les premières lignes, comme en témoigne cet extrait : « On voit depuis longtemps déjà que tout ce qu’on mijote et expose n’est pas très appétissant : rien que l’action et la volonté, le sang et la terre ; chaque slogan est une grenade à main, tous ces regards d’auteurs qui ressemblent à leurs lecteurs, visages tous pareils, autant de succès de librairie. Entreprise d’une bureaumantocratie livrant des guerres de libération pour mieux asservir ».
La faillite des intellectuels
L’une des forces de l’analyse de Kraus est de convoquer la littérature et la philosophie pour débusquer les responsabilités. Il fustige une intelligentsia qui, par opportunisme, lâcheté ou fascination pour la force, a accepté de sacrifier la pensée critique sur l’autel de la propagande nazie. Il met en lumière comment certains « hommes de plume » sont devenus les complices des « hommes de main », préparant activement le terrain à « l’ensevelissement de l’humanité ». Cette dimension est soulignée dans la préface de l’historien Johann Chapoutot, spécialiste reconnu du nazisme, intitulée « Un tableau à l’eau-forte de l’Allemagne en 1933 »<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFxgBEJoTX7E2ASJSVoGb/2G8xZIewzD-3>. La traduction de l’ouvrage a été confiée à Pierre Deshusses.
Karl Kraus, une conscience viennoise
Écrivain et journaliste viennois, Karl Kraus<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsEag2d2dPFLjFyy9zZb8P/b4-c3MHB6heg> (1874-1936) a consacré sa vie à une critique intransigeante de la corruption de la langue, qu’il considérait comme le symptôme premier de la déliquescence morale et politique de son temps. Polémiste redouté et maître de l’aphorisme, il est également l’auteur d’une œuvre théâtrale monumentale, *Les Derniers Jours de l’humanité*<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsF30kpT1lLGtW2nXoYKqT/Q5BGVtruFcvF>, réquisitoire implacable contre la Première Guerre mondiale. Avec la parution de *Troisième nuit de Walpurgis*, les lecteurs francophones peuvent (re)découvrir une voix essentielle, dont la clairvoyance résonne encore puissamment aujourd’hui. L’ouvrage de 460 pages est disponible dans la collection “Banc d’essais”<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/1t6Af4OiGsFVLT1tQ7RC3m6cvdX4YX/jwP7RAfrCrbT> au prix de 25 euros (ISBN : 9782748906240).
Rencontres à venir
En marge de ses publications, la maison d’édition Agone<https://9v741.r.sp1-brevo.net/mk/cl/f/sh/7nVU1aA2ng7flkm6kHoLPxRLPNrfvE5/YIoDg3cunP9w> propose également plusieurs rencontres et débats dans les semaines à venir.
Parmi les prochains rendez-vous :
– Paris :
Nicolas Chevassus-au-Louis pour une conférence sur « La science face à l’urgence climatique », le 26 mai à 18h30 à l’École Normale Supérieure.
– Labruguière (Tarn) :
Ciné-rencontre avec Thierry Discepolo autour du film « Orwell, deux plus deux égale cinq », le 27 mai à 20h00 au Centre Culturel Le Rond Point.
– Strasbourg :
Sybila Guéneau discutera de « Roman noir et luttes sociales », le 29 mai à 18h30 à la librairie-café La Tache Noire.
– Marseille :
Rencontre-débat avec Florian Gulli et Léo Purguete sur « Les classes sociales à l’épreuve du tournant culturel », le 29 mai à 18h00, 17 Cours Honoré d’Estienne d’Orves.
– Gif-sur-Yvette (Essonne) :
Nicolas Chevassus-au-Louis pour une nouvelle conférence sur « La science face à l’urgence climatique », le 3 juin à 11h00 à l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule (I2BC).
