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NICE : Mobilité – Forte mobilisation pour sauver le mini-tunnel cyclable du Congrès

L’association Nice à Vélo se mobilise pour le maintien du tunnel cyclable du Congrès, menacé de fermeture, et a déjà recueilli 5000 signatures.

La défense des infrastructures dédiées aux mobilités douces connaît un nouveau temps fort à Nice. Depuis le 18 avril, l’association Nice à Vélo mène une campagne active pour préserver le mini-tunnel cyclable de la rue du Congrès, un axe jugé essentiel par de nombreux usagers. Face à la menace de voir cet aménagement disparaître, la réponse citoyenne a été immédiate et massive, illustrant une demande croissante pour une ville plus apaisée et sécurisée.

Une mobilisation citoyenne en plein essor

En moins de trois semaines, la pétition lancée par l’association a franchi le cap symbolique des 5 000 signatures, témoignant de l’attachement des Niçois à cette infrastructure. « La mobilisation rencontre un grand succès et le dialogue s’installe avec de nombreux acteurs de la mobilité au niveau national, sensibilisés par la menace de ce recul », se félicite l’organisation. La pétition est accessible en ligne à l’adresse suivante : www.niceavelo.org/tunnel.

Pour donner un visage à ce soutien populaire, de nombreux témoignages vidéo ont été recueillis auprès des usagers quotidiens du tunnel. Actifs se rendant au travail, retraités, parents accompagnant leurs enfants : la diversité des profils met en lumière le rôle crucial de cet aménagement dans la vie de la cité. Ces courtes vidéos sont diffusées sur le compte Instagram de l’association (https://www.instagram.com/nice.a.velo), offrant une vitrine humaine et concrète à la mobilisation. Fondée en 2019, Nice à Vélo (https://www.niceavelo.org/) est une association indépendante qui œuvre pour faire de la Métropole Nice Côte d’Azur un territoire où le vélo est un mode de déplacement « normal, sûr et pratique ».

Les modes actifs, parents pauvres des statistiques

Cette initiative locale s’inscrit dans un débat national plus large sur la place réelle des modes actifs dans les politiques d’aménagement. Un récent rapport de l’association Rue de l’Avenir, dont Nice à Vélo est le référent local, met en évidence la sous-évaluation systématique de la marche et, par extension, du vélo. Intitulé « Les enjeux socioéconomiques de la marche », ce document de décembre 2025, rédigé par Anne Faure et Frédéric Héran, critique une approche statistique datant des années 1970, à l’époque du « tout automobile ».

Les enquêtes traditionnelles ne comptabilisent généralement que la « marche exclusive » (trajets entièrement faits à pied), occultant la marche intermodale (pour rejoindre un transport en commun), celle effectuée dans les espaces privés ouverts au public, ou encore celle liée aux loisirs. Cette vision tronquée minimise l’importance de ces modes et justifie des politiques accordant une place démesurée à la voiture.

Repenser la ville autour du piéton et du cycliste

En changeant de perspective, le constat est radicalement différent. Une étude de l’Ademe publiée en 2025, citée dans le rapport, révèle que les Français passent en moyenne 1 heure et 12 minutes à pied chaque jour, soit bien plus de temps qu’en voiture. La marche y est décrite comme la « cellule souche de la mobilité », le socle de tous nos déplacements. Cette réalité statistique vient conforter la légitimité des revendications pour des espaces publics plus équilibrés.

Le rapport de Rue de l’Avenir souligne les nombreux bénéfices socioéconomiques liés à la promotion des modes actifs. Favoriser la marche et le vélo a un impact direct sur la vitalité commerciale des centres-villes, améliore la santé publique, réduit les nuisances sonores et atmosphériques et contribue à la création de lien social. En définitive, la mobilisation pour le tunnel du Congrès à Nice apparaît moins comme un combat isolé que comme le symbole d’une aspiration profonde à transformer la ville, pour la rendre plus vivante, plus saine et plus humaine.