PARIS : Santé – L’inquiétante hausse du dopage…
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PARIS : Santé – L’inquiétante hausse du dopage étudiant avant les examens
Une nouvelle étude révèle que 38 % des jeunes utilisent des stimulants avant les examens, une tendance alarmante qui inquiète les professionnels de santé.
À l’approche des périodes d’examens, la pression monte chez les étudiants et, avec elle, une pratique de plus en plus préoccupante : le recours à des substances psychostimulantes pour améliorer les performances intellectuelles. Une nouvelle étude, menée par l’entreprise de soutien scolaire « Les Sherpas » et dévoilée en exclusivité par RMC ce mardi, jette une lumière crue sur ce phénomène. Selon ses résultats, 38 % des jeunes âgés de 14 à 20 ans déclarent consommer des produits stimulants pour se préparer.
Si le café (17,9 %) et les vitamines (14,9 %) restent les plus courants, 11 % des sondés se tournent vers des boissons énergétiques et près de 4 % avouent consommer des médicaments. Cette quête de performance, alimentée par les réseaux sociaux comme TikTok où les conseils d’usage et les offres de revente prolifèrent, expose la jeunesse à des risques sanitaires souvent sous-estimés. Face à cette tendance, le laboratoire français ImmuBio tire la sonnette d’alarme et appelle à une meilleure information.
Un témoignage révélateur
La course à la performance pousse de nombreux jeunes à mettre en place des rituels à risque, comme l’illustre le cas de Valentin, étudiant. « Je révise souvent à la dernière minute. Ça m’oblige donc souvent à me coucher tard. Donc je suis obligé de prendre du café le matin. Ça me maintient plus éveillé », confie-t-il. Il ajoute : « Ça m’arrive aussi parfois de prendre des boissons énergisantes. On réfléchit plus vite, je trouve et la mémoire est plus vive ». Une autre étudiante en master évoque même la consommation d’alcool le soir pour « réguler le stress » et « oublier nos problèmes pendant quelques heures », avant le difficile retour à la réalité le lendemain matin.
L’usage détourné de la Ritaline, un miroir aux alouettes
Parmi les pratiques les plus dangereuses figure le détournement de médicaments psychostimulants, notamment la Ritaline, initialement prescrite pour le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). La promesse d’une concentration accrue et d’une capacité de travail augmentée séduit, mais les spécialistes alertent sur l’illusion d’une telle solution.
« Il n’y a pas d’effet magique. Ce n’est pas un médicament qui rend plus intelligent », prévient Sébastien Weibel, professeur de psychiatrie à Strasbourg et spécialiste du TDAH. Il explique que si la substance focalise l’attention, elle peut s’avérer contre-productive chez une personne saine. « C’est comme si on montait un thermostat dans une pièce déjà chaude. Ça n’a pas beaucoup d’utilité, au contraire, ça a plutôt des effets négatifs », illustre-t-il, soulignant qu’une attention trop focalisée fait perdre en flexibilité et n’augmente pas réellement les performances mentales globales. L’étude complète est disponible sur le site de RMC (https://rmc.bfmtv.com/actualites/societe/education/il-n-y-a-pas-d-effet-magique-pour-gagner-en-concentration-des-etudiants-se-tournent-vers-la-ritaline_AV-202605050244.html).
Des risques réels pour la santé
Au-delà de l’inefficacité, la prise de ces médicaments hors prescription médicale n’est pas sans danger. L’addictologue Nicolas Thiercelin liste les effets secondaires potentiels : « des palpitations, des troubles du rythme cardiaque, des crises d’angoisse et puis une forme de descente, un crash émotionnel et une humeur très dépressive à l’arrêt du traitement ». Ces conséquences peuvent mener à une véritable dépendance.
Compléments alimentaires : entre soutien et marketing
Face aux dangers des médicaments, de nombreux étudiants se rabattent sur le marché des compléments alimentaires. Magnésium, oméga-3, vitamines B, rhodiola ou encore ashwagandha promettent concentration et énergie. Une enquête de 2024 révélait que 61 % des Français en avaient consommé au cours des deux dernières années.
Cependant, tous les produits ne se valent pas. Le laboratoire ImmuBio, spécialiste des probiotiques, met en garde contre les promesses marketing parfois trompeuses. « Il est essentiel de rappeler qu’un complément alimentaire n’est pas un produit anodin, et que l’usage hors cadre médical d’un médicament psychostimulant soumis à prescription expose à des risques bien réels », souligne Maureen Paulius, docteure en Pharmacie au sein du laboratoire. « Le rôle de la science est précisément d’aider à faire la différence entre un soutien nutritionnel pertinent, encadré et raisonné, et des promesses de performance qui peuvent conduire à des usages inadaptés, voire dangereux ».
Le laboratoire ImmuBio (https://www.immubio.fr/), créé en 2016, se spécialise dans les probiotiques et développe des solutions pour le confort digestif, l’immunité ou encore l’énergie, en s’appuyant sur des bases scientifiques pour mieux informer les consommateurs et les professionnels de santé.


