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PARIS : Métiers d’art – Huit nouveaux binômes pour préserver les savoir-faire d’exception

L’Institut pour les Savoir-Faire Français a annoncé les huit binômes de sa promotion 2026-2028, assurant la transmission de savoir-faire rares.

L’Institut pour les Savoir-Faire Français a dévoilé, lors d’une cérémonie le 23 avril dernier, la seizième promotion du programme « Maîtres d’art – Élèves ». Huit binômes, composés de professionnels chevronnés et de successeurs engagés, ont été sélectionnés pour assurer la transmission de savoir-faire rares et précieux, essentiels au patrimoine culturel et économique français. Ce dispositif, unique en Europe et piloté par l’Institut sous l’égide du ministère de la Culture, vise à sauvegarder des techniques menacées de disparition.

« Transmettre, c’est à la fois préserver et faire vivre », a souligné Catherine Pégard, ministre de la Culture, dans son éditorial. « Participer à la transmission des métiers d’art, c’est permettre à une nouvelle génération de s’approprier ces gestes nobles et rares, d’en comprendre l’histoire, d’en prolonger l’exigence par l’invention des formes qu’ils prendront demain ».

Un dispositif d’excellence pour des métiers menacés

Créé en 1994 sur le modèle des « Trésors Nationaux Vivants » japonais, le titre de Maître d’art est la plus haute distinction de l’État pour un artisan d’art. Il ne s’agit pas d’une simple reconnaissance, mais d’une mission : celle de transmettre ses compétences à un Élève pendant deux ans. Depuis sa création, le programme a permis de soutenir 149 Maîtres d’art et 155 Élèves, couvrant 105 spécialités différentes, dont 53 savoir-faire considérés comme rares.

« Accompagner l’émergence d’une nouvelle promotion du programme Maîtres d’Art – Élèves est l’une des missions les plus nobles de l’Institut », explique Luc Lesénécal, président de l’Institut pour les Savoir-Faire Français. Il rappelle que ce programme est « unique au monde par la place qu’il accorde à la transmission au long cours et par les moyens mobilisés pour la soutenir ».

La promotion 2026-2028 : un florilège de talents

La nouvelle promotion illustre la diversité et la richesse des métiers d’art sur le territoire national, avec des spécialités parfois méconnues du grand public mais stratégiques pour des filières d’excellence. Les huit binômes sélectionnés sont :

Stuc : Richard Auroux, stucateur marbre et pierre, et son élève Ludovic Brun (Île-de-France).

Archèterie : Emmanuel Carlier, archetier moderne, et son élève Lydia Golde (Île-de-France).

Taillanderie : Martin Claudel, taillandier (Bretagne), et son élève Caroline Hasne (Normandie).

Photographie technicienne : Thomas Consani, tireur à l’agrandisseur noir et blanc, et son élève Alexandre Dias Lopes (Île-de-France).

Facture d’instruments à vent historiques : Henri Gohin et son élève Jules Leroy Terquem (Île-de-France).

Tissage à bras velours de soie : Olivier Joannen et son élève Pauline Desmullier (Hauts-de-France).

Facture d’instruments à cordes frottées : Antoine Lescombe et son élève Nolwenn Lefevre (Normandie).

Marbrure sur papier : Marianne Peter et son élève Paloma Errecaborde (Nouvelle-Aquitaine).

Un accompagnement structuré sur deux ans

Le programme offre un cadre rigoureux pour garantir une transmission efficace. Chaque Maître d’art reçoit une allocation pour libérer du temps et se consacrer à la formation de son Élève. Ce dernier bénéficie également d’une aide financière pour développer son projet professionnel, que ce soit pour l’acquisition d’outils, le financement de formations complémentaires ou le soutien à la création d’entreprise.

L’Institut pour les Savoir-Faire Français assure le pilotage du dispositif : de l’organisation de la sélection à l’accompagnement pédagogique des binômes, en passant par la valorisation de leurs actions.

Un enjeu culturel et économique stratégique

La préservation de ces savoir-faire rares dépasse le simple cadre patrimonial. Ces métiers constituent des maillons essentiels de filières d’excellence françaises, de la haute couture à la restauration de monuments historiques, comme l’a illustré la reconstruction de la charpente de Notre-Dame de Paris grâce à des techniques médiévales. Ils participent au rayonnement international de la France et représentent des leviers d’innovation, en apportant des réponses durables et écoresponsables aux enjeux contemporains.

Le dossier de presse complet est disponible en ligne (http://ftp.inma-web.org/Maitre_dart/2026/DP_MAE_2026.pdf). L’Institut pour les Savoir-Faire Français, association reconnue d’utilité publique, propose de plus amples informations sur son site internet (https://www.institut-savoirfaire.fr/).