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PARIS : Catherine Pégard : « Ces savoir-faire d’exception ont toute leur place dans l’avenir »

Le ministère de la Culture a annoncé la nouvelle promotion de huit binômes Maîtres d’art–Élèves, un dispositif clé pour transmettre les savoir-faire rares.

La cérémonie des Maîtres d’art – Élèves s’est tenue le jeudi 23 avril 2026 à Paris, en présence de la ministre de la Culture, Catherine Pégard. Cet événement a officialisé la clôture de la session 2022 et a surtout dévoilé la promotion 2026-2028, composée de huit nouveaux binômes. Ce programme, unique en Europe, vise à assurer la pérennité de métiers d’art rares, essentiels au patrimoine vivant français.

Un enjeu de patrimoine et de souveraineté

Inspiré du modèle japonais des « Trésors Nationaux Vivants », le titre de Maître d’art a été créé en 1994 par le ministère de la Culture pour distinguer des professionnels d’exception et leur confier une mission officielle de transmission. L’enjeu est de taille : sauvegarder des gestes et des techniques parfois détenus par une poignée d’artisans, dont la disparition représenterait une perte irréparable.

« Dans le silence attentif des ateliers, là où la patience et la maîtrise forment la matière, se trouve une part essentielle de notre héritage commun. […] Ces savoir-faire d’exception ont toute leur place dans l’avenir de notre pays », a affirmé Catherine Pégard, ministre de la Culture. Au-delà de l’aspect culturel, ces métiers représentent une force économique et territoriale, participant à l’attractivité des régions et au rayonnement international de la France.

Un pilotage exigeant pour une transmission d’excellence

Depuis 2012, l’Institut pour les Savoir-Faire Français (anciennement INMA) est chargé de la mise en œuvre du programme. Il assure la promotion du dispositif, l’organisation rigoureuse de la sélection et l’accompagnement des binômes. Le processus est hautement sélectif, avec plus d’une cinquantaine de candidatures examinées pour seulement huit places cette année.

« Au cœur de notre raison d’être se trouve la transmission : ce lien rare, intergénérationnel, qui se tisse entre un maître et son élève », a souligné Luc Lesénécal, président de l’Institut pour les Savoir-Faire Français. Le dispositif offre un cadre structuré sur deux ans : le Maître d’art reçoit une allocation pour dédier du temps à la formation, tandis que l’Élève bénéficie d’une aide financière pour développer son projet professionnel (acquisition d’outillage, formations spécialisées, création d’entreprise).

La promotion 2026 : un florilège de talents

La nouvelle promotion témoigne de la richesse et de la diversité des métiers d’art sur le territoire, avec huit spécialités représentées, dont six inédites au sein du programme. Les binômes sélectionnés couvrent quatre grands domaines : l’ameublement, le patrimoine bâti, la culture et la mode.

Parmi les lauréats, on retrouve :

Richard Auroux (Stucateur marbre et pierre, Île-de-France) et son élève Ludovic Brun.

Emmanuel Carlier (Archetier moderne, Île-de-France) et son élève Lydia Golde.

Martin Claudel (Taillandier, Bretagne) et son élève Caroline Hasne.

Thomas Consani (Tireur photographique à l’agrandisseur, Île-de-France) et son élève Alexandre Dias Lopes.

Henri Gohin (Facteur d’instruments à vent historiques, Île-de-France) et son élève Jules Leroy Terquem.

Olivier Joannen (Tisseur à bras de velours de soie, Hauts-de-France) et son élève Pauline Desmullier.

Antoine Lescombe (Facteur d’instruments à cordes frottées, Normandie) et son élève Nolwenn Lefevre.

Marianne Peter (Marbreuse sur papier, Nouvelle-Aquitaine) et son élève Paloma Errecaborde.

Ces savoir-faire, parfois méconnus, sont des maillons stratégiques de filières d’excellence, de la fabrication d’archets pour musiciens internationaux à la restauration d’outils pour les chantiers de patrimoine.

Un dispositif qui se réinvente

Le programme, qui a célébré ses 30 ans en 2024, a récemment évolué pour mieux répondre aux enjeux contemporains. La durée d’accompagnement a été ramenée à deux ans pour une meilleure lisibilité, les procédures de candidature ont été simplifiées et la collaboration avec les acteurs régionaux a été renforcée pour identifier les talents sur tout le territoire.

En parallèle, l’Institut pour les Savoir-Faire Français mène des initiatives complémentaires, comme le projet Per Durare (https://www.institut-savoirfaire.fr/per-durare), une plateforme collaborative de documentation visant à conserver la mémoire de ces métiers rares.

Le dossier de presse complet présentant en détail chaque binôme est disponible via ce lien : http://ftp.inma-web.org/Maitre_dart/2026/DP_MAE_2026.pdf