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PARIS : Qualité de vie au travail – La CFDT signe un…

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PARIS : Qualité de vie au travail – La CFDT signe un accord majeur chez Orange

Face aux transformations d’Orange, la CFDT signe un accord sur la qualité de vie au travail pour mieux encadrer les risques psychosociaux.

La F3C CFDT annonce ce mercredi avoir signé un accord d’entreprise portant sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) pour l’ensemble des salariés du groupe Orange en France. Cet accord intervient dans un contexte de transformations profondes, tant sur les plans organisationnels et technologiques que managériaux. Pour le syndicat, ce texte constitue un cadre structurant essentiel pour prévenir les risques professionnels et accompagner les salariés face aux mutations en cours.

L’un des objectifs de cet accord est d’harmoniser le référentiel QVCT à l’échelle de tout le groupe, y compris au sein des filiales les plus récemment intégrées. La CFDT insiste sur le fait que la qualité de vie au travail ne peut plus être considérée comme un sujet annexe, mais comme un enjeu central pour la santé des employés et un levier de performance durable pour l’entreprise.

Le texte de l’accord le stipule d’ailleurs en affirmant que la QVCT constitue « un pilier fondamental de la politique sociale et un levier essentiel de performance durable ».

Prévention renforcée des risques psychosociaux

L’un des apports majeurs de cet accord, selon la CFDT, est la prise en compte plus systémique des risques psychosociaux (RPS), notamment ceux liés à la charge de travail et aux réorganisations. Pour y parvenir, le texte prévoit une évaluation et une régulation de la charge de travail à plusieurs niveaux : au quotidien par les managers de proximité, entre les différents échelons hiérarchiques, et de manière anticipée dans le cadre des projets de réorganisation.

Cette démarche s’appuie sur un dialogue régulier autour du travail réel, la prise en compte des absences, des pics d’activité ou des difficultés liées aux outils informatiques. L’objectif est d’identifier au plus tôt les situations de surcharge pour éviter leur dégradation. Le syndicat estime que ces dispositions sont cruciales dans la prévention du risque suicidaire, en agissant en amont des situations critiques. L’accord renforce également les dispositifs d’accompagnement post-événement, en complément des lignes d’écoute et du soutien psychologique existants.

Lutter contre la désinsertion professionnelle

La CFDT souligne avoir obtenu des avancées significatives sur la prévention de la désinsertion professionnelle. L’accord met en place des mesures pour agir en amont, mieux repérer les situations de fragilité et former les managers ainsi que les équipes des ressources humaines. Des « rendez-vous de liaison » et un accompagnement renforcé sont prévus pour les salariés revenant d’une longue absence (maladie, accident, etc.). Ces dispositions visent à empêcher que des employés fragilisés se retrouvent durablement éloignés de leur emploi.

L’intelligence artificielle, un enjeu pour les conditions de travail

Pour la première fois de manière explicite, l’accord intègre les impacts de l’intelligence artificielle (IA) sur les conditions de travail. La CFDT considère qu’il est indispensable que les projets d’IA soient analysés non seulement sous l’angle de la performance économique, mais aussi au regard de leurs conséquences sur les compétences, la charge de travail et le sens du travail. Le texte impose des exigences de transparence et d’explicabilité des outils d’IA, et prévoit l’information et la formation des salariés. Il reconnaît également le droit pour les représentants du personnel de signaler les difficultés liées à l’usage de ces nouvelles technologies.

Des dispositifs d’accompagnement plus protecteurs

L’accord consolide plusieurs dispositifs de soutien, notamment celui concernant le signalement des situations de harcèlement, de sexisme et de violences au travail (HSVT). Le nouveau système repose sur des principes d’impartialité, de confidentialité et de protection des victimes et des témoins. S’inspirant des recommandations du Défenseur des droits, il garantit que tout signalement, anonyme ou non, fera l’objet d’une action dans un délai de deux mois. Les investigations seront confiées à des personnes formées et extérieures à la situation.

Une efficacité mesurée par la parole des salariés

Enfin, la CFDT justifie sa signature par le fait que l’accord n’est pas une simple déclaration d’intention. Il inclut des outils de suivi, des indicateurs et des commissions dédiées. Surtout, son efficacité sera évaluée à travers les résultats de l’enquête « Conditions de Travail et Stress », qui recueille directement l’avis des salariés du groupe. Pour le syndicat, il s’agit d’une avancée majeure, car ce sont les employés eux-mêmes qui permettront de mesurer si les engagements pris se traduisent par une amélioration concrète de leur quotidien professionnel. La CFDT annonce qu’elle restera mobilisée pour suivre la mise en œuvre de cet accord.

via Press Agence.