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BANDOL : « La décarbonation maritime, un enjeu de souveraineté pour la France »
La décarbonation des transports maritimes en Méditerranée s’affirme comme une priorité nationale, englobant des enjeux environnementaux, économiques et de souveraineté.
La décarbonation des transports, et plus particulièrement du secteur maritime, est au cœur des préoccupations en France, et singulièrement dans la région méditerranéenne.
« Il faut essayer d’agir au niveau international dans le cadre de l’organisation mondiale internationale pour que tous les pays prennent leur part sur cette décarbonation des transports ».
La France, qui a pris un certain nombre d’engagements, notamment au travers du sommet de l’UNOC qui s’est tenu à Nice il y a quelques temps, doit désormais les respecter et montrer l’exemple. Cet effort ne doit pas se limiter à l’État, mais doit également inclure les compagnies privées.
Un engagement européen et des objectifs clairs
L’État français s’est engagé, au niveau européen, à atteindre « zéro émission » avant 2050.
Cet objectif est un symbole fort : « L’État a pris des engagements au niveau de la décarbonation au niveau européen avant 2050 pour être à zéro émission ».
Les avancées sont rapides, grâce aux efforts conjoints des chargeurs, des armateurs et de l’État qui les accompagne. De nombreuses filières, souvent novatrices et notamment françaises, investissent massivement dans cette direction. Il existe également un écosystème européen à la pointe, qu’il convient d’accompagner pour favoriser son développement, tout en respectant l’environnement et en tenant les engagements internationaux.
Des projets concrets pour une Méditerranée propre
L’électrification est un axe majeur de cette stratégie de décarbonation. Un appel à projets a été lancé, mobilisant 60 millions d’euros pour ce que l’on nomme les « ETS » (Electric Transport Systems). Ces fonds de l’État visent à financer des projets privés contribuant à décarboner le transport maritime. La filière Vélique est particulièrement citée comme un exemple d’innovation dans ce domaine.
Il rappelle les réalisations déjà effectuées et celles à venir : « Je vous l’ai dit, nous l’avons fait sur le port de Marseille, nous l’avons fait avec le Président Muselier, avec le président du département sur le port de Toulon, nous allons le faire sur le port de Nice ».
La Région a fortement soutenu cette démarche d’électrification, la mettant en œuvre progressivement mais sûrement.
Un triple enjeu : environnemental, économique et géopolitique
Au-delà de l’impératif environnemental, la décarbonation du transport maritime est perçue comme un enjeu économique et de souveraineté nationale.
« On a un enjeu aujourd’hui qui est un enjeu bien sûr environnemental mais qui est devenu un enjeu économique par rapport à la crise qu’on connaît et un enjeu de souveraineté ».
La question de l’indépendance énergétique est cruciale.
« Qui ne veut pas être souverain ? Qui ne souhaite pas ne pas être dépendant d’énergie fossile, d’énergie fossile de pays qui sont bien souvent pas nos alliés ? C’est le moins qu’on puisse dire ou qu’ils l’ont été qu’ils ne le sont plus. Donc la question de l’indépendance est un vrai sujet. »
Cette dépendance est rendue d’autant plus sensible par les tensions géopolitiques, comme en témoignent les blocages d’intérêts d’armateurs (dont certains sous pavillon français) dans le Détroit d’Ormuz. Ces crises renforcent la nécessité d’une souveraineté et d’une indépendance énergétique, passant par une diversification des sources d’approvisionnement.
Protéger la richesse touristique de la région
La Méditerranée est un trésor, et sa préservation est essentielle, notamment pour le tourisme.
Il met en garde contre les dérives du surtourisme, tout en réaffirmant l’attractivité exceptionnelle de la région : « On parle beaucoup dans notre région de la question notamment du surtourisme. Je pense qu’on a un endroit magnifique que le monde entier veut connaître, à nous d’organiser les choses pour que ça se fasse pas au détriment de ce qui est quelque part notre plus grande richesse. Vous n’avez qu’à ouvrir les yeux aujourd’hui et vous dire qu’on est probablement dans un des plus beaux endroits au monde à nous de savoir le protéger ».
L’accompagnement des armateurs dans cette transition est donc une demande forte des habitants et des acteurs du tourisme, pour garantir un développement durable de la Méditerranée.
Un héritage et une vision d’avenir
Cette démarche de décarbonation n’est pas nouvelle, comme en témoigne la figure de Paul Ricard, évoqué comme un précurseur : « Paul Ricard était très attaché à la décarbonation des transports. J’ai eu l’occasion de relire un petit peu hier soir et de parcourir ses mémoires, il était très précurseur en la matière ».
Le fait que cet héritage soit repris par la génération actuelle est perçu comme un « beau symbole », témoignant de la continuité de l’engagement en faveur d’une Méditerranée durable et indépendante. La France, en tant que puissance maritime, a un rôle moteur à jouer dans cette transition.
via Press Agence.

