COPENHAGUE : Clyde LEE : « Je ne suis pas son propriétaire…
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COPENHAGUE : Clyde LEE : « Je ne suis pas son propriétaire, mais le gardien de son histoire »
À Kongens Lyngby, près de Copenhague, la première médaille olympique a été remise à son acheteur venu de Singapour après une vente record.
Le souffle de l’histoire, la vibration d’un exploit figé dans le métal. C’est bien plus qu’un simple objet qui a changé de mains ce lundi au siège de la maison de vente Bruun Rasmussen. C’est une relique, un trésor du sport mondial : la toute première médaille olympique, forgée pour les Jeux d’Athènes en 1896. Après avoir déchaîné les passions en mars dernier et pulvérisé les estimations pour atteindre la somme vertigineuse de 900 000 couronnes danoises, ce symbole absolu de l’olympisme a enfin rencontré son nouveau gardien, l’entrepreneur singapourien Clyde Lee, qui a fait le voyage pour recevoir en personne ce morceau de légende.
Un « gardien de l’histoire » pour inspirer le futur
Loin d’être un simple collectionneur, Clyde Lee est un homme touché par la grâce du sport. Père de deux fils de 17 et 14 ans, tous deux escrimeurs de compétition, il sait le prix du sacrifice, la sueur et la discipline qu’exige le haut niveau. C’est avec une émotion palpable qu’il a partagé sa vision, transformant un achat en une mission.
« Quand j’ai vu cette médaille pour la première fois, j’ai immédiatement pensé à l’histoire qu’elle représente. Mes deux fils, qui pratiquent l’escrime à haut niveau, m’ont donné une compréhension profonde de ce qu’il faut pour performer au sommet. Aux premiers Jeux Olympiques de 1896, les voyages en avion n’existaient pas, ce qui rend le périple de cet athlète jusqu’en Grèce et sa participation d’autant plus remarquables », a-t-il expliqué.
« Je n’ai pas gagné cette médaille moi-même et je ne me considère donc pas comme son propriétaire, mais plutôt comme le gardien de l’histoire qu’elle incarne. C’est pourquoi il est si important pour moi d’être ici en personne pour la recevoir. Pour moi, cette médaille est une histoire à partager, une signification à transmettre. Elle reflète le dévouement immense qui a mené à l’exploit et l’instant où la victoire a été conquise. Mon souhait est de la présenter aux jeunes générations à Singapour. Elle ne restera certainement pas cachée dans une vitrine, mais sera exposée pour inspirer et rappeler à tous qu’il s’agit de la toute première médaille olympique du monde », a confié M. Lee lors de la remise.
Une épopée extraordinaire pour la maison de vente
L’effervescence était également palpable chez Bruun Rasmussen. Pour Christian Grundtvig, chef de département, cette vente restera gravée dans les mémoires. La bataille d’enchères internationale, qui a vu le prix de la médaille tripler son estimation initiale, n’était que le début d’une aventure humaine.
« Il est extrêmement rare que les acheteurs d’objets de ce calibre assistent à une remise en main propre comme celle-ci. Nous avons eu la chance d’accueillir M. Clyde Lee, qui a parcouru tout le chemin depuis Singapour. Sa visite au Danemark a donc été un événement vraiment remarquable que nous attendions avec impatience », a déclaré Christian Grundtvig. « Pour moi personnellement, ce fut un voyage passionnant. Du premier examen de la médaille à l’attention internationale considérable qu’elle a suscitée, en passant par un résultat d’enchères exceptionnel et enfin le plaisir de la remettre à un acheteur très heureux, tout a été vraiment extraordinaire ».
Athènes 1896 : à l’aube de l’olympisme moderne
Cette médaille nous transporte 130 ans en arrière, en avril 1896, sur le sol sacré d’Athènes. Les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne réunissaient alors 241 athlètes issus de 14 nations, rallumant une flamme éteinte depuis des siècles. Œuvre de l’artiste français Jules-Clément Chaplain, la médaille est une pure merveille. L’avers représente le dieu grec Zeus tenant un globe sur lequel se dresse Niké, la déesse de la Victoire. Le revers immortalise l’Acropole et le Parthénon, accompagnés de l’inscription en grec « Διεθνείς Ολυμπιακοί Αγώνες – Αθήναι 1896 ». Un symbole éternel de l’effort, du dépassement et de la gloire qui, grâce à la passion d’un homme, s’apprête à commencer une nouvelle vie pour inspirer les champions de demain.

