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PARIS : Dr Frankie PHILLIPS : « Des habitudes alimentaires simples peuvent rééquilibrer le microbiote »
Face à la désinformation en ligne, une diététicienne rappelle les bases d’une alimentation bénéfique pour le microbiote féminin.
L’intérêt pour la santé intestinale explose, propulsant le hashtag #guttok à plus de 7 milliards de vues sur TikTok. Pourtant, cet engouement s’accompagne d’une vague de désinformation qui sème la confusion. Selon une récente étude, plus de la moitié des femmes (54 %) peinent à faire confiance aux informations santé trouvées en ligne, et 46 % identifient le réseau social TikTok comme une source majeure de conseils erronés.
Cette méfiance est d’autant plus problématique que les troubles digestifs sont monnaie courante. Une étude publiée dans l’European Journal of Nutrition révèle que 86 % des adultes britanniques ont souffert d’inconfort digestif, tel que des ballonnements ou des douleurs abdominales, au cours du dernier mois. Face à ce constat, la diététicienne primée, Dr Frankie Phillips, appelle à un retour aux fondamentaux scientifiques, en particulier pour la santé féminine.
Un microbiote au cœur de la santé féminine
Le microbiote intestinal, cet ensemble de micro-organismes vivant dans nos intestins, joue un rôle bien plus large que la simple digestion. « La santé intestinale est devenue une grande tendance bien-être en ligne, mais beaucoup d’informations peuvent être trompeuses », souligne Dr Frankie Phillips. « Chez les femmes en particulier, le microbiote intestinal joue un rôle essentiel dans la santé globale, en influençant l’équilibre hormonal, le cycle menstruel, la fertilité, la grossesse ou encore la ménopause ».
Malgré cet impact direct, la connaissance reste parcellaire : moins de 40 % des femmes se sentent capables d’identifier les nutriments clés pour leur santé intestinale et hormonale, et 63 % estiment que la nutrition féminine mériterait davantage d’attention. « Beaucoup de femmes ignorent que des habitudes alimentaires simples, comme manger davantage de fruits rouges, boire un verre de jus d’orange chaque jour ou privilégier les céréales complètes, peuvent contribuer à rééquilibrer le microbiote », poursuit la spécialiste. « Les fibres, les polyphénols des agrumes et les anthocyanines des fruits rouges nourrissent les bonnes bactéries intestinales et favorisent un microbiote équilibré ».
Cinq réflexes nutritionnels à adopter
Pour aider les femmes à y voir plus clair, Dr Frankie Phillips propose cinq conseils pratiques pour prendre soin de leur santé intestinale et, par extension, de leur bien-être général.
- Manger pour ses hormones : Le microbiote participe à la régulation des œstrogènes. Des aliments riches en fibres comme les graines de lin, l’avoine ou les lentilles aident à maintenir cet équilibre hormonal crucial tout au long du cycle et lors de la ménopause.
- Faire le plein de vitamine C : Essentielle pour le système immunitaire, la vitamine C aide aussi à préserver l’intégrité de la barrière intestinale et à réduire l’inflammation. Un geste simple comme boire un verre de jus d’orange 100 % pur jus au petit-déjeuner peut y contribuer.
- Varier les aliments végétaux : La diversité dans l’assiette favorise la diversité du microbiote. L’objectif est de consommer un large éventail de fruits, légumes, herbes, épices, noix, graines et céréales complètes chaque semaine pour un apport optimal en polyphénols, fibres et micronutriments.
- Soigner son hydratation : Boire suffisamment d’eau (environ 1,5 à 2 litres par jour) est indispensable. L’eau permet aux fibres de remplir leur rôle, facilite la digestion, maintient une muqueuse intestinale saine et améliore l’absorption des nutriments, réduisant ainsi les ballonnements.
- Adapter son alimentation à son cycle : Les fluctuations hormonales, notamment pendant la phase lutéale (avant les règles), peuvent accentuer les troubles digestifs. Augmenter ses apports en fibres, en eau et en aliments prébiotiques durant cette période peut aider à soulager les symptômes.
Ces recommandations sont issues de travaux scientifiques et promues par des organismes comme le Fruit Juice Science Centre (https://fruitjuicesciencecentre.eu), qui fournit des informations basées sur des preuves concernant le rôle des jus de fruits dans une alimentation saine. Les données s’appuient notamment sur plusieurs publications scientifiques, dont une étude sur les effets du jus d’orange (https://doi.org/10.1089/jmf.2018.0080) et une autre sur le microbiote et la santé féminine (https://doi.org/10.3390/biology11111683).

