MONTROUGE : Transition écologique – L’ADEME lan…
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MONTROUGE : Transition écologique – L’ADEME lance le Club Trajectoires EFC pour transformer les modèles d’affaires
L’ADEME confirme les atouts de l’économie de la fonctionnalité par une étude inédite et lance un club dédié aux grandes entreprises.
Face aux limites environnementales et économiques du modèle linéaire traditionnel, centré sur la vente de biens en volume, une alternative s’impose : l’Économie de la Fonctionnalité et de la Coopération (EFC). L’Agence de la transition écologique (https://www.ademe.fr) soutient cette démarche depuis dix ans. En ce lundi 30 mars 2026, l’institution franchit une nouvelle étape en publiant une évaluation approfondie de ce modèle et en lançant le Club Trajectoires EFC pour accélérer la transition des grandes entreprises.
Privilégier l’usage plutôt que la possession
L’économie de la fonctionnalité repense fondamentalement la relation entre l’offre et la demande. L’entreprise conserve la propriété du bien et commercialise un service d’usage, garanti par un contrat de performance. Cette approche rompt avec la logique de production massive et d’obsolescence rapide.
Pour les professionnels, ce modèle génère des revenus stables via des contrats longs et réduit la dépendance aux matières premières. L’effet de différenciation concurrentielle se joue désormais sur la valeur d’usage et non plus sur les volumes écoulés. Côté consommateurs, le bénéfice est direct : ils paient pour un résultat correspondant à leurs besoins réels, sans investissement lourd, tout en profitant d’une maintenance continue qui limite les pannes.
Des bénéfices environnementaux et sociaux mesurés
Pour démontrer l’efficacité du modèle, l’ADEME publie une évaluation menée auprès de six entreprises : L’Imprimerie Partagée, Kataba, Mob-ion, Odyssée Environnement, Opalean et Sapoval. Les résultats prouvent que l’EFC permet de réduire les impacts sur le changement climatique et l’eutrophisation, tout en diminuant la pression sur les ressources minérales et fossiles.
Sur le plan social, l’impact est particulièrement positif. En effet, 96 % des collaborateurs sont fiers de travailler pour une organisation engagée, et 92 % des clients estiment leur relation gagnant-gagnant. L’appropriation des enjeux écologiques dépasse le cadre professionnel : 88 % des salariés sensibilisés font plus attention à la durée de vie de leurs biens personnels. Un point de vigilance demeure toutefois : si la majorité gagne en sérénité, 23 % des employés expriment une augmentation de leur stress liée à la modification des processus de travail, nécessitant un encadrement adapté.
L’industrie au défi de la fonctionnalité
Ce modèle d’affaire s’applique avec succès au secteur industriel. Le recentrage sur la performance et la coopération permet de redynamiser des marchés saturés.
« Les acteurs de l’industrie et les startups du numérique ont beaucoup de choses à développer en commun. Ensemble, ils peuvent inventer de nouvelles fonctionnalités et proposer une approche orientée « nouvelle économie », à laquelle de plus en plus d’acheteurs se montrent sensibles. Y compris dans les établissements publics », a déclaré Jérôme Brossat, dirigeant du Groupe ELECTRO CALORIQUE.
Confronté à une forte pression concurrentielle et au coût des technologies, ce fabricant historique de chariots de repas médico-sociaux a réagi en développant le projet ELISE. Désormais, l’entreprise ne facture plus le produit physique, mais le service rendu, à savoir le nombre exact de plateaux remis en température. Cette solution offre aux hôpitaux une facturation au réel. Pour boucler la boucle de l’économie circulaire, un atelier reconditionne les anciens chariots pour les pays en développement.
Un club pour fédérer les grands groupes
Pour changer d’échelle, l’ADEME déploie de nouveaux outils sur sa plateforme (https://agirpourlatransition.ademe.fr). L’annonce phare de ce lundi est le lancement du Club Trajectoires EFC. Après avoir accompagné 750 petites structures, l’Agence élargit son dispositif aux grandes entreprises et aux entreprises de taille intermédiaire (ETI).
Ce parcours étalé sur deux ans alterne une phase d’acculturation et une phase de déploiement opérationnel, s’appuyant sur la co-responsabilité entre pairs. Plus de trente entités majeures, dont Bouygues Construction, La Poste, Intersport, Loxam, Ikea ou encore la SNCF Réseaux, se sont déjà engagées dans cette dynamique pour conjuguer pérennité économique et utilité socio-environnementale.


