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GARDANNE : Santé mentale – L’innovation respons…

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GARDANNE : Santé mentale – L’innovation responsable mobilise 90 étudiants aux Mines Saint-Étienne

Le campus Georges Charpak a accueilli, du 26 au 28 février, 90 étudiants pour un marathon créatif de 72 heures dédié aux enjeux de la santé mentale.

C’est une effervescence particulière qui a régné durant trois jours sur le campus Aix-Marseille-Provence de l’école des Mines de Saint-Étienne. Pour sa dixième édition, le challenge « INNOV’ACTIONS » a choisi de confronter les futurs décideurs à une problématique sociétale majeure : la santé mentale. Cet événement, devenu un rendez-vous incontournable de la vie académique locale, a rassemblé 90 participants pour un sprint d’innovation intense de 72 heures, mêlant réflexion stratégique et conception technique.

Un créathlon en conditions réelles

Le principe de ce défi pédagogique repose sur l’immersion totale. Du 26 au 28 février, les étudiants ont dû constituer des équipes, générer des idées viables, définir un modèle économique cohérent et, surtout, prototyper leurs solutions. Loin des exercices théoriques, les participants ont eu accès au parc d’équipements de la plateforme technologique IDFAB. Imprimantes 3D, thermoformeuses et découpeuses laser ont tourné à plein régime pour permettre aux concepts de prendre forme physique.

Pour soutenir cette matérialisation des idées, des kits électroniques ont été fournis par STMicroelectronics, partenaire industriel de l’opération. L’objectif était clair : passer rapidement de l’abstraction à l’objet concret, une compétence indispensable dans l’industrie actuelle.

L’originalité du dispositif réside également dans la mixité des profils. Les équipes ont réuni des élèves ingénieurs du cycle ISMIN (Ingénieurs Spécialisés en Microélectronique et Informatique) des Mines Saint-Étienne et des étudiants du Master 2 Management des Innovations Numériques et Stratégies Digitales d’Aix-Marseille Université. Cette collaboration force le dialogue entre la technique et la stratégie, préfigurant les réalités du monde de l’entreprise.

La santé mentale : comprendre pour soutenir

Après avoir exploré des thématiques variées lors des précédentes éditions, telles que le sport, les catastrophes climatiques ou le « low-tech », les organisateurs ont souhaité ancrer cette édition 2026 dans une actualité brûlante. Le thème « Santé mentale – connaître, comprendre, soutenir » a permis aux étudiants d’investir un sujet complexe, nécessitant une approche à la fois technologique et profondément humaine.

Pour Marie Breziski, responsable des Relations industrielles et de l’Entrepreneuriat et co-organisatrice de l’événement, cet exercice est formateur : « Ce challenge est une belle illustration de notre engagement à former des profils hybrides, capables de concilier expertise technique et sensibilité aux enjeux sociétaux », souligne-t-elle.

L’initiative vise à dépasser la simple prouesse technique pour toucher à l’innovation responsable. Thibaut Metailler, enseignant-chercheur et responsable du programme, insiste sur cette dimension éthique et sociale : « INNOV’ACTIONS ce n’est pas un simple challenge : c’est une immersion concrète dans les enjeux de l’innovation responsable. En abordant cette année la santé mentale, nous offrons à nos étudiants l’opportunité de développer des solutions ancrées dans les réalités sociales, tout en renforçant leurs compétences transverses ».

Un ancrage territorial fort

Pour guider les 90 jeunes talents, un écosystème complet d’experts du territoire s’est mobilisé. Tout au long des trois jours, les équipes ont bénéficié du coaching de professionnels issus des secteurs médico-social, associatif et entrepreneurial.

Parmi les structures impliquées figuraient des acteurs clés comme la CPAM de Gardanne et le Centre Hospitalier de Montperrin, apportant leur expertise terrain sur les parcours de soins. Des organisations spécialisées telles que PSSM France (Premiers Secours en Santé Mentale), la Coordination Marseillaise Santé Mentale et Habitat (CMSMH) ou encore l’association Nightline ont également accompagné les réflexions des étudiants. Le volet économique et innovation n’était pas en reste avec la présence d’Eurobiomed, de Provence Promotion, de Rising Sud, ainsi que de l’Accélérateur M.

L’apprentissage des « soft skills »

Au-delà des prototypes réalisés, l’événement, créé initialement en 2016, a pour vocation première de développer les compétences comportementales, ou « soft skills », des futurs diplômés. « Ces trois jours leur ont permis de vivre l’interdisciplinarité, la créativité et l’agilité, des qualités essentielles pour les ingénieurs et managers de demain », précise Thibaut Metailler.

Le point d’orgue de ce marathon a eu lieu le 27 février, lors de la session de « pitchs ». Devant un jury composé de représentants d’Eurobiomed, de Thales, de l’incubateur Impulse, de Bpifrance et de la Métropole Aix-Marseille-Provence — financeur principal du programme labellisé PEPITE Provence — les équipes ont dû défendre leurs projets et effectuer des démonstrations. Deux équipes ont finalement été récompensées pour la pertinence et l’ingéniosité de leurs solutions, clôturant ainsi une semaine placée sous le signe de l’engagement citoyen et de l’excellence académique.