PARIS : Économie – Les retards de paiement, un frein…
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PARIS : Économie – Les retards de paiement, un frein majeur à la croissance des entreprises en 2026
Une étude OpinionWay pour GoCardless révèle que 65 % des patrons craignent une aggravation des délais de paiement, menaçant directement l’emploi et l’investissement.
L’année 2026 s’annonce délicate pour la trésorerie des entreprises françaises. Dans un climat économique marqué par une inflation persistante, les délais de règlement s’imposent plus que jamais comme une variable critique. Selon une enquête dévoilée ce mardi par OpinionWay pour GoCardless (https://gocardless.com/fr-fr/), spécialiste des paiements bancaires, près de deux dirigeants sur trois anticipent une dégradation de la situation cette année.
Une hémorragie financière et temporelle
Le constat est sévère : les retards ne sont plus l’exception mais la norme. Pour 94 % des sociétés interrogées, ces décalages se traduisent par des pertes financières mensuelles. L’impact est d’autant plus violent pour les grandes structures : 27 % des entreprises de plus de 5 000 salariés déplorent un manque à gagner supérieur à 10 000 euros par mois.
Au-delà de l’aspect purement comptable, c’est la lourdeur administrative qui pèse sur les équipes. 91 % des entreprises doivent consacrer du temps au recouvrement, transformant cette tâche ingrate en une charge opérationnelle à part entière.
L’investissement et l’emploi en berne
Lorsque la trésorerie se tend, c’est toute la machine économique qui ralentit. L’étude souligne que pour 66 % des décideurs, ces retards freinent directement les projets de croissance. Les conséquences sont concrètes et immédiates : pour compenser, 27 % des entreprises ont dû augmenter leurs prix, répercutant le coût sur le consommateur final.
Plus inquiétant encore pour le dynamisme économique, 22 % ont reporté le lancement de nouveaux produits et 19 % ont gelé leurs recrutements. Ce chiffre grimpe même à 46 % dans le secteur de la banque et de la finance, particulièrement exposé.
Un tabou qui coûte cher
Malgré ces impacts majeurs, le sujet reste difficile à aborder. Une forme de résignation s’installe : 73 % des dirigeants perçoivent désormais ces retards comme un coût inévitable de leur activité. Pire, la peur de froisser le client pousse au silence. Plus de la moitié des entreprises (52 %) ont évité d’aborder la question avec leurs partenaires au cours des douze derniers mois.
Ce silence a un prix exorbitant : 80 % des entreprises se disent prêtes à renoncer à jusqu’à 20 % de leur chiffre d’affaires annuel simplement pour ne plus avoir à gérer ces situations conflictuelles et chronophages.
Un frein structurel à l’économie
Pour les experts du secteur, cette situation dépasse la simple gestion de trésorerie. « Cette étude montre que les retards de paiement ne relèvent plus d’un simple aléa de trésorerie, mais constituent désormais un frein structurel à l’économie française », analyse Clémentine Destrez, Sales Manager Emerging and Corporate chez GoCardless.
Elle pointe également le danger de l’inaction : « Ce qui frappe particulièrement, c’est le niveau de résignation […] Lorsque certaines préfèrent absorber des pertes plutôt que d’ouvrir le dialogue avec leurs clients, cela révèle à quel point le problème est désormais profondément installé », ajoute-t-elle.
L’intégralité des résultats et statistiques est disponible sur la page dédiée à l’enquête (https://gocardless.com/la-situation-des-retards-de-paiement-en-france-2025/).

