PARIS : Etude Ipsos – Le regard des Français sur l&rs…
Partager :

PARIS : Etude Ipsos – Le regard des Français sur l’église catholique et sur le pape Léon XIV
Si les Français ont encore une image floue de Léon XIV, ils jugent majoritairement que l’Eglise devrait continuer l’évolution entreprise par François sur les enjeux de société.
Ipsos, l’une des principales sociétés mondiales d’études de marché et son partenaire CESI école d’ingénieurs dévoilent les résultats de l’étude « Le regard des Français sur l’Eglise catholique et sur le pape Léon XIV ».
Dix jours après l’élection de Léon XIV, Ipsos a souhaité interroger les Français sur leur opinion vis-à-vis du nouveau Pape et, plus largement, de l’Église catholique et de son rôle.
Cette enquête révèle que si près de la moitié des Français (48%) estiment que le pontificat du pape François a été positif, le regard porté sur l’Eglise catholique est plus mitigé. S’ils estiment logiquement que l’Eglise joue un rôle spirituel majeur, ils jugent aussi qu’elle a un rôle important dans les domaines sociaux, sociétaux et géopolitiques : ainsi, 45% pensent qu’elle joue un rôle important dans la résolution des conflits mondiaux.
Les Français souhaitent que l’Église adopte des positions plus progressistes sur des sujets comme le mariage des prêtres, l’ordination des femmes ou la contraception – les catholiques partagent cette opinion. Dans ce contexte, près d’un Français sur deux (48%) souhaitait avant l’élection de Léon XIV que le nouveau Pape soit plutôt réformateur, contre 17% plutôt traditionnaliste. Juste après son élection, ils ont une perception floue bien que légèrement positive de Léon XIV : 38% en ont une bonne opinion contre seulement 2% une mauvaise opinion, et 60% sont partagés ou indécis. Ils sont aussi très incertains vis-à-vis de la direction du prochain pontificat : 26% pensent que le nouveau Pape sera plutôt réformateur, contre 25% plutôt traditionnaliste. Les catholiques pratiquants ont une bonne image du Pape (68%), mais estiment nettement qu’il sera assez traditionnaliste (56%).
Près d’un Français sur deux a une bonne opinion vis-à-vis de l’action du Pape François durant son pontificat, mais l’Eglise catholique et ses institutions sont plus clivantes
o Après le décès du Pape François, 48% des Français jugent que l’action qu’il a menée durant son pontificat a été positive, contre seulement 11% qui en ont au contraire une mauvaise opinion. Les catholiques pratiquants sont les plus enthousiastes vis-à-vis de ce bilan (82% de jugements positifs, contre 58% pour les catholiques non pratiquants). Au niveau politique, les jugements positifs dépassent la barre des 50% aussi bien parmi les sympathisants des partis de gauche (57%) que du centre (55%) ou de droite de gouvernement (62%) – en revanche, les sympathisants des partis de droite radicale sont plus réservés vis-à-vis de l’action menée par François (46%).
o Quant à la religion catholique, elle jouit d’une image assez satisfaisante avec 45% des Français qui en ont une bonne opinion, contre 15% une mauvaise. En revanche, l’Eglise catholique en elle-même suscite davantage de rejet : seuls 33% des Français en ont une bonne opinion, quand 26% en ont une mauvaise. Si une très large majorité des catholiques pratiquants conservent une perception favorable de l’Eglise (84%), ce sentiment n’est partagé que par 44% des catholiques non pratiquants.
o Interrogés sur le Pape qui, selon eux, a le plus apporté de changements à l’Eglise catholique au cours des dernières décennies, les Français citent avant tout Jean-Paul II (35%), suivi de François (24%). Benoit XVI n’est cité que par 7% des Français, mais il a néanmoins marqué près d’un quart des catholiques pratiquants (23%). Enfin, Jean XXIII est désormais assez oublié, bien qu’il ait ouvert l’Eglise à la modernité en convoquant le concile Vatican II en 1962 : seuls 5% des Français le citent comme le Pape ayant le plus changé l’Eglise catholique.
Aux yeux des Français, l’Église catholique et le Pape jouent un rôle important sur le plan spirituel, mais aussi dans les domaines sociaux, sociétaux et géopolitiques :
o Une importante majorité des Français (72%) estiment ainsi que l’Église catholique et le Pape jouent un rôle important dans le domaine spirituel en promouvant les valeurs morales catholiques à travers le monde, mais aussi en matière de dialogue interreligieux (68%) ou de soutien aux chrétiens persécutés dans le monde (64%).
o Les Français considèrent aussi que l’Eglise pèse d’un poids important sur les questions liées à l’accueil des migrants (50%). A noter que sur cet aspect, les sympathisants de gauche sont plus enclins à penser que l’Eglise catholique est un acteur important (59%) que ceux des autres partis, notamment à l’extrême-droite (44%). Plus largement, l’Eglise et le Pape sont perçus comme des acteurs géopolitiques d’importance par 45% des Français, notamment dans la recherche de solutions aux principaux conflits mondiaux. Sur le plan social et économique, l’Eglise et le Pape sont perçus comme importants dans la lutte contre les inégalités économiques et sociales (44%).
o Cependant, moins d’un tiers des Français (29%) pensent qu’ils jouent un rôle important dans la lutte contre le réchauffement climatique. L’encyclique » Laudato si’ » publiée par François en 2015 et qui abordait les questions environnementales ne semble pas avoir marqué l’opinion. Qu’ils soient catholiques ou non, les Français se montrent en faveur d’une évolution progressiste de l’Église catholique sur des questions comme le mariage des prêtres, l’ouverture de la prêtrise aux femmes ou la contraception…
Les Français apparaissent majoritairement en faveur d’un tournant libéral de l’Église catholique sur la plupart des enjeux sociétaux qui l’agitent actuellement.
o Une écrasante majorité de Français (82%) estime que l’Église devrait accepter l’usage des moyens de contraception, une proportion qui atteint 91% chez les catholiques (dont 81% chez les catholiques pratiquants).
o Concernant la question régulièrement débattue du mariage des prêtres, plus de sept Français sur dix (74%) considèrent que l’Église devrait leur permettre de se marier. Les catholiques eux-mêmes y sont favorables : 82%, dont 65% chez les catholiques pratiquants. La question de l’ordination des femmes est elles aussi largement soutenue, avec plus des deux tiers des Français (68%), 74% des catholiques et 76% des pratiquants qui se déclarant en faveur de cette mesure.
o Plus des deux tiers des Français (69%) estiment que l’Eglise devrait permettre aux personnes divorcées et remariées d’accéder à la communion, une opinion qui est là aussi largement majoritaire parmi l’ensemble des catholiques (80%) ainsi que chez les catholiques pratiquants eux-mêmes (73%).
o Les Français souhaitent également une plus grande autonomie pour les églises locales, une opinion partagée par 63% des Français et 73% des catholiques.
o Sur la question de la reconnaissance du mariage pour tous par l’Eglise, 53% des Français y sont favorables. Même parmi les catholiques pratiquants, la reconnaissance des unions entre personnes de même sexe est nettement majoritaire : 52% y sont favorables, contre 39% qui se montrent hostiles.
Dans ce contexte, les Français souhaitent logiquement plutôt que le prochain Pape soit d’orientation réformatrice et qu’il cherche à adapter l’Eglise et ses positions à la société actuelle (48%), contre 17% seulement qui préfèreraient qu’il se montre traditionnaliste et qu’il veille à préserver les positions de l’Eglise. Ce sentiment est majoritaire chez les catholiques, qu’ils soient pratiquants ou non.
Léon XIV, un Pape qui bénéficie d’un a priori plutôt favorable des Français mais dont l’image et les positions restent floues, même chez une partie des catholiques.
o Interrogés sur leur opinion vis-à-vis du Pape Léon XIV dans la foulée de son élection, 60% des Français déclarent en avoir une opinion « ni bonne, ni mauvaise », une indécision sans surprise bien plus élevée chez les personnes sans religion (74%). Néanmoins, 38% ont vis-à-vis du nouveau Pape une bonne opinion, contre seulement 2% une mauvaise opinion. Léon XIV semble avoir réussi lors de ses premiers pas à séduire les catholiques pratiquants : 68% d’entre eux disent en avoir une bonne image.
o Interrogés sur le positionnement de Léon XIV, les Français sont là encore assez indécis : 49% ne savent pas s’il s’agira d’un Pape plutôt réformateur ou traditionnaliste. Ceux qui se prononcent sont très partagés, puisque 26% pensent qu’il s’avèrera réformateur et cherchera à « adapter le rituel et les positions de l’Eglise à la société actuelle », quand 25% jugent au contraire qu’il se montrera traditionnaliste et veillera avant tout à « préserver le rituel et les positions traditionnelles de l’Eglise ». Parmi les catholiques pratiquants, l’image d’un Pape traditionnaliste domine (56%, contre 24% qui l’imaginent plutôt réformateur), mais les catholiques non pratiquants sont quant à eux très partagés.
Télécharger le rapport
FICHE MÉTHODOLOGIQUE
Enquête réalisée par Ipsos en deux volets :
Volet réalisé durant le conclave auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans à 75 ans, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne via la plateforme Ipsos.Digital© les 7 et 8 mai 2025.
Volet réalisé après le conclave auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de région de résidence et de catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne via le panel propriétaire Ipsos Interactive Survey du 14 au 16 mai 2025.
À PROPOS D’IPSOS
Ipsos est l’un des leaders mondiaux des études de marché et des sondages d’opinion, présent dans 90 marchés et comptant près de 20 000 collaborateurs.
Nos chercheurs, analystes et scientifiques sont passionnément curieux et ont développé des capacités multi-spécialistes qui permettent de fournir des informations et des analyses poussées sur les actions, les opinions et les motivations des citoyens, des consommateurs, des patients, des clients et des employés. Nos 75 solutions s’appuient sur des données primaires provenant de nos enquêtes, de notre suivi des réseaux sociaux et de techniques qualitatives ou observationnelles.
Notre signature » Game Changers » résume bien notre ambition d’aider nos 5 000 clients à évoluer avec confiance dans un monde en rapide évolution.
Créé en France en 1975, Ipsos est coté à l’Euronext Paris depuis le 1er juillet 1999. L’entreprise fait partie des indices SBF 120 et Mid-60 et est éligible au service de règlement différé (SRD).
ISIN code FR0000073298, Reuters ISOS.PA, Bloomberg.
www.ipsos.com
35 rue du Val de Marne – 75013 Paris


