PARIS : Félix DE BELLOY, président de l’Îlot : « L’incarcér…
Partager :

PARIS : Félix DE BELLOY, président de l’Îlot : « L’incarcération nous concerne tous »
La Fondation VINCI pour la Cité soutient l’association L’Iot à Toulon.
La remise de chèque s’est déroulée le 23 janvier en présence des élus de la ville de Toulon, des marraines, des représentants de l’association et de VINCI Autoroutes.
Le projet porté par l’association consiste en l’aménagement de 9 studios, situés en quartier prioritaire de Saint-Jean-du-Var à Toulon, dédiés à la mise à l’abri de familles avec des enfants de moins de 4 ans.
« Sursis probatoire, peine alternative, crédit de peine, libération sous contrainte, confusion des peines, jugement ab initio… ces termes et notions propres au monde judiciaire semblent souvent absconses au grand public. L’univers de la prison est un domaine que peu d’entre nous sommes amenés à connaître. Pour beaucoup, les prisonniers, les délinquants, les criminels sont des personnes qui sont loin de nous, dont le sort ne nous concerne pas, des personnes invisibles qui n’existent que dans les journaux télévisés. L’appréciation du monde judiciaire est faite d’idées reçues et de projections éloignées de la réalité. Sylvain Lhuissier qui a participé à la création de l’Agence du travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle, l’ATIGIP, et auteur de l’excellent livre « Décarcérer », interroge notre méconnaissance et nos préjugés sur le monde judiciaire : connaissons-nous le nombre d’établissements pénitentiaires en France ? Où se trouvent-ils ? Qui les occupe ? Quelles y sont réellement les conditions de vie ? Et surtout quel est le coût de l’incarcération, le coût humain, le coût financier, le coût véritable pour la société entière ?
Car, contrairement à la croyance qui veut que la détention n’impacte que les infracteurs et leur famille, mettre des gens en cellule nous atteint tous. Il est nécessaire de repenser l’emprisonnement comme réponse principale à l’infraction. L’incarcération nous concerne tous car la prison n’est pas garante d’une non-réitération de crime ou délit. Lorsque ces personnes n’arrivent pas à se réinsérer à leur sortie et récidivent, elles créent de nouvelles victimes et participent à un sentiment d’insécurité dans la société. Sans accompagnement, 63 % des sortants de prison récidivent dans les 5 ans. C’est un coût humain trop élevé. Réinsérer les personnes condamnées, ou accueillir des peines alternatives qui génèrent deux fois moins de récidive, c’est offrir une seconde chance aux infracteurs, leur permettre de refaire société et rendre cette dernière plus sûre. S’agissant du coût financier, l’ATIGIP a fourni des données très intéressantes dans son « Étude des impacts économiques de la réinsertion professionnelle et de la récidive des sortants de prison »* publiée en mars 2023. En s’appuyant sur les chiffres de sortants de prison et sur les coûts des divers parcours judiciaires qu’ils peuvent emprunter, allant de la réinsertion à la réincarcération, cette étude estime qu’un sortant de prison, qui est de nouveau condamné à une peine d’enfermement, coûte presque 30 000 € en frais d’enquête et d’instruction à la société.
Cela lui permet d’avancer que le coût public annuel de la récidive s’élève à 1,4 milliards d’euros. Humainement, financièrement, les coûts de la récidive ne sont pas acceptables. La mission de réinsertion que l’Îlot accomplit depuis plus de 50 ans n’est pas qu’en faveur des sortants de prison, elle bénéficie aussi à nous tous qui constituons la société. Ceux que notre association accompagne récidivent deux fois moins. Aussi nous avons imaginé en 2021 un plan de développement stratégique pour accueillir un nombre toujours plus grand de personnes sous main de justice. C’est ainsi que, fidèles à ce que nos avions annoncé dans nos perspectives 2022 pour l’année 2023, nous avons continué à mettre en place des projets de réinsertion innovants. L’Îlot a été lauréate de plusieurs appels à projets et a créé de nouveaux dispositifs de retour en emploi, en Île-de-France, dans Les Hauts-de-France et en région Sud. En parallèle ce sont deux structures de suivi de soins qui ont vu le jour. Grâce à tout cela nous accompagnons toujours davantage de bénéficiaires. Ainsi en un an, c’est près de 14% de personnes en plus qui ont pu être accueillies. Nous ne cessons d’interroger nos actions et nos résultats pour être toujours plus efficients et pertinents dans cette mission essentielle qu’est la nôtre : favoriser la réinsertion et lutter contre la récidive. Je tiens à saluer nos donateurs, mécènes, partenaires, salariés et bénévoles qui rendent cette démarche possible. »
Félix DE BELLOY
Président de l’Îlot
SOURCE : Association l’Îlot.
