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WASHINGTON : William KAHN : « Les États-Unis ne ferment pas…

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WASHINGTON : William KAHN : « Les États-Unis ne ferment pas leurs portes aux investisseurs européens »

Selon l’expert William Kahn, le marché américain n’est pas fermé aux acquisitions européennes mais impose de nouvelles règles du jeu.

Dans une tribune publiée ce jour, William Kahn, fondateur de la firme en fusions-acquisitions Kahn Partners, prend le contre-pied d’une idée largement répandue : celle d’un marché américain de plus en plus protectionniste et fermé aux investissements étrangers. Selon son analyse, issue du terrain des opérations transatlantiques, les États-Unis n’ont pas clos leurs frontières économiques mais ont plutôt redéfini les conditions d’accès, notamment dans les secteurs stratégiques.

Une perception en décalage avec la réalité

Ces dernières années, un sentiment de frilosité s’est installé chez de nombreux dirigeants européens. Face au durcissement des contrôles réglementaires et aux tensions géopolitiques croissantes, l’idée que les États-Unis se barricadent contre les acquisitions étrangères s’est imposée. « Cette lecture est pourtant incomplète », affirme William Kahn. Il soutient que la réalité est plus nuancée : il ne s’agit pas d’une interdiction, mais d’une évolution des exigences.

Pour l’expert, les opérations de M&A (Mergers & Acquisitions) restent tout à fait possibles dans des domaines aussi sensibles que la défense, les nouvelles technologies, la santé ou les infrastructures critiques. La clé du succès ne réside plus dans la simple capacité d’investissement, mais dans « la capacité à naviguer dans un environnement plus exigeant ». En d’autres termes, les portes restent ouvertes pour ceux qui maîtrisent les nouvelles règles.

Un cadre réglementaire plus exigeant mais plus prévisible

Le principal instrument de ce contrôle accru est le CFIUS (Committee on Foreign Investment in the United States), un comité interministériel chargé d’évaluer les risques des investissements étrangers pour la sécurité nationale américaine. Si sa vigilance a été incontestablement renforcée, William Kahn souligne que ce durcissement a paradoxalement rendu le cadre plus lisible. « Ils offrent également un cadre plus prévisible pour les acteurs qui s’y préparent en amont », précise-t-il.

Les entreprises européennes qui réussissent aujourd’hui leurs acquisitions sont celles qui intègrent, dès le début de leur projet, les nouvelles priorités américaines. Cela inclut une analyse approfondie des enjeux de souveraineté, de sécurité des données ou de continuité industrielle. Une approche structurée et une anticipation des contraintes réglementaires sont désormais des prérequis indispensables pour mener à bien ces transactions complexes.

Une opportunité pour les acquéreurs avertis

Ce décalage entre la perception d’un marché fermé et la réalité d’un marché sélectif crée, selon William Kahn, des opportunités stratégiques. Alors que certains concurrents renoncent avant même d’essayer, les entreprises prêtes à s’adapter et à s’engager dans ce nouveau paradigme peuvent tirer leur épingle du jeu.

Dans un contexte économique où la croissance organique peut s’avérer longue et incertaine, les fusions-acquisitions demeurent un levier puissant et rapide pour accéder à des technologies de pointe, à des compétences spécifiques et à de nouveaux marchés. La question pour les dirigeants européens n’est donc plus de savoir s’il faut investir aux États-Unis, mais comment le faire de manière efficace en intégrant les nouvelles contraintes dès la genèse du projet.

Une expertise des opérations transatlantiques

Fondée en 2012, la société Kahn Partners (https://www.kahn-partners.com/what-we-do/) s’est spécialisée dans le conseil en fusions-acquisitions transatlantiques entre l’Europe et les États-Unis. Basée à Washington D.C. et Los Angeles, elle accompagne ses clients dans les secteurs régulés où les enjeux de sécurité nationale et de contrôle des investissements sont primordiaux. Son fondateur, William Kahn, est disponible pour analyser plus en détail les implications de cette nouvelle donne géopolitique sur les stratégies d’expansion des entreprises.