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VILLEJUIF : Pr Eric VIVIER : « Le Paris-Saclay Cancer Cluster crée les conditions d’une innovation plus rapide »

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, le biocluster de Villejuif a confirmé sa montée en puissance avec l’arrivée d’industriels majeurs.

La course contre le cancer se joue désormais autant dans les laboratoires que dans la capacité à transformer les découvertes en traitements concrets. C’est le message martelé ce 4 février lors de la 3ème édition du PSCC Innovation Forum, qui s’est tenu à Villejuif. Organisé par le Paris-Saclay Cancer Cluster (PSCC), l’événement a rassemblé plus de 700 acteurs de la filière — chercheurs, cliniciens, industriels et investisseurs — avec une ambition claire : réduire drastiquement les délais de développement des nouveaux médicaments.

Face aux 450 000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année en France, l’enjeu est de taille. « En structurant un environnement industriel, technologique et data-driven autour de l’oncologie, le Paris-Saclay Cancer Cluster crée les conditions d’une innovation plus rapide, plus robuste et plus attractive pour les investisseurs », a déclaré le Pr Eric Vivier, président du PSCC.

Campus Grand Parc : l’épicentre opérationnel

L’accélération promise par le cluster prend une forme physique concrète avec le Campus Grand Parc. Situé à proximité immédiate de l’Institut Gustave Roussy, ce site déploie désormais 45 000 m² d’espaces dédiés, incluant des laboratoires « plug-and-play » et un centre d’innovation.

En ce début d’année 2026, le site franchit une étape décisive avec l’installation de ses premiers résidents industriels. Sept acteurs majeurs, allant de la start-up à la multinationale, ont pris leurs quartiers. Parmi eux figurent Sanofi, le géant pharmaceutique, mais aussi Orano Med, spécialiste des thérapies ciblées par radio-isotopes, ou encore Orakl Oncology. Au total, près de 250 collaborateurs, incluant les équipes du PSCC et des chercheurs de Gustave Roussy, animent déjà les lieux. À l’horizon 2032, le campus devrait atteindre 100 000 m².

La data et le financement comme accélérateurs

Au-delà des murs, le PSCC mise sur la donnée pour changer la donne. Sa plateforme PSCC DATA permet un accès sécurisé aux données de vie réelle et aux échantillons biologiques, un atout stratégique pour la recherche. « 12 études de faisabilité ont été réalisées avec les entrepôts de données de 4 hôpitaux partenaires, intégrant les données de plus de 275 000 patients », précise le cluster.

Sur le plan financier, le bilan 2025 affiche une dynamique soutenue avec près de 80 projets accompagnés ayant levé plus de 200 millions d’euros depuis 2023. Pour 2026, le cluster lance un nouveau dispositif de soutien, le programme BOOST, doté de 2,5 millions d’euros pour accompagner dix start-ups à une étape clé de leur croissance.

Trois pépites françaises en première ligne

La conférence a également permis de mettre en lumière trois start-ups emblématiques de cet écosystème, illustrant la diversité des approches thérapeutiques soutenues.

LiveRNA, dirigée par Sylvain Carlioz, développe une nouvelle génération d’immunothérapies basées sur l’ARN messager pour traiter les cancers du foie. La technologie vise à réactiver le système immunitaire chez les patients ne répondant pas aux traitements actuels. L’entreprise prépare un premier tour de table de 2 millions d’euros pour valider son candidat médicament LIV-01.

De son côté, One Biosciences utilise l’intelligence artificielle pour affiner le diagnostic. « Cette nouvelle solution de diagnostic permet de décrypter finement l’hétérogénéité tumorale […] afin d’identifier des biomarqueurs prédictifs et d’aider les oncologues au choix des traitements », explique la société co-fondée par Céline Vallot. La start-up a réalisé une levée de fonds de 15 millions d’euros en 2025.

Enfin, Brenus Pharma s’attaque aux tumeurs solides résistantes, responsables de la majorité des échecs thérapeutiques. Son directeur général, Paul Bravetti, porte une technologie de « cellules fantômes stimulées » pour éduquer le système immunitaire. Son candidat médicament est actuellement évalué en phase clinique chez des patients atteints de cancer colorectal métastatique.