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VAL-EN-VIGNES : Un éleveur multiplicateur, l’abouti…

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Floriane Dumont
26 Déc 2023

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VAL-EN-VIGNES : Un éleveur multiplicateur, l’aboutissement d’un projet de vie

À 33 ans, Nicolas Boche a fait le choix de lancer son activité d’éleveur-multiplicateur de volailles sur les terres familiales à Val-en-Vignes (79).

La crise sanitaire, l’inflation et plusieurs épisodes de grippe aviaire n’ont pas entamé la volonté de ce fils d’agriculteurs, ancien salarié de la filière, de mener à bien son projet d’installation. Galina Vendée (groupe LDC) a accompagné l’éleveur dans toutes ses démarches, notamment auprès des banques pour un investissement total d’1,5 million d’euros, auquel s’ajoute l’installation de panneaux photovoltaïques pour un montant de 380 000 euros. L’ensemble est un élevage nouvelle génération, engagé dans la démarche Nature d’éleveurs, qui répond aux exigences les plus strictes en termes d’innovation, de biosécurité, de bien-être animal, d’impact environnemental et de conditions de travail pour l’éleveur.

Entamé en 2021, le parcours d’installation de Nicolas Boche n’a pas été “un long fleuve tranquille” mais représente l’aboutissement d’un projet de vie. Après une formation et un apprentissage en élevage bovin, plusieurs expériences de salarié pour les Ets Daviet et BGB Avicole ont convaincu ce fils d’éleveur multiplicateur de franchir le pas pour monter son propre projet. “J’ai travaillé cinq ans pour Daviet, c’est là que j’ai rencontré Julien Pineau et d’autres éleveurs de Galina. En travaillant pour BGB Avicole (ramassage, entretien, vides sanitaires), je suis resté en contact avec Galina. J’avais déjà eu l’idée de monter un bâtiment il y a une dizaine d’années avec un autre couvoir mais ça ne s’était pas fait. Le projet d’installation a continué à me trotter dans la tête. C’est là que j’ai proposé l’idée d’un bâtiment neuf”.

Les premiers contacts sont établis en juin 2021 avec Galina Vendée pour valider le projet. Afin d’évaluer ses besoins et de l’accompagner au mieux dans son entreprise, la société organise avec Nicolas des visites de bâtiments en Bretagne, “pour voir les nouveaux projets d’installation et ce qui pourrait me convenir en termes de matériel, de bâtiment, de surface. Suite à ça, on a commencé les chiffrages”. Dans un contexte d’inflation et de grippe aviaire (avec des épisodes particulièrement violents dans les Deux-Sèvres et la Vendée), les négociations avec les banques n’ont pas été simples. Gage de sérieux, le contrat de Galina Vendée sécurise l’opération, qui représente un investissement de 1,5 million d’euros, auquel s’ajoute le coût de l’installation de panneaux photovoltaïques (380 000 euros). “Nous avons un historique de financement mais aussi d’accompagnement des éleveurs sur le long terme, notamment en cas d’incidents de grippe aviaire, où Galina agit comme un filet de sécurité. Au-delà d’un projet solide, c’est aussi l’approche innovante d’autoconsommation qui a convaincu le Crédit Agricole des Deux-Sèvres de financer le projet dans sa totalité, ce qui est assez rare” précise Dominique Perrot, Directeur Adjoint Galina.

Un projet ambitieux et innovant

Les travaux, qui ont débuté en octobre 2022 et se sont achevés en juillet 2023, ont été confiés à plusieurs entreprises partenaires : Entreprise de TP David Roy pour le terrassement, SARL SCBM pour la maçonnerie, les Ets Dugué pour la construction du bâtiment (charpente, couverture, isolation, bardage, fenêtres, silos). En termes d’équipements, l’installation de matériel de pointe Big Dutchman (alimentation des animaux en chaînes plates, pesons automatiques dans les nids, ventilation en fumus et ventilation supplémentaire en pignon pendant l’été) a été réalisée par Applicasoft. Pour améliorer le confort de l’éleveur, une emballeuse à œufs Sanovo a été installée. L’ensemble représente un investissement total de 1 500 000 € (soit 490 € / m2) : Bâtiment : 800 000€ / Equipements intérieurs : 630 000€ / Emballeuse : 70 000€. Pour compléter le projet, Nicolas Boche a choisi d’innover en installant des panneaux photovoltaïques (500 kWc) sur les deux pans de toiture de son bâtiment à des fins d’autoconsommation et de revente de surplus.

Un élevage moderne et durable

L’ensemble du site représente le niveau de qualité et d’exigence que requiert le métier d’éleveur multiplicateur. Une activité technique assez méconnue que Nicolas Boche a souhaité faire découvrir au plus grand nombre à l’occasion d’une opération Portes Ouvertes de son exploitation à Val-en-Vignes le 7 septembre : “Les éleveurs que je vois régulièrement pour du ramassage de poulets de chair ne connaissent pas forcément le métier de la repro, le type de matériel, de bâtiment, ce que ça peut générer. Je trouve ça intéressant d’expliquer mon activité.”

“Ma priorité est d’avoir un bâtiment avec un maximum de confort pour les poules et pour l’éleveur. Le métier de multiplicateur consiste à veiller à ce que poules et coqs soient dans les meilleures conditions (nourriture, température, litière) pour procréer” résume Nicolas Boche. La sécurité sanitaire est le maître-mot de cet élevage nouvelle génération, “avec des douches, un portique de désinfection et une clôture pour se protéger des contraintes extérieures et minimiser tout risque potentiel”. L’élevage intègre “toutes les dernières normes les plus exigeantes en termes de biosécurité et de bien-être, avec par exemple un bâtiment avec fenêtres pour répondre à l’un des engagements de la charte Nature d’éleveurs, la démarche d’élevage durable du groupe LDC” indique Bastien Godfrain, Directeur Galina.

Un exemple pour l’avenir de la filière volailles

Le projet d’installation de Nicolas Boche est intervenu dans un contexte de restructuration du parc élevages suite à la reprise en 2020 des Ets Daviet par LDC Amont, avec notamment la cession de 2 sites de ponte interne à deux salariées et un accompagnement spécifique par Galina pour permettre le financement de la transformation des sites de repro à futurs repro.

“L’enjeu principal de la société était de rééquilibrer le parc de production en Vendée et le projet d’installation de Nicolas s’inscrivait parfaitement dans cette perspective.” explique Dominique Perrot. “La reprise du parc de production d’Orvia en Vendée, qui n’était pas prévue initialement, est venue compléter ce dispositif”. L’élevage repro de Nicolas Boche, qui accueillera 21 000 poules Ross 308 et 2000 coqs, devrait produire 100 000 poussins/semaine, soit 10% de la production de Galina Vendée.

Cette installation dans une zone à faible densité d’élevage répond également à la stratégie de maillage géographique adoptée par Galina, où la proximité n’est plus un facteur déterminant dans la protection de la filière face à la grippe aviaire : “Étendre le rayon d’activité permet de réduire les risques en cas de contamination. La Vendée a été particulièrement touchée lors de la dernière crise ; s’éloigner un peu permet de répartir le risque avec des capacités de production supérieures, ce qui nous laisse des opportunités pour travailler avec des éleveurs repro sur un territoire beaucoup plus large. On peut s’éloigner d’un couvoir historique mais se rapprocher d’un couvoir qui nous a rejoint. Ce maillage participe aux efforts de l’ensemble de la filière en termes de spécialisation, de compétitivité des sites et d’innovation” précise Bastien Godfrain, Directeur Galina.