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TOULON : Yann BIZIEN : « Présidentielle de 2027, jamais d…

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Gilles Carvoyeur
16 Déc 2023

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TOULON : Yann BIZIEN : « Présidentielle de 2027, jamais deux entourloupes, sans trois » ? 

Le scénario d’un futur « face à face » Edouard Philippe – Marine Le Pen n’est pas improbable.

Il est même hautement plausible, à ce stade. Car c’est celui qui est désiré par le « système ». 

En 2027, ce « système » nous offrira ce qu’il sait faire de mieux : la reproduction des mêmes élites d’un côté, et la garantie de la continuité de l’autre. 

Les Français, qui attendent pourtant des ruptures politiques majeures pour tout changer, devraient donc avoir le choix, si l’on écarte Mélenchon, le révolutionnaire, entre Edouard Philippe, 53 ans, le pur produit du macronisme, le petit tyran de la crise du COVID, « enfermator », ou « vaccinator », celui qui ricanait devant Notre-Dame en feu, mais aussi l’héritier et le partisan de la mondialisation heureuse d’Alain Juppé, favorable à la retraite à 67 ans, aux 80 km/h sur nos routes départementales, davantage capable de voter pour la France insoumise, plutôt que pour le Rassemblement national, et Marine Le Pen, 55 ans, certes notabilisée, « candidate naturelle de son camp », mais décevante, car personne n’ignore combien elle n’a jamais pu être à la hauteur de son adversaire dans les deux débats décisifs d’entre deux tours des présidentielles de 2017 et 2022. 

Sauf surprise, alors que tout s’effondre ou explose autour de nous, nous aurons probablement droit à un duel entre deux candidats que nous connaissons parfaitement. 

Edouard Philippe ne voudra rien céder à Marine Le Pen sur les questions de déconstruction de l’Etat, de souveraineté, de patriotisme, de défense et de protection des classes populaires. Il utilisera les mêmes arguments et les mêmes ficelles qu’Emmanuel Macron pour tenter de disqualifier la 3ème candidature de Marine Le Pen.

Il y a un mal profond dans la politique, c’est l’incapacité des partis à se régénérer, à attirer des talents et à les hisser vers le haut.

Il y a aussi un mal profond, c’est celui des électeurs. Nombreux sont ceux qui s’abstiennent encore de contribuer à la vie politique de la nation. Et nombreux sont ceux qui laissent prendre leur conscience en main par le système médiatique dominant, jusqu’aux urnes, s’abstenant de tout discernement responsable et de jugement personnel autonome. 

Dans les années 80, si Jean-Marie Le Pen n’avait pas fait ses écarts de langage, s’il n’avait pas eu tout un système contre lui pour l’éloigner du champ du pouvoir, s’il avait pu conceptualiser un projet politique et économique global, s’il avait su attirer à lui davantage d’électeurs, s’il avait vraiment eu envie de gouverner, et s’il avait pu accéder au pouvoir, nous n’aurions très vraisemblablement pas tous nos problèmes de dépendance, d’insécurité et de mis en danger de notre civilisation aujourd’hui.

Je suis déçu par ce système qui reproduit en permanence ses « formules porteuses » et tout ce dont la France n’a plus besoin. Car ce même système nous redira durant toute la campagne de 2027 que « « le choix n’est pas entre le bien et le mal, mais entre le préférable, et le détestable », comme disait Raymond Aron, c’est à dire, encore une fois, « entre Edouard Philippe ou le chaos ».

Nous pouvons faire confiance au système, toujours fidèle à lui-même, pour garantir les « accommodements raisonnables », pour fabriquer des sondages qui lui sont favorables, pour désigner ses préférés et pour sauver sa peau une troisième fois. Soyons tous assurés que ce système saura encore transformer, en 2027, des vieux déconstructeurs en nouveaux sauveteurs vertueux. 

Le problème est que ce système ne nous fait plus rêver, qu’il n’a toujours pas traité nos problèmes majeurs, qui s’aggravent, que les ambitions personnelles de chacun dépassent leurs convictions pour la France et qu’il ne sait toujours pas faire émerger, de notre corps social, un Napoléon ou un Charles de Gaulle.

Le « système » est, en définitive, le plus grand fardeau français. Il se renouvelle, il fabrique les dirigeants de ses désirs et il dégoûte toujours plus une grande partie du peuple.

Yann BIZIEN.