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TOULON : Vincent THIERY : « Quel avenir pour Reconquête! » ?

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TOULON : Vincent THIERY : « Quel avenir pour Reconquête! » ?

Lors de mon précédent mail, je vous disais que nous sauverons Reconquête, c’est chose faite.

Soyez rassurés, la stabilité financière a été trouvée grâce à notre trésorier et grâce à nos courageux candidats aux législatives.

Après ces semaines tumultueuses, les passions retombent, laissant place à une réflexion plus sereine. J’aimerais à cet effet vous partager ma modeste analyse de la situation, qui me donne beaucoup d’espoir pour l’avenir.

Je ne reviendrai pas sur notre défaite, vous en connaissez les raisons : la dynamique du RN autour du vote utile, cette invention parfaitement idiote qui n’a pour seul but que de siphonner nos voix au premier tour. Non, j’aimerais m’attarder sur la défaite du RN. Une défaite sur laquelle j’aimerais que vous cessiez de vous morfondre, car elle est le résultat d’une succession d’énormes erreurs stratégiques de Marine Le Pen. Il n’est pas question que nous soyons au chevet de ceux qui viennent, une fois de plus, de faire perdre le camp national.

D’abord, j’étais frappé de voir dimanche dernier le nombre de Français qui ignoraient comment ce scrutin fonctionne. Pour gagner une élection législative, il ne suffit pas d’être en tête au premier tour ; il faut qu’au second, vous ayez la capacité de faire face à la coalition générée par vos adversaires. Cela signifie que vous devez avoir un réservoir de voix suffisant pour empêcher le pouvoir de nuisance des castors. Si Marine Le Pen n’avait pas passé trois années à asphyxier Reconquête!, elle n’aurait pas compromis à ce point ses chances pour la présidentielle. Il n’est pas bon de le dire mais je pense que ce scrutin est la meilleure expression de la démocratie de notre pays. Il empêche, par exemple, l’élection d’un candidat rejeté par plus de 60 % des électeurs. C’est cruel, mais le résultat satisfait davantage d’électeurs. Et comme vous le découvrez peut-être aujourd’hui, il n’a pas deux mais trois tours. Celui qui se joue en ce moment et qui permettra à une majorité d’envoyer un premier ministre à Matignon.

L’entreprise de Reconquête!, comme vous l’avez probablement entendu, n’est pas de se dédiaboliser en se reniant du sol au plafond, mais d’expliquer pourquoi nos idées sont les seules défendables. Marine Le Pen paie également son instabilité idéologique sur de nombreux sujets. Sébastien Chenu en a fait les frais sur la binationalité. Là non plus, il ne suffit pas d’arriver en tête.

Beaucoup de commentateurs disent que sans les désistements entre les deux tours, le RN aurait obtenu la majorité absolue. Je dis également que si Marine Le Pen avait réussi à fédérer l’intégralité des LR et à parler à l’électorat le plus à droite de Macron, elle l’aurait obtenue aussi.

Vous me direz qu’un jour, nous serons dans la même situation que le RN et nous vivrons alors la même difficulté. Eh bien non. Notre parti s’est construit sur un constat simple d’Éric Zemmour : Marine Le Pen et son parti ne gagneront jamais parce qu’ils sont incapables d’unir les droites. Pour défaire cette prophétie, elle devrait abandonner son programme économique communiste, véritable repoussoir pour les électeurs de la droite libérale. Mais Marine Le Pen refuse cette éventualité pour une raison simple : toute sa stratégie de dédiabolisation repose sur la gauchisation de son programme, ce qui reviendrait également à admettre que la direction prise par le RN d’aller chasser sur les terres des mélenchonistes était une erreur. Elle théorise l’idée que son score augmente presque mécaniquement à chaque élection. Je pense au contraire que si son score augmente, c’est grâce à l’ajout de vos voix et de celles des anciens communistes qu’elle a réussi à séduire avec des mesures antilibérales, clientélistes et fortement populistes. Son plafond de verre a été atteint. Nous avons le devoir d’expliquer cette vérité avant qu’elle ne se présente à la présidentielle et fasse perdre la droite une énième fois.

Par son projet profondément ancré à droite, son refus du populisme et sa volonté de faire l’union, Reconquête est aujourd’hui le seul capable de parler à LR, Horizon et à la droite macroniste. Nous devons appliquer l’exact inverse de la stratégie de la Traitresse qui consistait à attaquer durement le LR. Ce sont nos alliés de demain, alors que nous n’avons plus rien à espérer du RN, sinon récupérer les quelques électeurs de droite qui restent encore là-bas.

J’aimerais qu’il en soit terminé de nous comparer continuellement au RN. Nous ne sommes pas et n’avons jamais été, à aucun moment, des populistes. Le courage de la vérité implique aussi de dire que nous avons plus de points communs avec un Edouard Philippe qu’avec une Marine Le Pen. À cet égard, je ne saurais jamais assez remercier Éric Zemmour d’avoir été le seul chef de parti courageux à soutenir la réforme des retraites contre le populisme.

Laissons derrière nous la compétition avec le Rassemblement National. Nous ne sommes pas de la même nature et retrouvons surtout notre ambition. Nous avons deux grandes forces qui font que nous sommes toujours debout : notre capacité à prévoir systématiquement le juste et notre combat qui n’est pas un combat électoral, mais quelque chose de bien plus grand. C’est un combat du cœur et, comme vous le savez, ils ne nous l’arracheront pas.

Enfin, l’instabilité politique actuelle a une origine qui dépasse largement le cadre de la dissolution. Elle est la conséquence directe du discours d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen, qui depuis dix ans disent au peuple qu’ils ne sont ni de droite ni de gauche. En plus d’être un mensonge, c’est une idiotie ; vous n’allierez jamais idéologiquement des contraires. Nous faisons l’expérience du en même temps depuis 10 ans, c’est la marque de l’immobilisme. Il existe toutefois un moyen de mettre fin à l’instabilité politique causée par les trois blocs. Il faut pousser le bloc nationaliste à assumer qu’il est pleinement de droite et faire réaliser aux électeurs que le centrisme est une chimère. Vous êtes soit de droite, soit de gauche. La 5e République fonctionne de cette façon. Je souhaite que notre parti montre la voie qui permettra de réinstaller le clivage gauche – droite. Il est essentiel.

Je crois Reconquête! capable des plus grandes choses, et ce n’est pas une formule toute faite ni voeux pieu. Je sais que lorsque la République connaît des troubles, les électeurs se tournent vers les discours les plus rationnels. Notre héritage et notre culture politique empêcheront toujours les autres de nous prendre pour des apprentis sorciers. Nous avons pendant cette période qui s’ouvre à nous, tout à prouver.

Vincent THIERY
Délégué Départemental Reconquête! Var.