TOULON : PPI TOULON 2023 – La surveillance radiologiq…
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TOULON : PPI TOULON 2023 – La surveillance radiologique au sein de la base navale de Toulon
L’article R741-32 du code de la sécurité intérieure relatif aux Plans Particuliers d’Intervention (PPI) introduit l’obligation d’exercice tous les cinq ans.
Ainsi la Marine nationale, le préfet de département et l’autorité de sûreté nucléaire de défense organisent conjointement un exercice PPI afin d’entraîner les équipes des services publics, civils et militaires, et de mécaniser les procédures, le dernier ayant eu lieu en décembre 2019. Par ailleurs et en complément de ces exercices PPI, la Marine organise annuellement au niveau de chacune de ses bases des exercices nationaux. Au niveau de la base navale de Toulon, des exercices de sécurité nucléaire sont également organisés annuellement. L’exercice « PPI TOULON 2023 » se déroule les mercredi 22 et jeudi 23 novembre 2023 et concernera un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) basé en zone protégée Missiessy au sein de la base navale de Toulon.
Un point zéro constituant un état de référence radio écologique de l’environnement a été établi en 1982. Depuis 1997, il n’y a plus aucun rejet radioactif liquide au large de Toulon. En effet, les effluents radioactifs liquides sont collectés au niveau de l’installation nucléaire de Missiessy puis transférés par citerne vers un centre agréé en vue de leur traitement. Les effluents radioactifs gazeux ont pour origine les opérations d’entretien (dégazages des circuits primaires) et des rejets de ventilation. Ils sont surveillés en permanence. Afin de mesurer l’impact des activités nucléaires au sein de la Base navale de Toulon, une surveillance est mise en place par le LASEM :
– Des mesures d’activité préalable et en continu aux cheminées sont réalisées. Les rejets gazeux sont comptabilisés dans un registre administratif réglementaire ;
– Une surveillance radiologique permanente du site est menée en temps réel par le système de surveillance nucléaire de la marine (2SNM) constitué d’un réseau de senseurs. Les données sont publiées sur le Réseau National des Mesures (RNM), accessible sur le site www.mesure-radioactivite.fr;
– Un programme triennal de prélèvements et d’analyses de différents composants de l’écosystème :
– surveillance du milieu atmosphérique (aérosols, gaz et eau de pluie) ;
– surveillance du milieu terrestre (eau douce, végétaux et légumes, sédiments) ;
– surveillance du milieu marin (eau de mer, faune et flore, sédiments) ; Cette surveillance s’étend jusqu’à 10 km autour de la base navale. Il s’agit d’analyses en différé, contrairement au 2SNM. Les résultats sont diffusés semestriellement sous forme de plaquettes aux membres de la commission d’information. Ils sont également publiés sur le site du RNM ;
– Un système de portiques de surveillance radiologique pour piétons et véhicules aux accès des zones où se situent les installations nucléaires ;
– Tous les 3 à 4 ans, des campagnes de mesure de l’irradiation au niveau du sol au-dessus de la base navale par hélicoptère doté d’un moyen de mesure (HELINUC) mis en œuvre par le commissariat à l’énergie atomique (CEA) au profit de l’exploitant. La dernière campagne de mesures a été conduite en mars 2023.
Aucune anomalie radiologique n’a été mise en évidence par ces mesures dans le proche environnement du site. Une éventuelle fuite de produits radioactifs dans l’atmosphère serait immédiatement détectée et l’alarme serait donnée vers l’autorité militaire territoriale et les pouvoirs publics. Au bilan, l’impact calculé des rejets radioactifs sur la population potentiellement la plus exposée, est de 0,000 000 013 mSv (millisieverts) soit plus d’un million de fois inférieur à une radiographie dentaire (0,017 mSv). La radioactivité mise en évidence dans les échantillons prélevés provient essentiellement d’éléments naturels (le potassium 40 et le béryllium 7). En effet, le sol émet naturellement des rayonnements gamma issus de la présence de corps radioactifs naturels. Les concentrations de ces éléments varient avec la nature des roches et des sédiments, ce qui explique les grandes variations de niveau d’exposition observées en fonction de la géographie. En France, elle est surtout élevée dans les régions granitiques de Bretagne ou du Massif central.