Passer au contenu principal

TOULON : Mission Jeanne d’Arc – 162 officiers-é…

Partager :

TOULON : Mission Jeanne d’Arc – 162 officiers-élèves embarquent pour cinq mois en mer

Le 17 février, la mission Jeanne d’Arc a quitté Toulon avec 162 futurs officiers pour un déploiement de formation et d’opérations en Indopacifique.

La rade de Toulon a été le théâtre, le 17 février dernier, du grand départ de la mission annuelle Jeanne d’Arc. À bord du porte-hélicoptères amphibie (PHA) Dixmude et de la frégate Aconit, 800 militaires, dont 162 officiers-élèves, ont mis le cap sur une navigation de cinq mois qui les mènera de l’océan Indien au Pacifique. Ce déploiement majeur combine la formation pratique des futurs cadres de la Marine nationale et la conduite d’opérations dans une zone d’intérêt stratégique pour la France.

Une cérémonie officielle, en présence du préfet du Var et des familles, a précédé l’appareillage de l’imposant PHA Dixmude, long de près de 200 mètres. Le navire a quitté le port au son traditionnel de 17 coups de canon, marquant le début d’une étape décisive pour la nouvelle promotion d’officiers.

Une formation en conditions réelles.

Après trois années de formation théorique, cette mission représente l’aboutissement du parcours pour les jeunes officiers. Elle leur permet de mettre en pratique leurs connaissances en matière de navigation, de manœuvre, de gestion des opérations et d’utilisation de systèmes complexes comme les drones. Pour beaucoup, c’est le moment attendu de la confrontation avec la réalité du métier. « Ça y est, on arrive dans le grand bain », s’est réjoui Clotaire, 27 ans, l’un des officiers-élèves embarqués, qui attendait ce moment « depuis longtemps ».

Cette édition 2026 s’inscrit également dans le cadre des célébrations des 400 ans de la Marine nationale. Le parcours est dense : après une première escale à Istanbul, le groupe amphibie est attendu à Mayotte, La Réunion, Singapour et Manille (Philippines), avant de poursuivre vers l’Inde et Abu Dhabi. Le retour à Toulon est programmé pour le 14 juillet.

Un déploiement stratégique en Indopacifique.

Le choix de la zone Indopacifique n’est pas anodin. Selon le ministère des Armées, cette région est confrontée à de multiples tensions, telles que les entraves à la liberté de navigation, la rivalité sino-américaine ou l’insécurité climatique. La mission Jeanne d’Arc vise à affirmer la présence française pour protéger sa souveraineté, ses ressortissants et les flux maritimes. « Cette mission permet non seulement d’aller dans les zones où nous avons des intérêts à protéger, mais également dans des zones où nous souhaitons renforcer nos partenariats », a expliqué le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu. Le choix des escales est ainsi conçu pour « maximiser la coopération avec nos partenaires et alliés ».

L’un des objectifs secondaires de la mission est de tester des équipements de nouvelle génération. Cette année, un accent particulier est mis sur le drone de surveillance maritime Flexotor. Avec ses 12 heures d’autonomie, il surpasse largement les hélicoptères traditionnels. Positionné à l’avant du Dixmude, il aura pour rôle de détecter les menaces en amont, permettant ainsi de préserver le potentiel des aéronefs pilotés. « Il permettra de reposer les équipages et de concentrer les hélicoptères sur d’autres missions », a détaillé le lieutenant de vaisseau Augustin, tout en soulignant l’importance complémentaire du « ressenti humain » que seul un équipage embarqué peut apporter.

La Marine recrute ses futurs volontaires à Toulon.

Pendant que ses futurs cadres naviguent aux quatre coins du monde, la Marine nationale prépare également la relève à quai. Elle a lancé une campagne de recrutement pour son service national volontaire (SNV), un engagement de 10 mois destiné aux jeunes de 18 à 25 ans. À Toulon, qui concentrera 10 % de l’effectif national, une vingtaine de candidatures ont déjà été enregistrées en un mois, sur un objectif de 600 volontaires en France d’ici l’été.

Ce dispositif propose une immersion dans les métiers de la Marine autour de trois grands domaines : le soutien aux forces (administration, restauration), la protection (fusiliers marins, pilotage de drones) et la défense côtière (mécanique, surveillance dans les sémaphores). « On ne va pas les envoyer en mission ou sur des zones de conflit », a tenu à souligner le maître principal Sébastien, conseiller au Centre d’Information et de Recrutement des Forces Armées (CIRFA) de Toulon. La formation initiale d’un mois inclut des activités sportives et l’apprentissage des fondamentaux militaires, du tir à la marche au pas. Les volontaires perçoivent une rémunération de 800 euros par mois et bénéficient de 21 jours de permission. Le recrutement se poursuit jusqu’en juillet pour une incorporation prévue en septembre et octobre prochains.