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TOULON : Logement social – Le Var, mauvais élève de l…

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TOULON : Logement social – Le Var, mauvais élève de la loi SRU, accumule les pénalités

Dans le Var, la crise du logement social s’aggrave face à une offre insuffisante, obligeant 21 communes à payer 14,6 millions d’euros de pénalités.

La question du logement social en France reste un défi majeur, particulièrement aigu dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le département du Var illustre cette tension de manière criante : malgré les obligations légales, de nombreuses communes peinent à atteindre les objectifs fixés, creusant le déficit et aggravant une situation sociale déjà précaire pour des dizaines de milliers de ménages.

Oursin Vert 167 Juillet 2026

Un constat départemental alarmant

La loi relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains (SRU) impose aux communes de plus de 3 500 habitants de disposer d’un parc de 25 % de logements sociaux. Or, dans le Var, les chiffres révèlent un retard considérable. Sur les 44 communes varoises soumises à cette obligation, seule La Garde a rempli son contrat. Vingt-et-une autres communes sont si loin du compte qu’elles ont été contraintes de s’acquitter d’une contribution de solidarité, une pénalité s’élevant à un total de 14,6 millions d’euros.

Quelques rares exceptions témoignent cependant qu’une volonté politique peut inverser la tendance. La commune de Solliès-Pont, par exemple, a non seulement atteint mais également dépassé son objectif de rattrapage fixé pour la période triennale, prouvant que des progrès sont possibles lorsque la priorité est clairement affichée.

Une pression humaine insoutenable

Derrière les statistiques et les pénalités financières se cache une réalité humaine difficile. Selon les données de la préfecture du Var, l’année 2025 a enregistré 36 826 ménages déposant une demande pour l’obtention d’un logement social. Face à cette demande massive, seules 3 530 attributions ont pu être effectuées, soit moins d’une demande sur dix satisfaite. Ce décalage abyssal entre l’offre et la demande plonge des milliers de familles, de jeunes travailleurs et de personnes isolées dans l’incertitude et la précarité.

Cette situation met en lumière l’urgence d’accélérer la construction et la réhabilitation de logements à loyer modéré pour répondre aux besoins d’une population fragilisée par la hausse du coût de la vie et la pression immobilière qui caractérise le littoral méditerranéen.

Carqueiranne, symbole d’une lenteur préoccupante

Le cas de Carqueiranne est emblématique de l’inertie observée dans certaines municipalités. En 2002, la commune affichait un taux de 4,84 % de logements sociaux. Vingt-et-un ans plus tard, en 2023, ce taux n’avait progressé que très faiblement pour atteindre 5,56 %. Une augmentation de seulement 0,72 point en plus de deux décennies illustre un manque criant d’ambition et d’action face à une obligation légale et un devoir moral. Cette situation n’est malheureusement pas isolée et reflète les difficultés ou le manque de volonté de certains élus à s’emparer pleinement de cette compétence essentielle. Respecter la loi SRU n’est pas seulement une contrainte administrative, mais un levier fondamental de cohésion sociale et de développement équilibré des territoires.

L’OURSIN VERT via Presse Agence.