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TOULON : Littoral varois – François de CANSON, nouvea…

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TOULON : Littoral varois – François de CANSON, nouveau président du SCLV, alerte sur les défis climatiques et économiques

François de Canson, nouveau président du Syndicat des Communes du Littoral Varois a fixé le cap pour protéger la côte face aux défis climatiques et réglementaires.

Lors de son discours d’investiture le 11 mai dernier, François de Canson, nouveau président du Syndicat des Communes du Littoral Varois (SCLV) a présenté une vision claire et ambitieuse pour l’avenir de la côte varoise, un territoire qu’il a qualifié d’« espace stratégique majeur » pour la nation. Devant un parterre d’élus locaux, il a souligné l’urgence d’une action collective face à des bouleversements d’une ampleur inédite, tout en saluant le travail accompli par son prédécesseur, Gil Bernardi.

Un territoire stratégique mais vulnérable

Le nouveau président a d’abord rappelé le poids économique et social du littoral, cœur battant de l’attractivité départementale. Avec près de 8 millions de touristes annuels et une population résidente en constante augmentation sur la façade méditerranéenne, le Var est un pôle de vie et de développement.

« Au-delà du tourisme, le littoral est devenu un véritable espace de vie », a-t-il insisté.

Cette attractivité s’appuie également sur des atouts stratégiques de premier plan : l’arsenal de Toulon, premier port militaire d’Europe, des fleurons industriels comme Naval Group et Orange Marine, et des centres de recherche de pointe tel que l’IFREMER.

« Le littoral varois concentre à lui seul des enjeux environnementaux, économiques, industriels, scientifiques et stratégiques majeurs pour l’avenir de notre pays », a-t-il résumé.

Pourtant, ce territoire demeure profondément fragile. Le président a énuméré les menaces croissantes : le changement climatique, dont les effets sont déjà visibles (montée du niveau de la mer, recul du trait de côte), les pollutions plastiques, les conflits d’usage et les fortes tensions foncières qui compliquent l’accès au logement pour les habitants.

Les élus locaux en première ligne face à un millefeuille normatif

Face à ces enjeux devenus une préoccupation nationale, comme en témoigne l’étude en cours du Conseil d’État sur « La mer et les politiques publiques », les élus locaux se retrouvent en première ligne. Le président du SCLV a pointé la complexité d’un cadre réglementaire de plus en plus dense, citant la Stratégie Nationale Mer et Littoral, les SCoT ou encore la loi Climat et Résilience.

Cette dernière a d’ailleurs classé 19 communes littorales varoises en zone d’exposition au recul du trait de côte, les obligeant à intégrer des projections à trente ou cent ans dans leurs documents d’urbanisme.

« Nous agissons au présent tout en planifiant parfois à trente ans, voire à cent ans. Et cela sans certitude absolue sur les moyens dont disposeront demain nos territoires », a-t-il déploré, rappelant que la question du financement de l’adaptation, notamment via le fonds national dédié à l’érosion côtière, « reste d’ailleurs entière ».

Faire du SCLV un pôle d’expertise et d’innovation

S’appuyant sur les bases solides posées par le syndicat ces dernières années – protection des cétacés avec l’accord Pelagos, amélioration de la qualité des eaux de baignade, valorisation de la posidonie – le nouveau président a appelé à « franchir une nouvelle étape ».

L’objectif est de transformer le SCLV en un véritable pôle d’expertise et d’innovation territoriale, en synergie avec les plans engagés par la Région Sud.

L’urgence est palpable, a-t-il rappelé, citant des projections alarmantes : « Nous savons tous ici que le Var sera probablement le département français le plus touché par l’érosion côtière d’ici 2050. Plus de 400 logements et plus de 100 locaux d’activités économiques sont directement menacés ».

Pour faire face, le syndicat devra mutualiser les expériences, expérimenter des solutions et « faire entendre la voix du littoral varois auprès des ministères et des grandes institutions nationales ».

Un appel à l’intelligence collective

En conclusion, le président a lancé un appel à l’unité et à l’intelligence collective des territoires. Pour lui, la solution réside dans la capacité des communes à travailler de concert pour protéger leurs richesses environnementales sans sacrifier leur dynamisme économique.

« Notre responsabilité collective est là : préserver ce qui fait l’âme de notre littoral tout en préparant lucidement son avenir », a-t-il affirmé, convaincu que le SCLV sera un acteur majeur de cette ambition dans les années à venir.

via Press Agence.