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TOULON : Fabien PIERSANTI : « Loger les Varois, c’est…

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TOULON : Fabien PIERSANTI : « Loger les Varois, c’est préparer l’avenir du territoire »

À deux mois des élections municipales, l’Observatoire Immobilier de Provence (OIP) du Var a dévoilé, jeudi 29 janvier, un manifeste d’urgence proposant des solutions concrètes aux candidats pour endiguer une crise du logement historique.

La situation est critique et le message est clair : le statu quo n’est plus une option. Alors que la France traverse sa plus grave crise du logement depuis les années 1950, le département du Var, soumis à une forte pression démographique et touristique, se trouve en première ligne. C’est dans ce contexte tendu que les grands acteurs de l’immobilier, réunis au sein de l’OIP Var, ont décidé d’interpeller directement les futurs édiles.

Pour Fabien Piersanti, président de la délégation varoise de l’OIP et de la FBTP 83, le logement doit changer de statut dans l’esprit des décideurs publics. « Je voudrais que nous considérions tous le logement comme une solution et non comme un problème. Une solution pour donner une chance à tous de vivre une vie apaisée, une solution pour relancer l’économie », a déclaré Fabien Piersanti.

Un impact économique et social dévastateur.

Le diagnostic posé par l’OIP est sans appel. La pénurie de logements ne se limite pas à une difficulté d’habitation ; elle grippe l’ensemble de la machine économique locale. Les entreprises peinent à recruter et à fidéliser leurs collaborateurs, faute de toits disponibles à des prix décents. Selon les données relayées par l’organisme, 19 % des Français ont déjà quitté ou refusé un emploi faute de logement à proximité.

« L’ensemble des acteurs de la chaîne du logement et leurs écosystèmes sont en souffrance : effondrement de l’activité, suppressions d’emplois, perte de compétences et de compétitivité », a alerté le président de l’OIP Var. Le manque à gagner pour les finances publiques est colossal, estimé à plusieurs milliards d’euros par an au niveau national. À l’échelle locale, l’OIP rappelle qu’un logement neuf représente environ 60 000 euros de fiscalité pour le territoire et deux emplois non-délocalisables maintenus pendant 18 mois.

Sur le plan social, la crise touche toutes les générations : étudiants renonçant à leur cursus, jeunes couples repoussant la natalité faute de place, ou seniors ne pouvant plus financer leur maintien à domicile. « Pour certains, se loger, et a fortiori acheter, est devenu un rêve inatteignable », a souligné Fabien Piersanti.

Des chiffres alarmants pour le département.

Le manifeste s’appuie sur des statistiques préoccupantes qui illustrent l’urgence d’agir. En 2024, seulement 250 000 logements ont été mis en chantier en France, un niveau historiquement bas. Dans le Var, cette rareté maintient les prix et les loyers à des niveaux élevés, asséchant le marché locatif.

Les conséquences sont directes pour la population : 68 % des Français jugent difficile de trouver un logement dans leur commune et 72 % estiment désormais l’accession à la propriété impossible. Plus grave encore, 28 % des actifs varois demandeurs de logements sociaux sont actuellement hébergés par des tiers ou sans abri.

Quatre leviers d’action pour les maires.

Face à ce constat, l’OIP ne se contente pas d’alerter mais propose une feuille de route pragmatique aux 165 communes et intercommunalités du Var. Le manifeste (disponible en intégralité ici : https://www.dropbox.com/scl/fi/nsw62uixnfca1fs3weem7/MANIFESTE_OIP-Var_2026_VF.pdf?rlkey=c3uocytoip453l3mbkee9yhj5&dl=0) s’articule autour de quatre axes majeurs que les maires peuvent activer rapidement.

Le premier axe concerne la production de logements neufs. L’organisation préconise de « faire accepter la densité » pour éviter l’étalement urbain, en fixant par exemple une densité minimale de 75 % du potentiel constructif dans les PLUi. Elle suggère également d’aider les primo-accédants via un prêt à taux zéro local bonifié et d’accélérer la délivrance des permis de construire en dématérialisant les procédures.

Le deuxième axe vise à rénover et transformer l’existant. « Mieux vaut un logement occupé qu’un local professionnel vide », insistent les auteurs du manifeste, qui encouragent la transformation de bureaux délaissés en habitations et le soutien massif à la rénovation énergétique des copropriétés dégradées.

Le troisième volet aborde la fiscalité et la commande publique. L’OIP demande une forfaitisation de la cotisation foncière des entreprises (CFE) pour les opérateurs immobiliers et incite les collectivités à respecter la Charte varoise facilitant l’accès des TPE-PME aux marchés publics.

Enfin, le quatrième point lie habitat et mobilité. Dans un département où les distances sont importantes, l’OIP appelle à arrêter la suppression systématique des places de stationnement sans solutions alternatives et à créer des parkings sécurisés, y compris en périphérie.

Une mobilisation générale attendue.

Ce plaidoyer sera adressé à l’ensemble des candidats et, par la suite, aux élus qui sortiront vainqueurs des urnes dans deux mois. L’objectif est de provoquer une prise de conscience salutaire.

« Nous avons le devoir d’agir collectivement et localement. Les maires et élus intercommunaux ont entre leurs mains des outils puissants pour relancer la production », a conclu Fabien Piersanti, rappelant que l’expertise des membres de l’OIP reste à la disposition des décideurs pour « faire société     ensemble ».