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TOULON : Aide au carburant – L’OTRE dénonce des…

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TOULON : Aide au carburant – L’OTRE dénonce des critères d’éligibilité « discriminants »

L’OTRE alerte sur l’iniquité des aides au carburant, craignant l’exclusion de 80% des entreprises et une distorsion de concurrence.

Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu vient d’annoncer la prolongation des aides au carburant pour le mois de mai, une mesure attendue par une profession en tension, la réaction de l’Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) est pour le moins mitigée. Si l’organisation salue la reconduction d’un soutien jugé vital dans un contexte budgétaire contraint, elle exprime de vives inquiétudes et dénonce des modalités d’accès qu’elle qualifie d’« arbitraires et profondément discriminantes », instaurant une rupture d’égalité entre les professionnels du secteur.

Une aide vitale mais inaccessible pour beaucoup

Dès la publication du premier dispositif le 17 avril dernier, l’OTRE avait alerté les pouvoirs publics sur ce qu’elle considérait comme une exclusion injustifiée d’un grand nombre d’entreprises. Malgré ces avertissements, le Gouvernement a choisi de maintenir les mêmes critères pour la prolongation de l’aide en mai, une décision qui, selon l’organisation professionnelle, est lourde de conséquences. L’OTRE estime en effet qu’environ 80 % des entreprises du transport routier n’auront pas accès à l’aide supérieure à 5 000€, créant de fait une aide à deux vitesses qui pénalise une large majorité d’acteurs économiques. Cette situation alimente un climat de tension croissante au sein d’une profession déjà fragilisée par la hausse des coûts.

Un critère économique jugé déconnecté de la réalité

Le cœur du litige réside dans le critère technique retenu par le Gouvernement pour conditionner l’accès aux aides les plus significatives. Pour bénéficier d’un soutien supérieur à 5 000 euros, une entreprise doit présenter un ratio excédent brut d’exploitation (EBE) sur chiffre d’affaires inférieur ou égal à 5 % sur les deux derniers exercices clos au 31 mars 2026. Pour l’OTRE, ce choix est « pénalisant et déconnecté des réalités économiques du secteur ». Un ratio EBE/CA légèrement supérieur à 5 % ne signifie pas nécessairement une santé financière florissante qui permettrait d’absorber sans difficulté la flambée des prix du carburant. De nombreuses entreprises saines mais aux marges structurellement différentes se retrouvent ainsi privées d’un soutien essentiel, ce qui engendre, d’après l’organisation, une distorsion de concurrence manifeste entre les entreprises éligibles et celles qui ne le sont pas.

Un appel urgent à une révision des modalités

Face à cette situation jugée inéquitable, l’OTRE, organisation représentative du secteur du transport routier en France et en Europe, renouvelle avec force sa demande auprès du Gouvernement. Elle exige la suppression pure et simple du critère d’éligibilité basé sur l’EBE ou, à défaut, une révision immédiate et rétroactive des modalités d’accès pour garantir un traitement juste et équitable de l’ensemble des acteurs.

Pour l’organisation, « l’équité de traitement entre les entreprises ne peut être une variable d’ajustement ».

L’appel est clair : il est impératif de revoir la copie pour que cette aide indispensable ne se transforme pas en un facteur de division et de fragilisation supplémentaire pour le transport routier français.

L’OTRE, qui est une organisation dédiée à la défense des PME du transport routier et de la logistique, a publié son analyse complète dans un communiqué de presse disponible sur son site (https://www.otre.org/lorganisation-des-transporteurs-routiers-europeens-otre-appelle-le-gouvernement-a-revoir-sans-delai-les-modalites-dacces-aux-aides-directes-afin-de-garantir-un-traitement-reelleme/).

Pour plus d’informations sur l’organisation, son site officiel est accessible via ce lien : https://www.otre.org/.

via Press Agence.