PARIS : Banque de France – La croissance 2026 revue à…
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PARIS : Banque de France – La croissance 2026 revue à la baisse à 0,5 %, l’inflation grimpe à 2,5 %
La Banque de France abaisse sa prévision de croissance pour 2026 à 0,5 % et relève celle d’inflation à 2,5 %, plombées par le contexte international.
L’économie française subit de plein fouet les conséquences des tensions géopolitiques. Dans ses nouvelles « Projections macroéconomiques » publiées ce 16 juin 2026, la Banque de France dresse un tableau contrasté pour l’année en cours, marqué par un net ralentissement de la croissance et une accélération de l’inflation. Le scénario central, assombri par le conflit au Moyen-Orient et la flambée transitoire des prix de l’énergie, table désormais sur une croissance du PIB de seulement 0,5 % en 2026, soit une révision à la baisse de 0,4 point par rapport aux prévisions de mars. Parallèlement, l’inflation (IPCH) est attendue à 2,5 %, une révision à la hausse de 0,8 point.
Un deuxième trimestre atone et des perspectives annuelles dégradées
La dégradation des perspectives annuelles s’explique par deux facteurs principaux. D’une part, un premier trimestre plus faible qu’anticipé, avec une croissance négative de -0,1 %. D’autre part, un choc énergétique plus fort que prévu, dont les effets se diffuseront sur l’ensemble de l’économie. L’« Enquête Mensuelle de Conjoncture », également publiée ce jour, confirme ce climat morose : après un mois de mai marqué par un net tassement de l’activité dans l’industrie et les services, la Banque de France estime que le PIB resterait stable au deuxième trimestre 2026 (0,0 %).
Si un rebond est attendu pour 2027 et 2028, avec des croissances respectives de 0,9 % et 1,2 %, l’année 2026 sera donc marquée par une quasi-stagnation, soutenue péniblement par la demande intérieure.
L’inflation, principal vecteur du ralentissement
La flambée des prix de l’énergie, conséquence directe du conflit déclenché fin février, est le principal moteur de l’inflation. Le prix du pétrole, qui a atteint 112 dollars le baril au deuxième trimestre, se répercute non seulement sur les prix à la pompe mais aussi sur les coûts de transport, notamment aérien avec le renchérissement du kérosène.
Cette hausse se diffuse également aux prix alimentaires, en raison de l’augmentation du coût des matières premières agricoles et des engrais. L’inflation dite « sous-jacente » (hors énergie et alimentation) atteindrait 1,6 % en 2026, avant de grimper à 2,1 % en 2027 sous l’effet de la progression des salaires. La Banque de France anticipe un reflux de l’inflation totale à 1,7 % en 2027 et 2028, sous l’hypothèse d’une détente géopolitique et d’une normalisation des prix de l’énergie.
Ménages et entreprises sous pression
Cette poussée inflationniste pèse directement sur les ménages. Le pouvoir d’achat reculerait de 0,4 % en 2026, les salaires ne s’ajustant qu’avec un temps de retard à la hausse des prix. En conséquence, la consommation ralentirait fortement, progressant de seulement 0,2 % cette année.
Du côté des entreprises, si le taux de marge reste à un niveau élevé (autour de 32 %), l’investissement ne se redresserait que très progressivement (+0,5 % en 2026), freiné par l’attentisme lié au contexte international. Le marché du travail subit également les conséquences de ce ralentissement : le taux de chômage augmenterait pour s’établir à 8,1 % en moyenne en 2026 et 2027, avant de refluer à 7,8 % en 2028.
Les finances publiques continuent de se dégrader
La situation des finances publiques reste un point de vigilance majeur. Après une amélioration en 2025, le déficit public se creuserait de nouveau légèrement en 2026 pour atteindre -5,2 % du PIB. Sans mesures d’économies additionnelles substantielles, la trajectoire ne permettrait pas une stabilisation de la dette publique.
Selon les projections, le ratio d’endettement continuerait de croître pour atteindre 122 % du PIB à la fin de 2028, accentuant la divergence de la France avec la moyenne de la zone euro (estimée à 90 %).
Un avenir suspendu aux incertitudes géopolitiques
La Banque de France souligne que ces prévisions sont entourées d’une incertitude particulièrement élevée, directement liée à l’évolution du conflit au Moyen-Orient. L’institution a ainsi modélisé plusieurs scénarios alternatifs. Un scénario « très défavorable », où les prix de l’énergie resteraient durablement élevés, verrait l’inflation bondir à 4,0 % en 2026 et une stagnation du PIB sur deux ans. À l’inverse, un scénario plus favorable, fondé sur une résolution rapide du conflit, permettrait un rebond plus rapide de l’activité dès 2027.
Les publications complètes sont disponibles sur le site internet de la Banque de France (https://www.banque-france.fr).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).


