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SOPHIA ANTIPOLIS : Jean-Valéry DESENS : « La téléexpertise…

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SOPHIA ANTIPOLIS : Jean-Valéry DESENS : « La téléexpertise est une réponse à la crise des soins visuels »

Face aux déserts ophtalmologiques confirmés par deux études récentes, la téléexpertise offre une solution pour un accès rapide aux soins visuels.

Le diagnostic est sans appel : l’accès aux soins ophtalmologiques se dégrade en France. En l’espace de quelques semaines, deux études distinctes, l’une menée par la Fédération hospitalière de France (FHF) avec Ipsos BVA, l’autre par l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé (IRDES), sont venues dresser un constat préoccupant. Allongement des délais, renoncement aux soins et fortes inégalités territoriales dessinent le paysage d’une crise qui affecte des millions de Français, contredisant certaines communications plus optimistes du secteur.

Un constat alarmant : délais et renoncements aux soins en hausse

Publié en mars 2026, le baromètre de la FHF et d’Ipsos BVA met en lumière des chiffres inquiétants. Le délai moyen pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmologiste s’élève désormais à plus de deux mois et demi. Plus grave encore, cette situation pousse au renoncement : 73 % des Français déclarent avoir déjà reporté ou annulé au moins un soin au cours des cinq dernières années. Ce phénomène, loin de s’atténuer, s’est même accentué depuis 2024, touchant une part croissante de la population. L’étude complète est disponible sur le site de la FHF (https://www.fhf.fr/actualites/communiques-de-presse/depuis-2019-la-degradation-continue-de-lacces-aux-soins-conduit-un-nombre-croissant-de-francais).

Des inégalités territoriales et financières qui se creusent

La note de l’IRDES, publiée pour le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie, confirme et précise cette fracture sanitaire. L’analyse révèle une forte concentration des ophtalmologistes dans les grandes métropoles, laissant plus de la moitié des départements français en situation de déficit. Les zones rurales, notamment dans le centre de la France, ainsi que les territoires d’outre-mer, sont particulièrement touchés. À cette inégalité géographique s’ajoute une barrière financière : la prédominance de praticiens en secteur 2, qui pratiquent des dépassements d’honoraires, accentue les difficultés d’accès pour les ménages les plus modestes. Le rapport de l’IRDES est consultable en ligne (https://www.irdes.fr/recherche/2026/qes-305-inegalites-spatiales-et-financieres-d-accessibilite-a-la-medecine-de-ville-en-france-cardiologues-dermatologues-ophtalmologistes.html).

La téléophtalmologie, une alternative pour désengorger le système

Face à cette saturation, des solutions innovantes émergent pour fluidifier les parcours de soins. La société LYLEOO, basée à Sophia Antipolis, déploie un dispositif de téléexpertise qui s’appuie sur une coopération structurée entre opticiens et ophtalmologistes. Le processus est simple et efficace : le patient se rend chez un opticien partenaire qui réalise un bilan visuel complet et collecte les données nécessaires. Celles-ci sont ensuite transmises de manière sécurisée à un ophtalmologiste, qui les analyse à distance et rend un avis médical, accompagné d’une ordonnance si besoin, dans un délai très court. Ce modèle est encadré par la législation, notamment le décret du 3 juin 2021 et la loi RIST de 2023.

« Une réponse complémentaire pour fluidifier les parcours »

Pour les fondateurs de cette solution, il ne s’agit pas de remplacer la consultation physique mais de la compléter pour mieux orienter les patients. « Les données publiées ces dernières semaines confirment les difficultés d’accès que rencontrent de nombreux patients, en particulier dans les territoires les moins dotés. La téléexpertise permet d’apporter une réponse complémentaire, en facilitant l’accès à un avis médical dans des délais plus courts, tout en respectant le rôle de chaque professionnel de santé », explique Jean-Valéry Desens, co-fondateur de LYLEOO.

Un modèle déjà opérationnel et sans coût pour la Sécurité Sociale

La solution LYLEOO (https://lyleoo.com/) a déjà fait ses preuves à l’échelle nationale. L’entreprise s’appuie sur un réseau de plus de 1 750 magasins d’optique partenaires, assurant une couverture sur l’ensemble du territoire, y compris en outre-mer. À ce jour, 150 000 dossiers ont déjà été traités via cette plateforme. Un des atouts majeurs du dispositif est son modèle économique : l’acte de téléexpertise est entièrement pris en charge par l’opticien, ce qui signifie un coût nul pour la Sécurité Sociale. L’entreprise ambitionne de poursuivre son déploiement, en ciblant prioritairement les zones sous-dotées pour contribuer activement à la réduction de la fracture sanitaire visuelle.