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SOFIA : La génération Z a fait tomber le gouvernement

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SOFIA : La génération Z a fait tomber le gouvernement

Le premier ministre bulgare a démissionné alors que des manifestation massives ont protesté contre le nouveau budget et que la majorité de la population est contre l’arrivée de l’euro…

Les Bulgares sont fatigués de la corruption endémique du pays mais aussi de priorités budgétaires décidées par les politiciens bien loin de leurs intérêts. Ainsi à mon arrivée en Bulgarie le 1er décembre 2025, j’ai été surpris par la présence de nombreux policiers dans le métro. J’ai eu l’explication peu après en sortant du métro : le centre-ville était noir de monde.

La population manifestait contre le gouvernement et son projet de budget.

Le pays est également inquiet quant au passage à l’euro prévu pour le 1er janvier 2026 et son impact sur l’inflation. Selon un sondage Eurobaromètre, 50 % de la population est contre le passage à l’euro et une minorité y est favorable : 43 %.

il faut dire qu’en Bulgarie, l’inflation a été très importante ces dernières années et que le passage à l’euro inquiète.

L’immobilier est quasiment devenu inabordable dans les grandes villes comme à Sofia ou sur la côte. L’inflation des prix dans ce domaine est démultipliée par la corruption notamment celle due au conflit en Ukraine qui a fait exploser les prix dans des villes comme Varna.

Plusieurs autres manifestation ont eu lieu durant mon séjour avant que le gouvernement finisse par donner sa démission le jeudi après une manifestation d’ampleur mercredi 10 décembre.

Le projet de budget avait été retiré dès le 3 décembre suite aux manifestations du week-end du 30 novembre et du 1er décembre.

Le gouvernement de Rossen Jeliakov du partir Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (GERB) a donc démissionné dans un contexte de hausse des prix et de suspicion de corruption de proches du gouvernement.

Les manifestations récentes ont été soutenues paradoxalement par le parti libéral et pro-européen PP-DBB et d’autres partis d’opposition et surtout par la Génération Z via les réseaux sociaux.

Le président Rumen Radev doit désormais commencer les consultations pour des débats afin de former un nouveau gouvernement.

Le vrai problème comme en France est celui de la paupérisation des actifs ainsi que le vieillissement très important de la population. A la fin de l’année 2024, 24 % de la population avait plus de 65 ans avec 61 retraités pour 100 personnes actives.

Du fait du coût de la vie et des salaires de nombreux jeunes ont par ailleurs émigré à l’étranger ce qui est en train de se produire en France. En 2021, on ne comptait plus que 6,520 millions de personnes en Bulgarie contre 7,364 millions en 2011. En 10 ans la Bulgarie a perdu 11,5 % de sa population.

La Bulgarie fait face de plus à un effet de ciseaux en termes de démographie avec l’un des taux de natalité les plus faibles au monde (9,32/1000 habitants) et l’un des taux de mortalité les plus élevés 14,32/1000 habitants. Le solde naturel est négatif depuis plusieurs années.

La Bulgarie empêtrée dans ses propres problèmes va devoir désormais prendre en compte ceux inhérents à la zone euro : c’est la zone économique du monde développé qui connait l’un des taux de croissance les plus bas avec une industrie en mauvais état, des réglementations vertes contre-productives, un prix de l’énergie très élevé, un bellicisme important et où les contrôles sur les réseaux sociaux, la presse, les opinions sont de plus en plus importants. Le PIB de la zone UE était en 2024 de 17 900 milliards d’euros contre 29 168 milliards pour les Etats-Unis avec un taux de chômage de 5,9% pour l’UE contre 4,2% pour les Etats-Unis. En 2024, le PIB américain a progressé de 2,8% contre 0,7% pour l’UE. Comme l’explique un article du Monde, « plombée par ses faiblesses structurelles et les coûts élevés de l’énergie, l’Europe est dominée par les Etats-Unis en matière de croissance, de compétitivité et d’innovation ».

La course à l’intégration de plus de pays dans la zone euro ressemble plus que jamais à une fuite en avant tant que les problèmes inhérents à la zone ne seront pas réglés : chômage, faible croissance, prix de l’énergie élevé, désindustrialisation, normes vertes hors sol, restriction de la liberté de parole…

SOURCE : redac@businesstravel.fr.