SÃO PAULO : Pàulla Scàvazzini : « Une peinture qui a besoin…
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SÃO PAULO : Pàulla Scàvazzini : « Une peinture qui a besoin de sortir de la toile pour trouver le corps »
L’artiste brésilienne Pàulla Scàvazzini consolide sa carrière internationale avec deux expositions majeures à New York et Rio de Janeiro.
L’artiste visuelle brésilienne Pàulla Scàvazzini s’apprête à marquer une étape décisive de sa carrière avec deux expositions d’envergure. Elle participera à l’exposition en duo « Between Utopias and Abyss » à la Kaliner Gallery de New York, puis présentera son exposition individuelle « Língua de Fogo » (Langue de Feu) au Centro Cultural Correios de Rio de Janeiro. Ces deux événements consacrent la reconnaissance internationale de sa démarche artistique singulière, qui explore les frontières entre la peinture, le corps et l’espace architectural.
Une peinture immersive et sensorielle
La recherche de Pàulla Scàvazzini déplace le geste pictural du plan bidimensionnel traditionnel pour créer des expériences immersives. Dans ses installations, souvent conçues in situ, la peinture s’échappe de la toile pour envahir les murs et les sols, interrogeant la manière dont la perception corporelle du spectateur peut être modifiée par cette rencontre sensorielle et affective. Ses œuvres, caractérisées par une forte gestualité et une étude approfondie de la couleur, de la lumière et de la composition, puisent dans l’imaginaire botanique tropical pour construire des atmosphères oscillant entre paysage et ruine.
Cette dualité articule les notions de collapsus environnemental et social avec une idée de réinvention permanente. La dimension sensorielle est également présente dans les titres de ses œuvres, conçus comme des « micro-poésies synesthésiques » : « vent désertique ; feu de joie de sel ; précipice, soupir ; tout ce qui brille au nord et fond en fête au sud ». Ces intitulés convoquent l’odorat, la température et la mémoire, enrichissant l’expérience visuelle. Les deux expositions partagent ces axes d’investigation, proposant une réflexion sur la destruction et la régénération à travers des champs chromatiques intenses.
La vision de l’artiste
Pàulla Scàvazzini met des mots sur sa démarche qui refuse les évidences. « Les deux expositions partent de l’imaginaire botanique tropical, dans lequel les paysages se défont en taches et en champs de couleur. Cette dissolution de l’image est aussi un refus d’offrir le paysage d’un monde en effondrement comme une consolation, comme si l’art pouvait restaurer les ruines », explique l’artiste. « Ce qui m’intéresse, c’est une peinture qui demeure dans cette tension et qui, pour cette raison même, a besoin de sortir de la toile pour trouver le corps. C’est cette peinture qui, à partir de mon corps en mouvement, avance sur l’espace architectural et convoque une rencontre avec les autres corps qui entrent dans la salle ».
New York : dialogue entre utopie et abîme
L’exposition new-yorkaise, dont le vernissage est prévu le 23 avril, présentera un ensemble inédit de vingt œuvres développées lors de sa résidence à Residency Unlimited. En dialogue avec les sculptures en verre de l’artiste Austin Fields, l’installation de Scàvazzini se déploiera comme une grande peinture viscérale et étendue, occupant l’intégralité de la galerie. « Pour cette exposition, je vais expérimenter au maximum ma recherche sur l’échelle, en étirant la peinture du plus petit format aux grandes dimensions, en peignant une galerie entière », précise Pàulla Scàvazzini. Sous le commissariat de Maryana Kaliner, l’exposition explore des « utopies » plurielles, comprises comme des états en tension permanente entre promesse et effondrement. « Je conçois l’acte de peindre comme une pratique du corps entier, presque une psychographie picturale […]. C’est cathartique », ajoute-t-elle.
Rio de Janeiro : un écho institutionnel
À partir du 27 mai, l’exposition « Língua de Fogo » à Rio de Janeiro se présentera comme un prolongement de celle de New York, mais adaptée à la spatialité d’un contexte institutionnel. Avec une quinzaine d’œuvres, dont la plupart sont inédites, l’artiste y approfondira sa recherche sur le geste pictural et la perception du spectateur face à des paysages apocalyptiques contemporains. Née à São José dos Campos et basée à São Paulo, Pàulla Scàvazzini, passée par des résidences à Paris et Lisbonne, confirme avec ces deux événements majeurs la place de la peinture comme un langage vivant, capable de réorganiser l’espace et de proposer de nouvelles manières d’habiter le monde.
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Informations pratiques
Between Utopias and Abyss (New York)
Exposition en duo de Pàulla Scàvazzini & Austin Fields
Entrée gratuite
Vernissage : 23 avril 2026, de 17h à 20h
Période : du 23 avril au 30 mai 2026
Lieu : Kaliner Gallery | 42 Allen St, New York, NY 10002, États-Unis
Horaires : du mercredi au samedi, de 12h à 19h (mardi sur rendez-vous)
Língua de Fogo (Rio de Janeiro)
Exposition individuelle de Pàulla Scàvazzini
Entrée gratuite
Vernissage : 27 mai 2026, de 16h à 20h
Période : du 27 mai au 4 juillet 2026
Lieu : Centro Cultural Correios | Rua Visconde de Itaboraí, nº 20, Centro, Rio de Janeiro
Horaires : du mardi au samedi, de 12h à 19h

