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SAINT TROPEZ : Sophie GALABRU, une famille aux mille visages

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SAINT TROPEZ : Sophie GALABRU, une famille aux mille visages

L’Hôtel de Paris Saint-Tropez et « Les Conversations d’Agnès » reçoivent Sophie Galabru, le samedi 29 juin à 19h30.

Sophie Galabru est la première petite-fille de Michel Galabru, elle est la fille de Jean, le fils ainé de Michel, le Michel que vous connaissez tous ! Le Michel du Gendarme de Saint-Tropez mais aussi le Michel du film « Le Juge et l’Assassin » qui lui vaudra le César du meilleur acteur en 1977, le Michel d’Uranus ou encore du Viager, enfin le Michel qui affiche 250 films et téléfilms au compteur et 70 ans de carrière durant lesquels le théâtre a occupé une place forte : le sien, situé sur les hauteurs de Montmartre ou celui des autres.

De ce grand-père au « poids inespéré d’humanité » comme l’écrivait le journal Le Monde en 1990 saluant sa prestation dans Uranus, Sophie dit : « Un lien extrêmement fort nous a unis, un lien d’amour et de respect profond. Ce fut un grand-père bénéfique, il a nourrit ma liberté et ma fantaisie et surtout il me regardait comme un être à part entière, pas seulement comme sa petite-fille ».

Tout le sujet du livre « Faire famille » (Allary Éditions) est là : préserver l’altérité au sein d’une même famille, continuer à « ne pas se connaitre » alors qu’on est issu de la même lignée, ne pas considérer qu’une relation est acquise.

D’où le titre du livre, faire famille qui induit qu’une famille ça se fabrique, qu’une famille « n’est pas spontanément facile à créer, à vivre et à pérenniser et qu’elle est vouée à évoluer ».

Plasticité, souplesse, projet commun (et sur ce point Sophie insiste, l’enfant n’est pas un projet !) seraient les ingrédients indispensables à la bonne santé familiale, voir au bonheur. Le Bonheur, ce mot qui n’a pas toujours été au rendez-vous de l’enfance de Sophie, marquée dit-elle par les divorces et les séparations, devenue de fait « d’un pessimisme relationnel » qui la faisait douter des bienfaits de la vie de couple. Pourtant, depuis peu, cette jeune femme de 35 ans, tout à la fois sérieuse et rieuse, prudente et romantique a rencontré l’Amour et s’est engagée aux côtés d’un homme qui restaure des châteaux.

Docteure en philosophie et agrégée, elle concède volontiers que « l’intellectualisme » est une façon de se protéger des affects mais son livre, savant mélange des deux, en alliant théorisation et expérience personnelle contée avec sincérité nous permet de l’accompagner dans un questionnement qui nous traverse tous :  qu’est-ce que fonder une famille, qu’est-ce que porter un nom, qu’est ce que s’aimer, s’émanciper, transmettre, hériter…?  Après un premier opus remarqué « Le visage de nos colères » (Flammarion)  c’est une famille aux mille visages qu’elle nous propose, aujourd’hui en paix avec son Nom, sa lignée, celle de comédiens, son père, son grand-père…

Longtemps elle s’est interdit le théâtre, le cinéma, des « milieux trop narcissiques et insécurisants », tirant un bord vers des études longues, des études qui lui ont permis de prouver et de se prouver quelque chose. Longtemps elle s’est questionnée sur son Nom, le porter ou pas, indiquant qu’il n’y avait « ni mérite ni démérite à s’appeler Galabru » mais que, oui, ça a été une chance d’avoir un grand-père comme le sien : « un être exceptionnel ! »

Agnès Bouquet