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SAINT TROPEZ : De l’importance de consommer local&#82…

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SAINT TROPEZ : De l’importance de consommer local…

La semaine dernière, au marché bio, quelle tristesse lorsque mon primeur, qui vend sa propre production cultivée sous le label Demeter (label beaucoup plus exigeant que le label bio Écocert), m’a expliqué que son chiffre d’affaires avait baissé de 50% depuis les confinements, idem pour ses collègues.

Les consommateurs, dont certains avaient cependant commencé à prendre de bonnes habitudes en achetant local et sur les marchés de paysans, sont donc repartis au galop vers les grandes et moyennes surfaces, motivés certainement par la peur ambiante qui ne cesse de grandir depuis ces quatre dernières années et certainement aussi par les prix des légumes et des fruits qui ne finissent pas d’augmenter.

La peur ne m’a jamais intéressée.J’ai été éduquée à ne pas avoir peur. Ma mère me répétait que si j’avais peur de quelque chose, ce quelque chose allait m’arriver. Je devais avoir 8 ans, je skiais avec l’un de mes frères aînés qui voulait à tout prix que je saute une immense bosse, je lui ai répondu non, que j’avais peur, il m’a donné une paire de claques en m’interdisant d’être une fille idiote qui pleure car elle a peur.J’ai alors sauté la bosse et j’ai adoré cette sensation de pouvoir voler dans les airs, en revanche, la paire de claque n’était pas nécessaire….

Lorsque je suis devenue adolescente et que mes amis se réunissaient pour regarder des films d’horreur, excités à l’idée d’avoir peur, je déclinais les invitations et restais chez moi à lire des belles histoires d’amour ou d’aventures, Jack London et Balzac étaient mes compagnons préférés. Leurs héros, capables de grands engagements pour sauver leur pays ou leur amoureuse, me fascinaient, je rêvais d’épouser un homme qui leur ressemblerait, brave et courageux, sans peur et avec des belles valeurs.

J’ai continué de lire énormément, tout le temps, j’avais toujours un livre sur moi, un jour, je me suis mise à écrire des romans et des scénarios, puis j’ai créé le personnage de Marcelline l’aubergine. Marcelline ressemble aux héros de mon enfance, elle est sans peur, ni malveillance. Observer le monde au travers des yeux joyeux et spontanés de mon amie aubergine qui regarde vivre les êtres humains en se posant des questions simples et pleines de bon sens, sans les juger, mais en essayant de les comprendre, me rassure et m’instruit. Cela me fait grandir aussi. Au lieu d’éprouver de la colère lorsque l’on me fait du mal ou que l’on m’impose une décision absurde ou une action qui me peine, je fais comme Marcelline, je positive. Et ça fait un bien fou d’apprendre à s’éloigner de la méchanceté fomentée, en général, par la peur. La peur, d’ailleurs, aujourd’hui, semble s’être immiscée, partout, dans tous les rapports humains, sauf au fond de mon cœur qui veut encore croire à l’amour, à la pureté, à l’innocence, les seuls sentiments qui peuvent sauver l’humanité.

Alors quand je vois mes primeurs, qui œuvrent à nous livrer de la bonne nourriture saine, cultivée sans pesticides, ni produits chimiques, en train de mourir, mon cœur saigne. Pour les aider, je continue de créer mes vidéos afin de transmettre des messages doux, drôles et gentils, simples et gais.

Sans peur, Marcelline affronte la réalité et nous donne envie de consommer local, de freiner sa consommation de viande et de poissons, d’aimer la nature qui est notre grande amie. En effet, malgré tout le mal que l’homme peut lui faire, s’acharnant à la détruire, la nature lui pardonne et continue de pousser et de se renouveler. Là où n’importe quel humain ferait la tête qu’on lui ait coupé ses racines et ses branches, la nature, du haut de ses millénaires et de sa certitude de toujours continuer d’exister bien après notre passage destructeur sur terre, nous regarde en souriant, nous offrant ses fleurs et ses animaux pour nous consoler de notre bêtise et de nos chagrins passés et à venir.

Sylvie Bourgeois Harel